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Passer de la Connaissance à l’Expérience

« La connaissance est le début de l’action: l’action, l’accomplissement de la connaissance. » – Wang Young Ming

Il y a 3 niveaux de connaissance qui permettent de profiter d’un enseignement. Trop souvent, on se contente du premier niveau, et lorsque l’on ne voit pas de résultats positifs, on se dit que cet enseignement n’est pas pour nous.

Dans ce podcast vous allez découvrir ces 3 niveaux et pourquoi il est important de tous les intégrer.

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Retranscription du podcast

Quels sont ces 3 niveaux? Il y a la connaissance tirée de l’écoute, ensuite il y a la connaissance tirée de la réflexion et enfin il y a la connaissance tirée de la méditation.

I. La connaissance tirée de l’écoute ou de la lecture

Par exemple, en ce moment même en écoutant ce podcast vous êtes exposé à certains principes. C’est pareil lorsque vous lisez un livre, vous découvrez des enseignements, des concepts.

C’est là le premier niveau de connaissance et c’est une première étape importante, car si vous ne vous exposez pas au travail des autres, à leur recherche, à leur exploration, vous n’allez pas pouvoir profiter de leur expérience.

Pour donner une image simple, imaginez un plat que vous aimez et que vous voulez manger. Passer de la connaissance à l’expérience, c’est passer de la recette à un plat terminé que vous allez pouvoir déguster.

Le premier niveau de connaissance c’est de découvrir la recette. Mais à ce stade on n’est pas encore au repas. Le deuxième niveau de connaissance va nous en rapprocher.

II. La connaissance tirée de la réflexion

Une fois que l’on est exposé à une information ou à un enseignement, l’important va être alors de réfléchir à ce en quoi cela nous concerne. Ça va être de voir comment cet enseignement s’applique à nous. On peut par exemple réfléchir à des situations passées de notre vie pour voir si la théorie proposée est juste.

Un jour, j’ai lu que lorsque l’on trouve sa raison d’être, on réalise alors que tous les évènements positifs comme négatifs nous ont permis d’arriver à ce résultat. Lorsque j’ai réfléchi à cela, lorsque j’ai fait le point sur les moments importants de mon passé, j’ai vu qu’effectivement, ces expériences, surtout les plus difficiles, m’ont beaucoup apporté et m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui.

L’enseignement commence à prendre son sens lorsque l’on l’intègre à notre propre expérience de vie. Trop de personnes s’arrêtent au premier niveau de connaissance.

Je me souviens d’une amie qui était de nature anxieuse et avait toujours tendance à se focaliser sur le négatif. Je lui donner un livre qui adressait cela en détail et qui donnait de vraies solutions. Lorsque quelques jours plus tard, je l’ai revu et lui ai demandé ce qu’elle avait pensé de cet ouvrage, elle m’a répondu que c’était intéressant, mais qu’elle s’est vite lassée, car l’auteur répétait sans cesse la même chose.

Je lui ai demandé alors si elle avait appliqué les conseils proposées, et elle m’a répondu que non. Je me souviens de la comparaison que je lui avais alors donnée, je lui dis:

« C’est que comme si tu lisais un manuel de sport, mais tu ne mettais rien en pratique. Avoir l’information sans l’utiliser, ça ne va pas apporter des changements »

Entre parenthèses, c’est d’ailleurs pour ça que les bons enseignants ont tendance à répéter sans cesse la même chose dite de manière légèrement différente à chaque fois. C’est pour aider l’auditeur à intégrer l’enseignement à sa propre expérience. Parfois un léger changement d’angle de vue va permettre de transformer une information en une connaissance utile qui résonne en soi.

Pour revenir à l’image du repas, la seconde étape de la connaissance c’est de prendre les ingrédients mentionnés dans la recette, les préparer, les assembler et créer le plat. C’est passer de l’information sur le papier, la recette, à quelque chose de tangible: un plat prêt à être mangé.

La connaissance tirée de la réflexion c’est rendre tangible l’information reçue. De voir en quoi elle s’applique à nous. Mais cela ne suffit toujours, car faut-il encore manger le plat pour en profiter.

III. La connaissance tirée de la méditation

À ce stade, vous avez compris l’aspect théorique et vous avez vu comment cela s’appliquait à votre situation. Maintenant, il va falloir s’imprégner de cet enseignement pour pouvoir le mettre en action. C’est l’étape de la dégustation où l’on passe de la connaissance à l’expérience.

Vous avez certainement déjà entendu cette expression « Ils ont bénéficié du fruit de son enseignement ».

Une fois que l’on a réfléchi sur l’enseignement, il faut donc maintenant, lui permettre de s’ancrer suffisamment en nous pour permettre une mise en action.

Le mental est toujours en plein mouvements, et le risque est qu’une fois que l’on a compris un enseignement, on passe à une autre chose. L’idée va être alors de faire une pause méditative, pour permettre à cette réflexion de faire ce chemin à travers tous les aspects de notre être.

Jonathan Landaw qui est auteur et pratiquant bouddhiste donne un bon exemple tiré de l’enseignement du bouddha.

L’un des enseignements du bouddhisme c’est le principe de l’impermanence.

Jonathan explique:

Selon le bouddhisme, les choses ne restent pas les mêmes avec le temps, même pas vous-même; que vous y soyez préparé ou non, chaque seconde qui passe vous rapproche un peu plus de la fin de votre vie.

Lire cet enseignant, c’est une chose et examiner ce qu’ils signifient au plan intellectuel, cela en est une autre. Pourtant, pour que cet enseignement s’enracine aussi profondément dans votre esprit au pont de transformer votre vie et vous donner une nouvelle vue sur votre condition d’être mortel, vous devez dépasser les deux premières connaissances. Il faut que vous tiriez la conclusion inébranlable que vous-même allez mourir un jour et que la seule chose qui comptera à ce moment-là sera ce que vous aurez fait de votre esprit.

Lorsque cette prise de conscience se produira, placez-la au centre de votre attention et focalisez sans vaciller votre attention sur elle. Désormais, vous ne « pensez » plus simplement à votre condition de mortel, en cherchant à savoir si oui ou non cette affirmation est vraie. Vous savez déjà que c’est vrai. Maintenant, vous permettez à la conclusion que vous avez tirée – moi-même, je vais mourir, et rien d’autre que la connaissance de ma vraie nature ne pourra m’aider à ce moment-là – qu’elle imprègne votre esprit.

Avec le temps, vous répéterez ce processus, en examinant les leçons sur l’impermanence et sur la mort et en méditant ensuite de façon focalisée sur les conclusions personnelles queCob vous tirez. Finalement, cette idée imprégnera complètement votre esprit, ce qui transformera de l’intérieur votre attitude face à la vie et à la mort.

Cet exemple donné par Jonathan illustre bien les 3 niveaux de connaissances et l’importance de ce processus pour pouvoir profiter d’un enseignement.

Certaines personnes s’arrêtent au premier niveau, et elles consomment livre après livre sur le développement personnel par exemple, sans vraiment voir de changement dans leur vie.

«L’accumulation des connaissances n’est pas la connaissance.» – Alberto Manguel

D’autres personnes creusent d’avantage et réfléchissent au sens de l’enseignement et de comment cela s’applique à leur vie. C’est essentiel, mais pas suffisant. C’est comme cuisiner un bon plat, mais ne pas le manger. Ce niveau de connaissance peut être parfois un endroit délicat, car l’on réalise l’importance de l’enseignement et cela en soi fait du bien. C’est le fameux ah-ha lorsque l’on comprend mieux une facette de notre personnalité.

Mais si l’enseignement n’est pas suffisamment intégré pour être mis en action, la personne risque de retomber dans ses doutes.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de voir des personnes qui après avoir lu un livre ou fait une formation ont une période d’allégresse où elles se sentent bien et optimiste, car elles ont beaucoup appris sur elle même. Le problème c’est qu’au bout de quelques semaines, elles doutent à nouveau et perdent confiance dans leur capacité à agir. Elles remettent en question la véracité de l’enseignement ou leur capacité à agir. Le problème c’est qu’elles se sont arrêtées au second niveau de connaissance.

Méditer sur un enseignement, va permettre de le faire fructifier. Il va falloir régulièrement répéter ce processus, lire l’information, y réfléchir et méditer dessus, pour pouvoir passer de la connaissance à l’expérience.

Personnellement, souvent le matin, juste avant de commencer à travailler, je fais une séance de méditation de 10-15 minutes sur laquelle je mets une intention. Je vais m’imprégner durant la séance d’un enseignement qui me semble important à ce moment-là. Cela peut-être quelque chose de spécifique comme comment être productif et créatif, ou une intention plus globale où je vais méditer sur la gratitude et sur le cadeau qu’est la vie.

J’espère que mieux comprendre ces 3 niveaux de connaissances vous permettra d’aller plus loin dans vos projets et dans votre cheminement personnel.

« La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses » – Platon

Sources et ref: Illustration de Dimitri Otis ; Buddhism for Dummies, Jonathan Landaw and Stephan Bodian

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Bouddhisme Vlog

Le Bouddhisme, Une Religion?

L’expansion de la méditation à travers le monde doit beaucoup au bouddhisme. Même s’il est parfaitement possible de pratiquer la méditation sans y associer de traditions, comprendre les principes bouddhistes vous permettra d’avoir une perspective plus riche de ce qu’est la méditation.
– Le bouddhisme une religion?
– Pourquoi son expansion en occident?
– Quelle est la pratique spirituelle du bouddhisme?
Vous allez aussi découvrir dans cette vidéo le métro aérien de Bangkok, le quartier de Phrom Phong et le parc Benjasiri.

Bouddhisme, Religion?

 
Voir la première vidéo de mon voyage en Thaïlande (2016)
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Paroles de Sagesse

Comprendre la Colère avec Thich Nhat Hanh

Paroles de Sagesse sur Comprendre la Colère de Thich Nhat Hanh (La colère, ed. Dangles, 2001)

Si un incendie ravage votre maison, la chose la plus urgente à faire est de tenter de l’éteindre, et non de courir après celui que vous croyez être responsable. Si vous le pourchassez, les flammes réduiront votre maison en cendres. Il ne serait pas sage d’agir ainsi. Vous devez absolument tout faire pour l’éteindre. De même, lorsque vous êtes en colère, en continuant à vous disputer avec l’autre personne, en cherchant à la punir, vous agissez exactement comme celui qui court après l’incendiaire pendant que sa maison est dévorée par les flammes.

Quels sont vos sentiments par rapport à la gestion de la colère? Merci d’utiliser la zone commentaire pour participer à la discussion.

Voir aussi Comment Gérer la Colère

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Bouddhisme

Acceptation Radicale

Tara vit dans un ashram depuis 8 ans. Tous les jours, elle médite, fait du yoga, et profite du support de sa communauté pour avancer dans son cheminement spirituel. Puis un évènement va arriver et bouleverser toute la vie de Tara.

Acceptation Radicale au format audio

Liens

Radical Acceptance

Le site de Tara brach

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La Compassion Penseurs et Visionnaires

Une matinée avec le Dalaï-Lama

Pico Iyer, voyageur et écrivain, a côtoyé le Dalaï-Lama durant ces 30 dernières années. Il a visité de multiples fois le célèbre chef spirituel dans sa maison en exil. Dans The Open Road: The Global Journey of the Fourteenth Dalaï-Lama, Pico Iyer décrit à quoi ressemble une journée dans la vie du Dalaï-Lama en commençant par le matin:

À 9 heures du matin… le Dalaï-Lama est lui déjà debout depuis plus de 5 heures, se réveillant, comme tous les matins, à 03:30. Il passe les premières 4 heures de sa journée à méditer sur les racines de la compassion et sur ce qu’il peut faire pour son peuple, pour « ses frères et soeurs chinois » qui tiennent son peuple en otage, et pour le reste du monde, tout en se préparant aussi à sa mort.

Le Dalai-lama en méditation dans sa maison au Dharamsala (Inde)
Le Dalai-lama en méditation dans sa maison au Dharamsala (Inde)

En plus de méditer sur la compassion, le chef spirituel passe une partie de sa matinée à s’informer sur l’état du monde. Dans la tradition bouddhiste, le Dalaï-Lama « explore le monde de près, pour en comprendre ses lois, et pouvoir ainsi voir ce que peut ou ne peut pas être fait dans les limites de ces lois. » Il utilise les médias de tous bords. Pico écrit:

En tant qu’étudiant de la vie, chef de son peuple avant l’âge de 5 ans, il écoute tous les matins Voice of America, la BBC East Asian Broadcat, la BBC World Service – parfois en méditant – et il dévore les magazines Time et Newsweek.

Si le Dalaï-Lama s’expose volontiers à toute cette information, il fait preuve de discernement et reste vigilant face à l’approche souvent biaisée des médias. La loi d’interdépendance chère au bouddhisme lui rappelle qu’il n’y a ni gentils ni méchants, que nous sommes tous interconnectés.

Pico écrit que le Dalaï-Lama considère que:

… nous faisons tous partie d’un même corps, et penser « moi » et « toi », c’est comme penser que l’intérêt de la main droite est différent de celui de la main gauche. Il est fou de vouloir entraver son voisin, car il fait partie intégrante de votre bien-être.

Le Dalaï-Lama consacre donc sa matinée à méditer sur la compassion, et sur comment contribuer à améliorer ce monde où tout est connecté et interdépendant. Mais, comme le note Pico, il sait que la solution aux problèmes du monde n’est pas extérieure, car elle ne peut que venir de l’intérieur de chacun d’entre nous. Pico écrit:

Les bouddhistes ne recherchent pas de solutions à l’extérieur d’eux-mêmes, mais simplement à s’éveiller intérieurement. L’instant où nous réalisons que nos destinés et notre bien-être sont mutuellement dépendants, le reste apparait naturellement (la méditation permet parfois à atteindre cette réalisation, et la réflexion permet de la consolider). Si vous croyez cela, la vie vous donnera l’occasion d’avoir beaucoup plus de moments d’éclats de rire, comme le Dalaï-Lama en est la preuve.

Le Dalaï-Lama est célèbre pour ses éclats de rire. ici à Haridwar (en Inde lors de la Kumbh Mela) avec un sage indien. David Ducoin (c)
Le Dalaï-Lama est célèbre pour ses éclats de rire. ici à Haridwar (en Inde lors de la Kumbh Mela) avec un sage indien. David Ducoin (c)

Le rituel matinal du Dalaï-Lama est une belle source d’inspiration. Il nous rappelle l’importance de cultiver la compassion.

Dans la continuité de cet article, je vous recommande de lire l’article sur le Bouddhisme Engagé.

Sources et référencesbrainpickings.org  / source image du Dalai-Lama dans sa maison: thesunbehindtheclouds.com / source image du Dalai-Lama en plein rire: David Ducoin

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Bienfaits de la méditation Bouddhisme Définitions et Lexique

Qu’est Ce Que la Méditation? – Vidéo de Matthieu Ricard

« Méditer sur l’amour altruiste est la meilleure façon de se transformer soi-même pour ensuite mieux se mettre au service des autres. » 

J’apprécie beaucoup le travail que fait Matthieu Ricard, car il explique d’une façon simple et concrète les bienfaits de la méditation. Dans cette courte vidéo (6:30 min), il répond aux questions de Radio-Canada.

Voilà quelques-uns des thèmes qu’il adresse

  • Pourquoi, malgré le fait que l’on sache que la méditation peut transformer notre vie, ne prenons-nous pas le temps de méditer?
  • Est-ce que tout le monde peut apprendre à méditer?
  • Combien de temps faut-il pour commencer à ressentir des résultats? (Note: lire aussi Combien de Temps Pour Apprendre à Méditer?)
  • Comment commencer à méditer?

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Bouddhisme Podcast

Thich Nhat Hanh : Qu’est ce que le Bouddhisme Engagé ?

Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste vietnamien, est aujourd’hui l’un des précurseurs du bouddhisme en occident les plus connus. Mais avant d’en arriver là, il a été longtemps en recherche personnelle. Entré au monastère à 16 ans puis ordonné moine à l’âge de 23 ans, il a néanmoins ressenti le besoin d’agir concrètement dans le monde. Tchich Nhat Hanh a trouvé sa voie lorsqu’il a entamé son combat pacifique durant la guerre du Viêt Nam. Il a découvert que l’enseignement du bouddha pouvait servir à militer pour la paix et pour la compréhension entre les peuples.

Dans cet entretien avec Vincent Bardet, Thich Nhat Hanh nous en dit plus sur le bouddhisme engagé. Cet entretien est issu du livre Donner du sens à sa vie, de Marc de Smedt et Patrice Van Eersel (éditions Albin Michel). Je vous en lis un extrait. Ecoutez ci-dessous.

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Définitions et Lexique Méditer Définition Vipassana

Méditer/Méditation Définition

Dans cet article, vous trouverez les définitions du mot méditer (méditation), son étymologie, et l’évolution de son sens dans la langue française. J’ai également donné la définition de méditer selon le bouddhisme qui a le plus contribué à faire connaître l’autre compréhension de la méditation.

Définition Méditation

Selon le Larousse*

Action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose : Cet ouvrage est le fruit de ses méditations.

Attitude qui consiste à s’absorber dans une réflexion profonde : Se plonger dans la méditation.

Oraison mentale, application de l’esprit à des vérités religieuses.

Selon Wikipédia*

Le terme méditation (du latin meditatio) désigne une pratique mentale ou spirituelle. Elle consiste souvent en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique par exemple, dans le but d’en approfondir le sens) ou sur soi.

La méditation implique généralement que le pratiquant amène son attention de façon centripète sur un seul point de référence.

Selon le bouddhisme*

Le terme le plus proche dans les langues classiques du bouddhisme est bhavana, qui signifie “développement mental”.

Dans le bouddhisme, la méditation correspond à une pratique postural, mentale, relaxante et rigoureuse. Il existe deux classes de pratiques en matières de méditation:

Shamatha (calme) développe la capacité de focaliser l’attention en un seul point.

Vipassana (vision) développe la perspicacité et la sagesse en voyant la vraie nature de la réalité.

La personne qui médite débute par instaurer le calme dans son esprit (shamatha) pour pouvoir ensuite développer une vision plus vrai de ses ressentis et de la réalité.

Étymologie de méditer

Du latin Meditari dont le sens propre est « s’exercer au physique et au moral ».  Signifie «préparer quelque chose par une longue réflexion, projeter.

Histoire du terme méditation

1250: meditatiun « contemplation »

1380 meditacion « action de réfléchir profondément »

1626 méditation « écrit sur un sujet religieux (ou philosophique) »

1762 méditation (Dictionnaire de l’Académie Française) “Penser attentivement à faire quelque chose, à faire réussir ce qu’on a dans l’esprit” et “Faire l’oraison mentale”

1798 méditation (Académie Française) “Occuper son esprit de l’examen d’une pensée, ou de l’exécution d’un dessein”

1835 méditation (Académie Française) “Réfléchir sur quelque chose, l’examiner mûrement, de manière à l’approfondir.”

Définition Méditation: 2 Sens Opposés et Complémentaires

En Français le terme méditation prends 2 sens opposés. Mais, comme nous allons le découvrir, ces 2 lectures de la méditation sont complémentaires.

Le première définition de la méditation nous est donnée par le Larousse qui la décrit comme « l’action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose ».*

La seconde définition note que la méditation implique « d’amener son attention sur un seul point de référence ».*

Dans la première lecture du terme méditation, il est question d’utiliser la réflexion pour aboutir à un résultat. Les pensés se succèdent alors cherchant une solution à une situation donnée : « Il a longuement  méditer sur sa situation professionnelle ».

La seconde définition consiste à focaliser l’attention sur un point précis : la respiration, une partie du corps, la flamme d’une bougie ou encore une prière ou un mantra. Ici, l’attention est attentive à un ressenti. On ne cherche pas à résoudre un problème ou à comprendre un événement. On se contente d’être présent et d’observer sans mettre en mots l’objet de notre observation.

La première définition que l’on pourrait qualifier d’occidental indique un mouvement des pensés (notion d’action) alors que la seconde définition plutôt orientale implique au contraire de calmer le flot des pensés et de focaliser le mental sur un ressenti.

Je trouve fascinant que ce même terme présente deux actions opposées mais surtout si essentielles au bien-être de chacun. En effet, prendre le temps de réfléchir à sa situation –  faire le point et clarifier ce qui est important pour nous – reste indispensable pour une vie équilibrée et épanouie. De même, mettre en pause le mental et ressentir la force du moment présent, est un excellent moyen de se ressourcer corps et esprit.

J’ai couvent pu constater que prendre le temps de méditer m’aider à mieux réfléchir ensuite à des situations impliquant de multiples facteurs à prendre en compte. Si au cours d’une réflexion je me sens bloqué et frustré de ne pas connaître l’étape à suivre, je me lève pour aller marcher ou m’étirer tout en respirant en pleine conscience. Cela suffit souvent à amener plus de fraicheur au niveau des pensés et une nouvelle perspective au problème auquel on fait face.

Le terme ‘méditation’ offre un bel exemple de la complémentarité des cultures de l’occident (action, modernité) et de l’orient (ressenti, sagesse). Je suis heureux de vivre à une époque où la richesse de ces deux cultures nous est accessible.

Définir la méditation: entre traditions et science

La méditation qui consiste à prêter attention à la réalité est souvent associée à des traditions, religions et philosophies. Cependant, méditer peut avoir lieu indépendamment de toutes croyances. Depuis que la méditation a été adoptée par l’occident, sa pratique et ses bienfaits ont été scrutés par la science, et l’on peut aujourd’hui pratiquer la méditation sans adhérer à aucune tradition. Regardons de plus près comment la méditation se définit entre traditions et science.

vipassana méditer définition
Un groupe en Inde pratiquant Vipassana qui peut se traduire par « développement de la vision supérieure ».

Yoga, Vipassana, Zazen, … vous êtes certainement familiers avec ces termes qui sont issus de l’Orient. Le Zazen et Vipassana traduisent l’acte de méditer dans le bouddhisme. Le Zazen étant le terme utilisé au Japon, alors que Vipassana vient d’Inde. Dans les deux cas il est question de prêter attention à ce qui est.

Mais pourquoi donc s’asseoir pour méditer et être dans le présent ? Selon le bouddhisme, cette pratique permet de prendre conscience du changement perpétuel du monde. On peut alors dépasser l’attachement aux choses et à nos désirs qui sont à la source de notre souffrance. Méditer permet donc de dépasser l’ignorance due à notre vision faussée du monde, et de par là même nous libérer de nos désirs et de nos peurs.

zazen méditer définition
Le Zazen pratiqué par Taisen Deshimaru (1914-1982) qui fût l’un des pionniers de l’introduction du bouddhisme zen en Europe.

La tradition du Yoga offre également une vision globale de la pratique de la méditation. Les 8 membres du Yoga (selon Patanjali) proposent une hygiène de vie qui va favoriser la libération de l’être. Le 7e membre est Dhyâna (méditation). Méditer dans le Yoga traditionnel s’intègre donc dans un système qui couvre tous les aspects de la vie : Éthique sociale, éthique individuelle, posture physique (C’est cette partie du yoga qui est surtout connu en occident), Régulation du souffle ou Pranayama, Contrôle des sens, concentration, méditation, et état d’unité.

Dans ces traditions qui nous viennent de l’Orient, la méditation offre un moyen d’épanouissement spirituel. En Occident, la pratique de la méditation ne s’attache pas à une philosophie ou à une religion particulière, et son but est surtout de faire du bien à la personne qui la pratique. L’un des premiers à s’être intéressé à une approche non traditionnelle de la méditation est le Pr. Jon Kabat-Zinn qui dès 1979 l’a intégré en milieu hospitalier pour aider les patients à gérer le stress.

Jon-Kabat-Zinn Méditer définition
Né en 1944, Jon Kabat-Zinn, professeur émérite de médicine, fonde la Clinique de Réduction De Stress où il utilise le MBSR.

Il a créé la MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) ou « Réduction du stress basée sur la pleine conscience » où les personnes apprennent à méditer. C’est donc une pratique dépouillée de toutes traditions qui va peut à peut se développer dans les milieux cliniques. Des recherches scientifiques révèlent alors que la méditation est non seulement efficace pour réduire le stress, elle offre également de nombreux bienfaits tant au niveau mental que physique.

La méditation évolue aussi dans la sphère privée où de nombreuses personnes l’adoptent pour se sentir mieux, pour mieux gérer les difficultés du quotidien, et pour ressourcer leur corps. Aujourd’hui, beaucoup de méditant choisissent de ne pas s’associer à une tradition et considèrent la méditation comme une pratique autonome et indépendante de toutes croyances.

Ce qui est fascinant avec la méditation c’est : que l’on choisisse de la pratiquer seul ou dans le cadre d’une croyance tel le bouddhisme, elle offre les mêmes bénéfices. Méditer est avant tout une expérience et ses bienfaits sont instantanés mais également pérennes qu’ils soient au niveau spirituel (vu par les traditions) ou au niveau mental et physique (vu par l’Occident).