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Apprendre À Lâcher Prise

Dans cet épisode, je retrouve Marie Bérubé et Marc Vachon tous les deux psychologues et auteurs du nouveau livre Lâcher prise, prendre de l’altitude.

Durant notre conservation, on a parlé de: 

  • Comment savoir s’il est temps de lâcher prise. 
  • La nécessité de faire le deuil de ce qui ne nous convient plus. 
  • Pourquoi on a du mal à lâcher le contrôle. 
  • Pourquoi on s’accroche parfois à nos problèmes. 
  • Les bienfaits d’élargir sa perspective. 
  • Pourquoi on voit davantage le négatif que le positif dans notre vie. 
  • La différence entre lâcher-prise et abandonner. 
  • Du rôle de la souffrance dans le processus du lâcher-prise. 
  • L’importance de l’introspection et le rôle de la méditation. 

Si vous ressentez le besoin de retrouver un sentiment de calme et de mieux-être et que vous avez du mal à lâcher, que votre mental tourne sans arrêt, cet épisode est pour vous. 

Vous comprendrez mieux ce que veut dire lâcher prise et pourquoi c’est parfois si difficile de le faire. Vous découvrirez aussi quelques moyens pour arrêter de vous débattre (mentalement et émotionnellement) pour enfin retrouver les sentiments de calme et de confiance. 

J’ai pris grand plaisir à m’entretenir avec Marie et Marc, et j’espère que vous apprécierez, vous aussi, cette discussion. 

Écouter le podcast Apprendre à lâcher prise

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Extraits choisis de la discussion Apprendre à lâcher prise

Voir Apprendre à lâcher prise sur YouTube ; Voir la suite sur YouTube.

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Créer de l’Espace en Soi

Voilà un conseil pour l’année à venir: créer de l’espace en vous.

Nos pensées par rapport aux situations que l’on vit déterminent nos émotions. Nos émotions déterminent nos actions qui elles génèrent des résultats. En d’autres termes, nos pensées dessinent notre vie.

Pour amener un changement significatif dans la qualité de sa vie, il va falloir prendre du recul par rapport à ses pensées. Cela permettra de voir si nos ‘histoires’ par rapport à ce que l’on vit sont justes ou pas, si le résultat de ces histoires nous convient ou pas.

Créer de l’espace en soi c’est prendre du recul par rapport à qui l’on croit être et par rapport à notre lecture du monde. C’est pouvoir avoir plus d’options, plus de liberté sur comment vivre sa vie.

Découvrez dans ce premier épisode de l’année 2018 pourquoi et comment faire de l’espace en soi.

Écouter Créer de l’Espace en Soi

Pour en savoir plus sur comment les pensées affectent les émotions, c’est ici.

Voilà quelques suggestions pour se libérer des pensées anxiogènes.

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Méditation Introspective Pour Se Libérer de Ses Obstacles

Méditation introspective pour se libérer de ses obstacles et obtenir ce que l’on souhaite

Vous souhaitez obtenir un changement dans votre vie, au niveau personnel ou professionnel, mais vous ressentez qu’il y a une résistance en vous.

Dans cette vidéo, j’aimerais vous expliquer comment la méditation introspective peut vous aider à vous libérer de vos blocages internes.

Cela est une introduction aux séances individuelles proposées en ligne.

Même si vous ne souhaitez pas faire de séance individuelle, cette vidéo révèle un aspect peu connu de notre monde intérieur, mais essentiel pour une vie plus sereine et satisfaisante.

Ecouter Méditation Introspective Pour Se Libérer de Ses Obstacles

Regarder Méditation Introspective Pour Se Libérer de Ses Obstacles

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Transformer la Résignation en Espoir

On va voir dans cet épisode que c’est en faisant la paix avec le sentiment de résignation que l’on pourra agir avec espoir.

Écouter « Transformer la Résignation en Espoir »

Retranscription du podcast

On va voir dans cet épisode que c’est en faisant la paix avec le sentiment de résignation que l’on pourra agir avec espoir.

Résignation

C’est ce sentiment que quoique l’on fasse on ne va pas y arriver. On n’a pas réussi jusque là, pourquoi est-ce que maintenant, cela va marcher? Que cela concerne la réussite dans une relation de couple, la réussite au travail ou au niveau financier, ou encore la capacité à s’exprimer librement en public ou devant des inconnus.

Se résigner c’est ressentir que l’on porte un blocage, qui peut être propre à notre nature ou dû à notre éducation, un blocage qui est profondément ancré en nous, nous empêchant d’obtenir ce que l’on désire.

L’espoir

L’espoir c’est ressentir que le but est à portée de mains. C’est de voir notre passé comme une série d’expérimentations, comme un apprentissage qui nous a préparés à atteindre ce que l’on souhaite.

Ressentir de l’espoir c’est voir cette série d’expériences, agréables comme désagréables, comme un capital accumulé que l’on pourra bientôt transformer en ce que l’on désire: une transformation personnelle, une percée professionnelle, ou encore une voie artistique.

L’espoir permet de garder une approche optimiste, de persévérer, d’avoir confiance en soi et en la vie. Alors que le sentiment de résignation nous fait percevoir notre vie comme un échec, comme une déception sans issue.

Au vu de cela, le sentiment d’espoir semble être plus souhaitable que celui de résignation. Pourtant il est important de réaliser que ces 2 sentiments sont inséparables. On peut chercher à se focaliser sur l’espoir, l’optimisme et être positive, mais en arrière-plan, au niveau inconscient, les sentiments d’inquiétude et d’incertitude resteront bien présents.

En effet, lorsque l’on introduit au cerveau la notion de gain, ce que l’on espère atteindre, cela automatiquement crée la possibilité de perte.

Le meilleur moyen d’agir pour obtenir ce que l’on souhaite, c’est en acceptant la possibilité de ne pas y parvenir. En faisant la paix avec le sentiment de résignation, on va pouvoir libérer de la disponibilité et de l’énergie pour pouvoir agir pleinement sur ce que l’on souhaite obtenir.

Je connais une femme, la trentaine passée, dont le plus cher espoir est d’avoir des enfants. Elle vit une relation de couple épanouie qui dure depuis 10 ans et elle veut fonder une famille avec cet homme. Mais elle n’arrive pas à être enceinte. Après de multiples années d’essais, et après deux tentatives d’insémination artificielle, elle n’a toujours pas réussi à porter un enfant en elle.

Elle ne perd pas espoir, loin de là. Lorsque j’ai discuté avec elle, elle semblait certaine de pouvoir y arriver. Elle m’a parlé du pouvoir de visualisation, de la loi d’attraction. Elle y croit de tout son être et n’accepte pas la possibilité d’un échec.

Lorsque j’ai essayé de lui faire entrevoir le fait qu’elle ne puisse pas avoir d’enfants – car c’est une vraie possibilité -, elle n’a pas voulu en entendre parler.

Je pouvais ressentir chez elle, l’énergie qu’elle utilisait pour garder son optimisme et sa confiance, mais aussi la grande énergie qu’elle utilisait pour repousser, pour réprimer le sentiment que peut-être elle ne pourra jamais avoir d’enfants.

Le double mécanisme de devoir sans cesse nourrir l’optimisme et de réprimer la possibilité d’un échec, est épuisant. Cela crée un état de tension continu.

À l’opposé de cela, faire la paix avec la possibilité de ne pas pouvoir obtenir ce que l’on souhaite, c’est libérer de l’énergie et de la disponibilité.

Accepter cette possibilité, cela ne veut pas dire que l’on renonce. C’est simplement faire davantage confiance en la vie. C’est lâcher prise par rapport au résultat.

On pourra alors poursuivre notre objectif en portant plus d’importance sur le chemin que sur le résultat souhaité. En conclusion, permettre au sentiment de résignation d’exister en soi et faire la paix avec, c’est pouvoir se focaliser pleinement sur son objectif.

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Je M’En Fous (et pourquoi c’est une bonne chose)

Plus j’apprends, plus je médite et plus je m’en fous.

Désolé pour le langage, mais cette expression illustre bien, le ressenti que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui dans cet épisode.

Écouter « Je M’En Fous »

Retranscription de l’épisode « Je m’en fous »

Plus j’apprends, plus je médite et plus je m’en fous.

Désolé pour le langage, mais cette expression illustre bien, le ressenti que j’aimerais partagé avec vous aujourd’hui dans cet épisode.

En effet, plus j’avance dans mon cheminement de vie et moins je me sens impliqué dans le quotidien.

Je croyais qu’en avançant, qu’en méditant régulièrement sur des années, la vie prendrait un sens de plus en plus clair, que je serais de plus en plus impliqué, que je ressentirais plus de compassion, mais, la réalité c’est que je semble de moins en moins concerné.

Il y a environ 2 mois, 3 copains sont venus en Thaïlande pour passer leurs vacances. Ils ont surtout passé du temps dans les îles du sud où je les retrouvais pour quelques jours lors de la fête du nouvel an bouddhiste, Songkran (voir vidéo). Et je les ai vus aussi à Bangkok où ils étaient de passage pour 2, 3 jours.

Se faire rattraper par les exigences du quotidien

L’une de ces 3 personnes est un proche ami, un ami de longue date. On se connait depuis plus de 20 ans, et on se taquine volontiers. Mais cette fois-ci j’ai remarqué qu’il n’avait pas beaucoup la forme. Il était taciturne et il faisait souvent la tête.

Dès qu’on parlait d’un sujet qui sortait un peu des thèmes légers auquel on peut s’attendre lorsque 4 gars vont boire un verre, il répondait par un « je m’en bats les ….. »

Pas très élégant, mais une expression qui là aussi révèle bien l’état d’esprit.

Tout ce qui ne porte pas sur son confort ou sur sa satisfaction immédiate ne semble pas l’intéresser.

Il y a encore quelques années, ils s’intéressaient à de nombreux domaines. Il avait l’aspiration de faire une activité qu’il lui plaisait vraiment et il voulait contribuer du positif au monde.

Et puis, il s’est laissé rattraper par un travail exigeant, des investissements immobiliers les mensualités qui vont avec …

Il est devenu plus sarcastique, plus rigide sur ses idées, et globalement moins marrant. Il est plus focalisé sur son confort, et il semble moins disposé à faire des efforts pour les autres à part peut-être pour sa famille.

Vous allez me dire, oh, Moutassem, pourquoi tu critiques comme ça ce garçon?

Ça ressemble à une critique, mais cela n’en est pas une.

D’ailleurs dès que le podcast sera publié je lui enverrais un email avec le lien pour qu’il puisse l’écouter avec un mot du type:

« Sawadee (hello en Thaïlandais), j’espère que tu as la forme. Je viens de publier un nouvel épisode du podcast et je parle de toi! Mais tu es le méchant dans l’histoire! Tu peux l’écouter ici: …. Take care, Bises.»

Ce n’est pas une critique, car je suis dans une dynamique très similaire à la sienne. J’ai reconnu chez lui un comportement identique au mien.

Comme lui, je semble être principalement intéressé par mon confort de vie.

Le moine dans son temple

Cela contraste avec un Matthieu Ricard. Ce moine bouddhiste, scientifique de formation, qui est devenu traducteur pour le Dalaï-Lama lors de ses visites en France. Lors d’un entretien avec un JJ Bourdin sur RMC (radio populaire en France) il a expliqué que lorsqu’il s’isolait dans son temple dans les montagnes du Népal ce n’est pas un acte solitaire et nombriliste. Bien au contraire, il médite pour la libération de la souffrance des êtres sensibles, humains comme animaux. Il a d’ailleurs écrit des ouvrages sur la bienveillance et sur la protection des animaux.

Je ne prétends pas être proche d’un Matthieu Ricard. Sa longue pratique de la méditation, son expérience, son investissement dans son cheminement spirituel sont différents des miens.

Mais néanmoins, je croyais qu’avec une pratique de plusieurs années je tendrais naturellement vers une ouverture envers les autres, un détachement de mes désirs de confort, et plus de compassion envers les autres.

La réalité c’est que mes priorités du moment sont de m’acheter une télé avec un plus grand écran, me faire plus souvent des week-ends à la plage, agrandir mon compte épargne, faire de plus beaux cadeaux à mes proches, etc.

On est bien loin d’oeuvrer pour la libération de la souffrance de tous les êtres sensibles!

Regardons comment j’en suis arrivé à ce point. Mais ne vous inquiétez pas, comme vous pouvez vous en doutez, ce podcast aura une fin positive avec un zeste de sagesse.

LA DÉSILLUSION EN 3 ÉTAPES

La première étape: L’effondrement des certitudes

Plus je lis sur un sujet, plus je l’approfondis et plus je développe une approche nuancée à ce dernier.

Que ce soit des sujets concernant la santé physique, la politique, la morale et l’éthique, les religions, la famille, les relations de couple, etc.

Ce qui auparavant pouvait sembler comme une évidence, lorsque scruté de plus près, se révèle être une croyance subjective partagée par un certain nombre de personnes à une époque donnée.

Avez-vous entendu parler de Drapetomania?

C’est une maladie mentale découverte par un médecin américain Samuel Cartwright. Elle fût acceptée et adoptée par ses confrères dans une bonne partie des États-Unis.

Quelle était la manifestation de cette maladie?

Cette maladie mentale causait chez les esclaves africains une puissante et irrationnelle envie de retrouver leur liberté.

Drapetomania du latin Drapete « un esclave en fuite » et Mania « folie »

Ce diagnostic créé en 1851 a bien entendu été depuis rebuté par la communauté médicale.

Et encore moins loin de nous, il y a seulement quelques décennies l’homosexualité était considérée comme une maladie psychologique, et la castration chimique était l’un des traitements utilisés.

Aujourd’hui ces 2 notions peuvent sembler ridicules, mais à leur époque cela était considéré comme la norme, étant moralement et « scientifiquement » approuvé.

Encore aujourd’hui nous suivons parfois aveuglément des habitudes, des règles, des conventions sans réaliser qu’elles ne sont pas immuables, qu’elles ne sont pas porteuses d’une vérité absolue.

Que ce soit l’idée que l’on se fait de la famille, du couple, de la société, de la politique… cette idée n’est souvent qu’un aspect de la réalité.

Et lorsque l’on creuse un peu un sujet, une norme, une tradition, on réalise que ce qui semblait être un socle solide sur lequel on pouvait prendre appui, finit par s’effriter et avec lui nos certitudes.

La première étape de la désillusion, de la perte d’intérêt pour un idéal, c’est lorsque les certitudes s’effondrent et avec elle le chemin que l’on pensait devoir prendre.

Cet effondrement des certitudes peut avoir lieu lorsqu’on lit beaucoup et qu’on reste curieux face à la vie, ou bien cela arrive simplement avec l’expérience, avec l’âge. Plus on vit, si on garde un minimum d’attention sur le monde dans lequel on évolue, on ressent que nos certitudes de jeunesse se sont assouplies.

Ou bien encore, la vie vient secouer violemment nos certitudes. Imaginez cette jeune femme qui grandit dans une famille croyante (l’église le dimanche) où les parents semblent former un couple épanoui. Elle aspire à créer sa propre famille, à avoir 3 enfants, à vivre dans le même quartier que ses parents, mais pas trop proche comme même. Elle rencontre un homme dont elle tombe follement amoureuse. Ils se marient. Et lorsqu’elle est enceinte de son premier enfant, son mari lui apprend qui la quitte pour une autre personne … et cette autre personne est un homme. Il lui dit qu’il est gay et qu’il ne peut plus se mentir, et lui propose de rester de bons amis.

Toutes les certitudes de cette jeune femme s’effondrent comme un château de cartes pris dans un courant d’air. L’idée qu’elle s’était faite de la relation de couple, de la famille, de sa vie se heurte à une réalité totalement différente. Le chemin tracé s’est effacé devant elle comme s’il n’avait jamais existé.

La perte des certitudes, qui encore une fois peuvent concerner tous les domaines de notre vie, peut donc survenir en douceur grâce à la curiosité et à l’honnêteté intellectuelle ou plus violemment lorsque la réalité décide de jouer en dehors des règles que l’on connait.

C’est vrai qu’il se peut que vous connaissiez autour de vous des personnes qui maintiennent de fortes certitudes sur la vie. Mais si vous les observez de plus près, vous devinerez la fragilité de leur système de croyance.

Lorsque je rencontre une personne qui manifeste de grandes certitudes sur un sujet, qu’il soit politique, social, culturel, ou spirituel, je ressens derrière l’enthousiasme l’effort nécessaire pour maintenir active leur croyance.

Les 3 stratégies pour éviter la réalité

Les personnes qui entretiennent des certitudes doivent souvent faire appel à ces 3 stratégies pour éviter de se laisser rattraper par la réalité:

1. Ces personnes ne cherchent pas à découvrir des points de vue différents, et se nourrissent uniquement d’informations confirmant et renforçant leur croyance.

Pour exemple, l’autre soir je dîner avec un chercheur allemand avant son retour en Allemagne. Il travaille sur une thèse portant sur ses compatriotes expatriés en Thaïlande. Il m’a parlé d’une des personnes qu’il venait d’intervewier pour ses recherches. L’homme, 55 ans, ancien travailleur dans le bâtiment lui a expliqué qu’il ne voulait pas rentrer vivre en Allemagne à cause de l’islamisation du pays. À chaque fois, qu’il y retournait en vacance à Munich, il voyait de plus en plus de barbus. Lors de ces dernières vacances, il a été dans sa terrasse de café préférée pour boire un verre, et sur la table à côté il y avait 4 Arabes qui parlaient leur langue et qui ne buvaient même pas d’alcool. Cela l’a mis très mal à l’aise. Il a déclaré qu’il y avait de plus en plus d’insécurité et que des amis à lui avaient des voisins qui connaissaient une personne s’étant fait agresser.

Cet homme avait une idée arrêtée et intrangisante sur la situation.

À l’opposé de cela poursuivi mon pote chercheur il a rencontré une jeune Allemande de passage à Bangkok. Habituée du bénévolat, elle lui expliquait que les familles de réfugiés qu’elle avait rencontrées avaient le coeur sur la main. C’était des personnes décentes, respectueuses et travailleuses. Ces réfugiés avaient pour beaucoup un savoir-faire et étaient prêts à participer dans l’économie du pays. Cette jeune femme ne comprenait pas pourquoi l’Europe n’accueillait pas plus de réfugiés et concernant l’insécurité notait que c’était une fausse perception du au politique d’extrême droite qui se nourrissait sur la peur de l’autre.

Ces deux personnes, le retraité du bâtiment et la jeune bénévole, l’un dans la nostalgie et l’autre dans l’idéalisme, n’acceptaient de voir qu’un aspect de la réalité.

2. Il justifie leurs idées par une figure d’autorité, que ce soit les résultats d’une recherche scientifique  ou un livre sacré. Il voit avec suspicion toute autres étude ou explication venant confronter leur réalité.

On a vu que les Américains du sud justifiaient l’esclavagisme par la psychologie, comme plus tard les Aryens justifieront leur théorie de race supérieure par la médecine. Ce qui est perçu comme autorité (porteur de la vérité) vient appuyer une croyance.

La religion a aussi longtemps servi de figure d’autorité.

Les riches propriétaires, de plantation de coton, pour reprendre l’exemple de l’esclavage, n’avaient aucun scrupule, car en plus de la science, la bible aussi justifiait l’esclavage:

De nos jours encore, les textes religieux servent à justifier des comportements extrêmes. Le radicalisme musulman justifie le meurtre par l’interprétation d’un livre écrit au moyen âge.

Le second point est d’une part reposer ses croyances sur une autorité perçue comme absolue (que soit la science ou la parole de dieu) et d’autre part voir avec suspicion ou même hostilité tout autre point de vue.

C’est d’ailleurs ce que l’on appelle un Dogme.

Définition de Dogme (wikipedia)

Dogme est défini comme une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse.

3. Et enfin troisièmement, les personnes qui s’accrochent à leurs certitudes défendent durement leur point de vue et prennent le sujet très personnellement.

Ce troisième point est révélateur de l’effet stabilisant que peut avoir une croyance. Suivre des règles clairement établies donne un semblant de stabilité et de sécurité. Cela entretient l’idée que si l’on agit de la sorte on aura ce résultat. Et lorsque la certitude est remise en question, c’est notre sentiment de sécurité qui est bousculé et en défendant une croyance la personne défend sa propre personne.

On vient de voir qu’il faut faire un certain effort pour maintenir des certitudes, que ce soit ne pas vouloir voir un autre point de vue, faire totalement confiance à une figure d’autorité ou croire que défendre nos certitudes c’est défendre notre propre personne.

On a vu aussi que les gens font cela, entretenir leurs certitudes, car cela leur donne un semblant de sécurité et de stabilité. Je dis un semblant de stabilité, car on a vu avec l’exemple de la jeune qui voulait 3 enfants: tout son système, externe et interne, s’est effondré lorsque son mari l’a quitté.

La vie généralement s’occupe de démonter nos certitudes. Que ce soit par une impulsion de curiosité et d’ouverture, ou que ce soit à travers les imprévus la vie s’arrange pour assouplir notre point de vue.

D’ailleurs si vous écoutez ce podcast, c’est que vous être suffisamment curieux, curieuse, pour découvrir la perspective d’une autre personne.

Si perdre ces certitudes peut sembler être une bonne chose, lorsque ce processus continue cela fait aussi perdre ses idéaux et l’envie d’agir pour les matérialiser.

Généralement la première certitude à s’effondrer c’est la sécurité garantie par ses parents. Enfant, notre sécurité repose totalement sur nos parents. Puis en grandissant, on prend conscience de leur propre vulnérabilité et par extension de la nôtre. Premier socle à s’effondrer.

Ensuite, les croyances/certitudes concernant le modèle du couple, la structure familiale, la liberté, la réussite au travail, la religion, les traditions, les coutumes, la spiritualité s’effritent eux aussi peu à peu.

Et l’on finit par arriver à un point où les modèles extérieurs ne peuvent plus nous aider.

Pour revenir à mon histoire, s’il y a encore quelques années j’entretenais certains idéaux – sur les soins de santé par exemple, sur le cheminement spirituel – cela n’a aussi pas résisté à l’expérience de la vie.

Oeuvrer au bien-être des autres m’a longtemps semblait comme une cause méritant de s’y investir totalement, comme une garantie de se sentir bien, car l’on fait du bien autour de soi.

Mais là aussi, si l’on creuse un peu. Soutenir l’être humain, c’est soutenir une espèce qui a causé ou contribuer à causer la disparition de 50% des gros mammifères en l’espace de 30,000 ans et qui détruit peu à peu la planète que l’accueille (et cette tendance à la destruction est loin de s’inverser).

Cela peut sembler comme un tableau bien sombre. Mais cette analyse ne vient pas d’un état défaitiste, d’un sentiment de résignation.

Tous les idéaux si on les creuse un peu ne résistent pas. On peut toujours trouver une bonne raison de ne pas les suivre.

Et j’en viens au point que je veux faire. Si rien à l’extérieur ne semble mériter notre totale implication, autant alors investir notre énergie et nos ressources à l’amélioration de notre confort de vie et celui de nos proches.

Mon ami, dont j’ai parlé au début de ce podcast, qui ne semble plus penser qu’à son confort en est certainement arriver à la même conclusion.

Mais au lieu de passer 20 minutes à le justifier comme je viens de le faire, il dit simplement: « je m’en bas les … »

Je rigole, car nous vivons tous la même chose, mais certains d’entre nous aiment mettre en mots ce qu’ils observent et d’autres vivent simplement cette expérience.

Toujours est-il que nous sommes nombreux à ne plus reposer sur des certitudes, sur des idéaux, préférant nous soucier de notre environnement immédiat et de notre confort.

C’est ce que j’appelle la première étape de la désillusion.

La seconde étape : c’est lorsque l’on réalise que notre confort n’est pas aussi important que ça

C’est vrai que cela me ferait plaisir de profiter des séries de Netflix sur un écran Total HD 4k incurvé de grande taille. Mais je sais aussi au fond que ce n’est pas important ou nécessaire. Les petits suppléments de confort, comme une télé neuve, ne jouent en définitive pas un grand rôle dans notre perception du bien-être.

Je me souviens d’une observation qui m’avait amusé il y a une quinzaine d’années de cela. Je commençais à travailler et la voiture que j’avais achetée était une Clio Renault, 1.6, avec quelques options. J’aimais bien cette voiture. Un jour j’ai été retrouvé un ami qui passait 2 mois de l’année en France et le reste au Nigéria. Sa famille avait fait fortune en Afrique, et il avait une grande maison secondaire, une villa plus exactement, dans le sud de la France. Il venait d’acheter lui aussi une nouvelle voiture, une porche 911 GTS toute neuve qui devait coûter 9 fois le prix de ma Clio.

Il m’a proposé de faire un tour. On a pris l’autoroute et en sortant du premier péage il a fait une accélération qui m’a collé au siège. Un vrai monstre cette voiture. Et puis il m’a proposé de prendre le volant. Dans l’aire de repos de l’autoroute, je m’installe donc dans la place conducteur. Le volant, le siège, le tableau de bord, tout ce qui était à porter de mes doigts ou de mes yeux révélaient des matières riches qui s’enchevêtraient parfaitement et esthétiquement présentant un tout harmonieux et luxueux. Les sièges baqués et la position ajustable du volant rendaient la position de conduite agréable et efficace. Broum, broum …. sous mon pied je sens avec un peu d’appréhension la mécanique prête à se déchainer. Je démarre tranquillement soucieux de ne pas faire une égratignure à la carrosserie au risque d’engloutir un mois de revenu.

Après un tour intéressant, je lui rends les commandes de son bolide. On revient chez lui pour garer à l’abri le précieux engin, et on prend ma voiture pour aller manger un bout au centre-ville de Nice.

Tout en conduisant, je discutais avec lui, et je ne sais pour quelle raison, en arrière-plan dans mon cerveau, je me croyais encore dans la porche et je me disais qu’au final ce n’est pas si différent de ma voiture.

Puis soudainement j’ai percuté que je conduisais ma Clio et cela m’a fait sourire.

C’était 2 voitures totalement différentes, mais au fond l’expérience d’être dans la voiture n’était pas si différente. Dans tous les cas, ce n’était pas 9x plus agréable.

Les ajouts au confort matériel n’ont en fait que peu d’effet sur la perception de bien-être. Plusieurs études ont montré qu’au-delà d’un certain minimum, avoir plus d’argent par exemple n’augmentait pas tant que ça la qualité de vie. Bien sûr si une famille n’arrive pas à se chauffer correctement l’hiver, si elle est limitée dans ses choix alimentaires, si elle ne fait aucune sorti sorti resto ou ciné, tout à cause à cause d’un budget très serré, avoir plus d’argent améliorera considérablement leur qualité de vie. Mais au-delà d’une certaine somme, gagner plus n’affecte que très peu la qualité de vie. Une personne qui gagne 30,000 euros par mois n’est pas 4 fois plus heureuse qu’une personne qui gagne 7,000 euros par mois. Selon une étude conduite à la Princeton University en 2010, la perception de qualité de vie est quasiment la même pour ces 2 groupes de personnes.

De plus, souvent le prix à payer pour s’offrir plus de confort ne résulte pas dans un net positif de bien-être. Si vous devez faire plus d’heures de travail, stresser davantage, ou vous endetter pour le supplément de confort, l’inconfort ressenti viendra effacer les gains de plaisir.

En d’autres termes, améliorer mon confort de vie, ce n’est pas si urgent que cela.

D’une part je n’ai plus d’idéal à suivre et d’autre part, m’acharner à travailler plus pour augmenter mon confort de vie n’est pas non plus ma priorité.

Que reste-t-il comme motivation?

Il y a le rapport aux autres vous allez me dire. Et effectivement lorsque l’on met de côté ses certitudes, lorsque l’on ne s’attache plus uniquement au confort matériel, on réalise que ce qui semble important, ce qui semble le plus déterminer notre état d’être c’est le rapport aux autres.

Mais est-ce que cette réalisation va nous aider à donner une direction à notre vie, je ne crois pas non plus. Et c’est la troisième étape de la désillusion.

Oui je ressens de l’amour pour mes proches, de la tendresse pour les enfants en général, de la sympathie pour les gens autour de moi. Mais ces sentiments ne m’aident pas à déterminer une direction, à me motiver à agir dans un sens ou dans l’autre.

Oeuvrer pour le bien des enfants? On retombe dans l’idéalisme.

Améliorer la qualité de vie de mes proches? On a vu que plus de confort n’offre qu’un petit plus.

Me voilà donc sans idéal, sans réelle motivation d’acquérir plus, et sans savoir que faire des sentiments que je ressens envers mes proches et les autres.

En d’autres termes je m’en fous un peu. Le matin lorsque je me lève, je n’ai pas une destination à poursuivre.

Et pourtant je n’ai jamais été autant productif et autant ouvert aux autres. Je ressens un bon niveau de vitalité, j’ai un bon flot de créativité, et je connecte facilement avec les autres. Et globalement, je ressens au quotidien un sentiment d’appréciation.

Cela peut sembler paradoxal, mais le fait de ne pas s’attacher à des certitudes, de savoir que plus de confort serait bien, mais que cela peut attendre, et de ressentir des émotions pour les gens autour de soi sans chercher à les contrôler, et bien tout cela permet d’avoir une bien plus grande disponibilité à ce que l’on ressent.

Lorsqu’on ne cherche plus à créer un quotidien à l’image d’un idéal qu’il soit philosophique, qu’il représente un certain cadre de vie, ou un type de relation personnelle ou familiale, et bien, on devient bien plus libre d’être et d’agir dans le présent. On finit par faire ce que l’on aime vraiment, pour ma part c’est lire, écrire et interagir avec les autres.

Je vous invite maintenant à tourner le miroir vers vous. Si vous mettez de côté vos idéaux, votre envie d’améliorer votre niveau de vie, ou vos aspirations pour un certain type de relation, que se passe-t-il?

Est-ce que vous pouvez ressentir qu’au final ce qui a de l’importance c’est ce moment de pause où l’on s’arrête de vouloir et l’on est présent à soi.

Puis agir à partir de cet état d’attention c’est vraiment agir. On ne s’attache plus aux résultats de nos actions, car on ne peut pas les connaître à l’avance. On ne vit plus pour créer une vie imaginée et prédéterminée.

Lorsque l’on parle de sortir des sentiers battus, de suivre sa voie, d’écouter sa petite voix intérieure, ce n’est pas de suivre un idéal de vie comme par exemple: « j’aimerais devenir guérisseur, ouvrir une maison d’hôte et y proposer mes soins ainsi que des cours de yoga et un buffet bio. » ; « suivre ma voie c’est pouvoir vivre de mon art et toucher le coeur des gens »

Non, suivre sa voie ce n’est pas de poursuivre un fantasme ou un futur idéal, c’est simplement vivre chaque instant pleinement et s’autoriser à ne pas savoir où l’on va.

Si je vous repose la question. Si vous mettez de côté tous vos désirs et vos envies pour le futur, qu’avez-vous envie de faire maintenant?

Peut-être est-ce de vous lever et vous étirer, ou mettre vos écouteurs et aller faire une balade en musique, ou bien passer du temps avec votre enfant, ou bien encore griffonner un dessin ou quelques notes sur un carnet.

Suivre ces petites inspirations intérieures est bien plus important que suivre de grands idéaux. Car cela vous rapproche de votre nature, cela vous apprend à être attentif à vos aspirations, et cela vous aidera aussi à être attentif aux aspirations des autres.

Les idéaux, la morale, l’étique, tout cela s’effiloche lorsque l’on intensifie notre état de présence. Arrêtons de vouloir modeler notre vie à un idéal qui n’a aucune réalité concrète.

Et laissons nous être surpris par la vie. On s’acharne à ajouter des expériences à la vie, et si plutôt on s’occupait d’ajouter de la vie aux expériences.

Merci d’avoir suivi ma réflexion de la semaine.

Dans les prochains épisodes je vais continuer à adresser les sujets sur comment développer plus de clarté en soi, comment dépasser les conditionnements et les peurs que l’on peut entretenir, et le rôle de la méditation.

Ref. et sources: Musique de fin de Bruce BecVar, Extrait RMC radio, Extrait « Je marche seul » Goldman.

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Se Sentir Bloqué Dans Sa Vie

Que faire lorsque l’on se sent bloqué dans sa vie?

Cette vidéo est en réponse à la question de Mariane, lectrice du blog. Mariane s’intéresse au développement personnel depuis 15 ans. Elle pratique le yoga et la méditation et note que tous ces outils lui permettent d’avancer.

Cependant Mariane  se sent aujourd’hui bloquée dans sa vie. Elle note avoir une peur qui l’empêche d’être indépendante, d’aller vers ses vrais désirs et d’échanger avec les autres.

Elle souligne avoir peur de veiller et ressent de l’angoisse et de la retenue. Mariane aimerait savoir comment dépasser ce sentiment de blocage, ses peurs, pour pouvoir créer sa vie autrement.

Écouter « Comment faire lorsque l’on se sent bloqué dans sa vie? »

Regarder « Comment faire lorsque l’on se sent bloqué dans sa vie? »

Photo de Diego Cervo

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Joie de Vivre : 3 Clés Pour la Retrouver

“La joie partagée grandit.” – Massa Makan Diabaté

Découvrez dans ce podcast, 3 clés pour retrouver et cultiver la joie de vivre, que nous propose Bernard Leblanc-Hamos, auteur et travailleur social.

Joie de Vivre en 3 points

I. Voir la valeur (le positif, les qualités) en soi et chez les autres

Les « metteurs en valeur » sont capables de découvrir en l’autre des talents jusqu’alors inconnus.

II. Voir dans l’épreuve une opportunité de la dépasser et d’en sortir grandit

Les difficultés n’ont d’égale que la joie que l’on éprouve à les résoudre.

III. Rester curieux et s’émerveiller du monde autour de soi

Il y a plein de choses que l’on ignore. Nous ne savons même pas jusqu’où s’étend notre ignorance. Une curiosité illimitée permet de reconnaître les lacunes, les manques et les impasses, et aide à se frayer de toutes nouvelles voies de savoir gré: les voies de la joie.

Vous pourrez aussi apprécier la compréhension bouddhiste de ce qu’est le bonheur, ou encore ma définition du bonheur.

Sources: Photo illustration (c)Drew Myers ; Nouvelles Clés, Mai 2010)

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Relation Toxique, Comment Gérer?

Comment gérer une relation toxique, comment faire face à une personne qui nous pèse et qui nous empêche d’être bien et de nous épanouir?

Dans cette vidéo, vous allez découvrir quelles sont LES 2 QUESTIONS QUE L’ON DOIT SE POSER lorsque l’on a à gérer une personne toxique.

Gérer Une Relation Toxique

Gérer une Relation Toxique (podcast)

Retranscription de la vidéo Relation Toxique

Comment gérer une relation toxique, comment faire face à une personne qui nous pèse et qui nous empêche d’être bien, de nous épanouir?

Cet épisode est en réponse à plusieurs questions qui m’ont été posées par des lectrices et des participants à la formation Méditer Aujourd’hui.

Bonjour, j’aime vos podcasts qui sont très « pratico-pratiques » je trouve. Merci! J’ai une question suite à l’écoute de votre podcast: comment gérer le conflit en 3 étapes. Personnellement, lorsque je me retrouve dans une situation de conflit, j’essaye de ne jamais dire des choses blessantes (même si elles me paraissent vraies et que je les entends dans ma tête), à l’autre, afin de ne pas exacerber sa colère et rester dans une communication saine, même s’il y a un désaccord. Mais voilà, l’autre ne fait pas forcément la même chose. Et lorsque cette personne (collègue, inconnu, ami ou conjoint) commence à dire des choses méchantes étant à court de mots et laissant son égo prendre le pouvoir de la communication, je me retourne face à un dilemme… jusqu’à quel point peut-on lâcher prise et ne pas réagir à ce que l’autre nous dit en cherchant à nous blesser?

Que faire lorsque l’on est confronté et obligé de travailler avec une personne qui ne fait pas confiance. Et cherche à trouver la faut. Enfin une mauvaise personne quoi! L’affronter ou laisser couler ?

Et le 3e cas c’est une situation de couple compliquée.

Effectivement, comment faire pour gérer une personne difficile, une personne toxique, avec qui on a du mal à communiquer, à se faire comprendre.

Qu’est qu’une personne toxique?

Une personne toxique c’est une personne qui va affecter notre état d’être, car on a des liens, plus ou moins forts, avec elle. Ça peut être un collègue de travail, un conjoint(e), ou encore un membre de sa famille.

Une personne toxique, cela ne veut pas forcément dire qu’elle est malveillante ou qu’elle veut nous manipuler. Dans la majorité des cas, c’est une personne qui souffre, et qui communique sa souffrance: une personne qui passe par un épisode de dépression, qui manque de confiance en elle, qui a beaucoup de stress, ou encore qui n’a jamais appris à bien communiquer.

L’état de mal-être d’une personne toxique risque alors de se répercuter sur notre propose état.

Comment faire gérer une relation toxique?

Vous aujourd’hui, vous êtes peut être dans une dynamique de développement personnel, vous commencez à méditer, à faire un travail sur vous et vous êtes en face de quelqu’un qui n’est pas du tout dans la même dynamique. Il peut y avoir 2 préoccupations par rapport à cela.

La première, c’est de se demander comment être bien, comment pouvoir s’épanouir lorsque l’on est sans cesse au contact d’une personne qui nous plombe.

Et deuxièmement, comme la mentionné la personne qui a posé la question sur comment gérer une personne qui ne nous respecte pas, on peut se dire « si moi je développe de la tolérance, de la patience et de la bienveillance envers une personne qui est colère, qui ne respecte pas ou ne voie même pas mon point de vie, est-ce que je ne risque de me faire bouffer, qu’on abuse de moi, de ma tolérance.

Dans les 2 cas, lorsque l’on est face à une personne toxique, il y a un moment où l’on va se poser la question: comment gérer cette relation?

La réponse à cette question, comme c’est bien souvent le cas lorsqu’il s’agit d’améliorer de notre vie, ça va être de transformer notre perception par rapport à cette relation. Et on verra en détail par ce que j’entends par changer de perception.

Car en faisant cela on va pouvoir mieux prendre du recul – mentalement, émotionnellement – par rapport à cette personne et ensuite pouvoir prendre les bonnes décisions.

On va voir cela plus en détail.

On va découvrir les 2 questions qu’il faut se poser pour pouvoir transformer notre perception, et j’en ai déjà un peu parlé dans l’épisode concernant la gestion d’un conflit.

Quelles sont ces 2 questions qu’il faut se poser lors d’une relation toxique

I. Quelle est l’utilité de cette relation?

Parfois on subit tellement la négativité, le mal-être de cette personne qu’on ne voit pas d’autres alternatives à une coupure ou à une solution miracle. On espère presque que la personne disparaisse de notre vie ou qu’elle change pour qu’elle puisse nous comprendre, nous apprécier, nous aimer à nouveau.

Mais cela n’arrive que très rarement. La réalité c’est que cette personne est pour l’instant dans votre vie et qu’elle ne va probablement pas changer du jour au lendemain.

La question qu’il faut alors se poser c’est qu’elle est l’utilité d’une telle relation, c’est d’essayer d’avoir une vision plus globale.

Une autre façon de poser la question, c’est de se demander quelles seraient les conséquences si vous cassez définitivement cette relation.

Si par exemple,vous êtes en conflit avec un collègue de travail, vous pouvez quitter votre travail pour résoudre ce problème.

Mais quelles seraient les conséquences d’un tel choix ?

Si vous êtes dans une relation amoureuse compliquée, vous pouvez partir, mais à quel prix?

Ce qui est important c’est de réaliser que c’est votre choix d’entretenir cette relation.

Je peux vous donner l’exemple d’une femme, qu’on va appeler Fabienne, la cinquantaine passée et que j’ai suivi dans mon cabinet chiropratique. Elle était dans une relation compliquée avec un homme. Cet homme était divorcé, mais il continuait à très régulièrement voir cette ex-femme. Cet homme soufflait le chaud et le froid à Mathilde, et bien sûr c’était difficile pour elle, car elle ne savait pas à quoi s’en tenir.

Quand je lui ai demandé le bon côté de cette relation ou l’utilité de cette relation. Elle m’a expliqué que cela lui permettait de vivre dans un plus grand appartement, qu’elle a appris un métier grâce à lui, et que malgré la situation compliquée il y avait encore de bons moments.

L’idée c’est d’élargir le champ de vision qui a tendance à se focaliser sur le problème et voir la globalité de la situation dans laquelle s’inscrit votre relation avec cette personne.

C’est de réaliser que si vous êtes peut-être tombé dans cette relation compliquée par hasard, ou malgré vous, mais c’est vous qui aujourd’hui choisissez d’entretenir cette relation avec cette personne.

J’insiste sur ce point, car beaucoup de personnes se positionnent en tant que victime par rapport à une relation toxique, elles ont l’impression d’être impuissante, et elle subisse la situation en attendant que l’extérieur change pour ne plus en souffrir.

Mais voilà l’extérieur, les autres ne vont pas agir spontanément dans votre intérêt. Il n’y a que vous qui pouvez agir sur cela. Comme on l’a vu, vous faites le choix d’entretenir cette relation et vous pouvez aussi faire le choix de transformer votre rapport à l’autre.

J’ai insisté sur ce point, car se positionner en tant que victime, remettre la responsabilité de son bine-être sur l’extérieur sur les autres, cela ne marche pas.

La bonne nouvelle, c’est qu’on pas de besoin de changer l’autre, pour améliorer cette relation, mais plutôt de développer plus de confiance en soi, plus de clarté sur ce que l’on attend de cette relation.

II. Où se trouve la bonté de cette personne « toxique »?

Pour agir avec plus de confiance et de clarté, il faut commencer par ressentir de la compassion envers cette personne. Vous allez me dire attend Moutassem, cette personne me plombe depuis des mois voir des années, et tu me dis de ressentir de la compassion pour elle.

La réponse est oui, et je vais faire de mon mieux pour expliquer pourquoi le fait de ressentir de la bienveillance, de la compassion envers les autres est ce qui va nous permettre d’agir avec confiance et fermeté.

Mais avant ça, découvrons comment ressentir de la compassion envers l’autre.

Vous mettre à la place de la personne avec qui vous êtes en conflit.

Imaginez être cette personne, imaginez comment étaient ses parents avec elle lorsqu’elle était enfant, son éducation, la culture dans laquelle elle a grandi.

Et même si vous connaissez que très peu cette personne qui peut être un voisin, un patron, ou un client, vous pouvez faire cet exercice.

Utilisez les indices à votre disposition – son allure, sa façon de parler, son apparence physique – pour imaginer son passé et sa perspective des choses.

Il est utile de comprendre que le comportement de cette personne est lié à toute une vie faite d’expériences diverses, et on peut même aller plus loin, à la vie de ses parents. Chacun d’entre nous est modelé par notre vécu et on filtre l’expérience du monde à travers un certain conditionnement.

Lorsqu’une personne agit d’une certaine façon avec vous, ne le prenez pas personnellement. Votre comportement et votre façon d’être sont juste des éléments déclencheurs qui mettent en route son comportement qui est conditionné sur toute une vie et qui n’a rien à voir avec vous.

Prendre ce recul est une attitude que l’on peut développer avec un peu de pratique. Cela permet d’avoir des relations plus apaisée et plus mature,et c’est aussi un précurseur au sentiment de compassion.

Pour résumé, mettez-vous dans les chaussures de cette personne et dites-vous qu’elle agit de la sorte non pas à cause de vous, mais parce qu’elle est aujourd’hui cette personne qui a été modelée par les expériences de sa vie.

Vous connectez aussi à l’enfant qui est en lui ou en elle.

Pourquoi le fait de ressentir de la compassion va vous aider à agir avec confiance?

La compassion permet de moins subir une relation toxique

Lorsque l’on ressent de la compassion, on élargit le champ de notre attention. On n’est plus uniquement focalisé sur soi, sur ce qu’on ressent, sur notre inconfort, on intègre l’autre dans notre champ d’intérêt.

Et dès qu’on est moins focalisé sur notre malheur, on va sortir de notre mode défensive. Parce que lorsque l’on est seulement connecté à notre souffrance, à nos problèmes, on entretient un mécanisme de défense. Ce mécanisme de défense, c’est quelque chose qui nous garde en retrait, et qui nous empêche de nous exprimer avec confiance.

C’est un vaste sujet le lien entre mode de défense et manque de confiance, et je vous invite à lire la série de 3 articles Reprendre confiance en soi, que je mettrais sur la page de cet épisode.

Mais ce que vous pouvez retenir aujourd’hui, c’est lorsque l’on n’est plus uniquement focalisé sur soi, on va être moins sur la défensive, plus clair sur ce qui est important pour soi et capable de l’exprimer.

Mon exemple: à chaque fois que j’ai été en conflit, qu’une personne m’agacer, plombait mon moral, ce n’est que lorsque j’arrivais à mettre un peu à sa place, que j’essayais d’avoir son point de vue, que j’arrivais à me sortir de cette relation toxique. Tout se suite cela permet d’être moins vulnérable, moins réactif à l’attitude de l’autre personne,

cela aide à sortir de cette espèce de brouillard dans lequel on peut être lorsque l’on est dans une relation lourde et compliquée,

et du coup cela m’aider à percevoir les choses d’une manière claire, et me permettait de mieux communiquer mon point de vue.

Et très souvent, cela contribue à changer l’autre, même si ce n’est pas l’objectif initial. La personne en face, lorsque l’on est plus dans la compassion et moins dans la défensive, et bien cette personne elle aussi a tendance à être moins sur la défensive et plus ouverte.

C’est pas toujours le cas, parfois la personne est tellement prise dans son mode de fonctionnement qu’il n’y a pas d’échange, mais au moins si vous ressentez de la bienveillance cela vous rendra moins vulnérable.

Ressentir de la compassion c’est le meilleur moyen de moins subir cette personne.

On a vu que tout d’abord il fallait prendre conscience que l’on n’est pas une victime et qu’on est responsable de notre bien-être, et que c’est seulement nous, vous, qui pouvez agir pour votre mieux-être.

Et deuxièmement on a vu que ressentir de la compassion c’est la première étape pour moins subir l’autre et pour voir plus clairement dans quelle direction on veut amener cette relation.

Alors bien sûr, il est évident, que certaines relations soient tellement imbriquées dans notre vie, que cela ne va pas être facile ou se faire du jour au lendemain.

Mais plus la relation est compliquée et chargée émotionnellement et plus l’opportunité de vous faire du bien est grande.

Il faut savoir qu’en général on attire certaines personnes dans sa vie, car elles résonnent avec certaines parties de notre personnalité et de notre inconscient.

Si une personne est particulièrement toxique pour vous, c’est qu’elle appuie sur certains boutons dans votre être qui sont particulièrement sensibles.

Comprendre qu’est ce que cette relation vous apporte, vous mettre dans les chaussures de cette personne, essayez de vraiment communiquer avec elle vous permettra d’apprendre beaucoup sur vous même.

Liens
– Article Comment Gérer un Conflit
– Série Confiance en Soi

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Comment Gérer Un Conflit En 3 Étapes

Voilà la question d’une lectrice que j’ai reçu récemment :

J’attends toujours vos courriels et podcasts avec impatience. Je commence tranquillement à pratiquer la méditation et, chaque fois que je lis ou que j’écoute vos messages, ils m’aident à me recentrer sur moi. Petite question: comment utiliser la méditation pour agir sur un conflit vécu dans notre vie personnelle ou au travail?

Écoutez ce podcast pour découvrir comment gérer un conflit

Retranscription de l’audio

Merci, Martine, pour votre question qui concerne pas mal de monde.

On a tous eu un moment dans notre vie où l’on a été en conflit avec quelqu’un.

Ça peut être quelqu’un de la famille, un conjoint, un collègue de travail, un patron, un voisin, etc.

Il arrive un moment où l’on se heurte à une autre personne. Ce conflit risque alors nous distraire, nous stressé, et même parfois nous empoisonner la vie.

Les conflits ont cette capacité à nous faire agir d’une manière que l’on n’aime pas, qui ne nous ressemble pas.

Et il arrive qu’on ait à subir un conflit, pendant des mois, sans savoir comment se sortir de cette situation.

J’aimerais partager avec vous aujourd’hui, 3 éléments à considérer lorsque l’on est dans une situation de conflit.

Ces 3 éléments lorsqu’ils sont compris vont contribuer à débloquer une situation de conflit.

COMMENT GÉRER UN CONFLIT?

I. L’Utilité de la Relation

Parfois on est tellement exaspéré par la personne avec qui on est en conflit qu’on espère qu’elle disparaisse ou qu’elle nous laisse le champ libre, surtout lorsque l’on ressent que l’on n’arrivera jamais à trouver un accord.

Mais voilà dans bien des cas, cela n’est pas possible. Si vous êtes en conflit avec votre conjoint, votre ex ou un collègue de travail, ils ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ils font partie intégrante de votre vie.

La question qu’il faut alors de poser c’est qu’elles seront les conséquences si vous cassez définitivement cette relation.

Si par exemple,vous êtes en conflit avec un collègue de travail, vous pouvez quitter votre travail pour résoudre ce problème.

Mais quelles seraient les conséquences d’un tel choix ?

Se poser cette question nous aide à voir l’utilité de maintenir cette relation.

Que cela soit au travail, relation familiale, avec un ex., il y a la possibilité de tout couper, mais le prix à payer n’en vaut généralement pas la peine.

L’idée c’est d’élargir le champ de vision qui a tendance à se focaliser sur le problème, sur le conflit, et voir la globalité de la situation dans laquelle s’inscrit votre relation avec cette personne.

C’est de voir comment cette situation a aussi des points positifs. Si l’on revient à l’exemple du collègue avec qui on est conflit, il est facile de voir les bénéfices de maintenir ce travail et le revenue stable qui va avec.

Repensez à votre situation particulière. Essayez de voir la globalité de cette situation et les points positifs qui s’y trouvent.

Ça, c’est le premier élément pour commencer à prendre du recul et prendre de la hauteur, par rapport à ce conflit.

II. Se Mettre Dans Ses Chaussures

Pour ce deuxième point, il va falloir utiliser un peu votre imagination et vous mettre à la place de la personne avec qui vous êtes en conflit.

Imaginez être cette personne, imaginez comment étaient ses parents avec elle lorsqu’elle était enfant, son éducation, la culture dans laquelle elle a grandi.

Et même si vous connaissez que très peu cette personne qui peut être un voisin, un patron, ou un client, vous pouvez faire cet exercice.

Utilisez les indices à votre disposition – son allure, sa façon de parler, son apparence physique – pour imaginer son passé et sa perspective des choses.

Il est utile de comprendre que le comportement de cette personne est lié à toute une vie faite d’expériences diverses, et on peut même aller plus loin, à la vie de ses parents. Chacun d’entre nous est modelé par notre vécu et on filtre l’expérience du monde à travers un certain conditionnement.

Lorsqu’une personne agit d’une certaine façon avec vous, ne le prenez pas personnellement. Votre comportement et votre façon d’être sont juste des éléments déclencheurs qui mettent en route son comportement qui est conditionné sur toute une vie et qui n’a rien à voir avec vous.

Prendre ce recul est une attitude que l’on peut développer avec un peu de pratique. Cela permet d’avoir des relations plus apaisée et plus mature,et c’est aussi un précurseur au sentiment de compassion.

Pour résumé, mettez-vous dans les chaussures de cette personne et dites-vous qu’elle agit de la sorte non pas à cause de vous, mais parce qu’elle est aujourd’hui cette personne qui a été modelée par les expériences de sa vie.

III. Apprendre à communiquer

Beaucoup de conflits trouvent leur source dans un problème de communication. En effet, communiquer lorsque l’on n’arrive pas à prendre du recul risque d’être difficile. Car l’on va être sur la défensive, et soit s’effacer totalement et s’en vouloir de ne pas pouvoir s’exprimer, soit au contraire, on va agresser l’autre sans pouvoir ou vouloir l’écouter.

Dans les deux cas, une vraie communication est impossible et le conflit va perdurer.

C’est pourquoi intégrer d’abord les deux éléments précédents va permettre de créer un terrain plus favorable à la communication.

Si l’on est capable de voir la situation dans sa globalité et si l’on fait l’effort de se mettre à la place de l’autre, on se sera plus à même de communiquer intelligemment.

Le secret d’une bonne communication c’est de considérer le point de vue de l’autre tout en communiquant son propre point de vue. C’est d’exprimer ce que l’on ressent sans accabler l’autre.

La communication est un vaste sujet et je vous recommande d’explorer les principes de la communication non violente.

En conclusion

Ces 3 éléments pourront beaucoup aider à sortir d’une situation de conflit. Bien entendu, l’intensité d’un conflit et ses possibles conséquences vont beaucoup varier d’une situation à l’autre, mais dans tous les cas, apprendre à prendre du recul et à mieux communiquer ne pourra que vous aider à sortir grandi de cette épreuve.

Une question ou un commentaire? Merci d’utiliser la zone commentaire ci-dessous.

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Dans Quel Etat d’Esprit Êtes-Vous? « Développement » ou « Fixe »?

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Retranscription du podcast

Selon les traditions orientales, le monde autour de soi et en soi ne cesse de changer. Rien n’est permanent. Tout est évolution. Mieux vaut donc ne pas attacher son bonheur à un concept statique de la vie (« j’ai besoin de ça et de ci pour être heureux ») car tout finit par passer, les personnes comme les possessions. La joie survient lorsque l’on réalise que la vie offre de multiples opportunités de découvrir de nouvelles facettes de soi, d’évoluer. La joie se manifeste dans le développement de l’être plutôt que dans l’accomplissement d’un objectif.

Ce que les enseignements traditionnels ont partagé depuis longtemps, la psychologie tend à le prouver également: fonctionner avec un état d’esprit de développement rend plus heureux que fonctionner avec un état d’esprit fixe. C’est ce que Carol Deck a passé sa vie à observer.

Un livre sous le bras avec pour thème l’importance de l’état d’être

Carol chemine d’un pas léger le long d’un chemin tracé dans le spacieux jardin de l’université de Stanford (Californie) où elle y enseigne la psychologie sociale. Si Carol est ce jour-là d’humeur joyeuse, ce n’est pas uniquement pour le doux soleil d’une après-midi de mai après plusieurs jours de pluie. Elle tient sous son bras un exemplaire d’un livre qu’elle vient de faire publier. Changer d’état d’esprit: une nouvelle psychologie de la réussite (éd. Mardaga) est la synthèse de plus de 20 ans de recherche. Carol a partagé dans ce livre son expérience auprès de milliers d’adultes, d’adolescents et d’enfants. La professeure de psychologie est heureuse de pouvoir partager avec le plus grand nombre ce qu’elle considère fondamental pour notre bien-être: nourrir un état d’esprit de développement. Mais qu’est-ce que c’est au juste?

Selon les recherches de Carol Dweck et de son équipe, il existe deux principaux états d’esprit: un état d’esprit fixe et un état d’esprit de développement (ou d’évolution).

La personne avec un état d’esprit fixe assume que sa personnalité, son caractère, son intelligence et sa capacité de créativité sont des qualités fixes qui ne peuvent pas beaucoup changer. Le succès (ou son absence) va alors être le résultat de la bonne utilisation des qualités inhérentes à cette personne.

Une personne avec un état d’esprit de développement va quant à elle percevoir sa personnalité et ses qualités comme quelque chose à développer et à améliorer. Le succès résulte du fait que cette personne évolue et grandit personnellement.

Carol Dweck écrit dans son livre:

Avec chaque état d’esprit vient une perception spécifique du monde. Avec l’état d’esprit « Fixe », le succès est perçu lorsque l’on arrive à prouver que l’on est intelligent ou talentueux. On a besoin de la validité des autres.

Avec l’état d’esprit « développement », le succès consiste à apprendre quelque chose de nouveau, à évoluer personnellement.

Dans le premier cas de figure, l’échec est de ne pas atteindre son objectif. Avoir une mauvaise note à l’école. Perdre un tournoi. Perdre son travail. Se sentir rejeté. L’échec implique que l’on n’est pas assez intelligent ou talentueux. De plus, devoir faire un effort est perçu comme quelque chose de désagréable, car cela implique que l’on est pas assez talentueux ou intelligent (et cela expose la personne à la possibilité d’un échec).

Dans le second cas de figure, l’échec consiste à stagner et à ne pas évoluer. Ne pas atteindre son potentiel. Faire un effort est dans ce cas l’ingrédient indispensable pour s’améliorer et évoluer.

On peut déjà commencer à voir les limites que l’on risque de s’imposer avec un état d’esprit fixe et donc l’intérêt de développer un état d’esprit d’évolution. Mais allons plus loin, et creusons un peu plus ces deux états d’êtres qui apparaissent dès le plus jeune âge.

On favorise un état d’esprit dès notre plus jeune âge

Dans une de leur recherche, Dweck et ses collègues ont proposé à des enfants âgés de 4 ans un choix: les enfants pouvaient refaire un puzzle facile ou bien en essayer un plus difficile. Comme pour les adultes leur état d’esprit inclinait les décisions. Ceux avec un état d’esprit fixe ont préféré la sécurité, choisissant de refaire le puzzle facile et ainsi réaffirmer leur capacité à réussir. Ceux avec un état d’esprit d’évolution ont choisi le puzzle plus difficile, car ils aimaient l’idée de faire un effort et de découvrir quelque chose de nouveau.

On peut influencer l’état d’esprit d’une personne

Dans une autre étude, cette fois-ci sur des adultes, Dweck a observé le comportement de ces derniers face à des questions difficiles qu’on leur a posées. Les participants devaient répondre à la question de leur mieux, puis on leur donnait la bonne réponse. Dweck a découvert que les participants avec un état d’esprit fixe étaient seulement intéressés par entendre la réponse aux questions auxquelles ils pensaient avoir bien répondu.  Lorsque leur réponse était fausse, ils avaient tendance à décrocher lorsque la bonne réponse était donnée. Ils n’étaient pas intéressés par la bonne réponse lorsqu’il ne l’avait pas trouvé d’eux-mêmes.

À l’opposé, les personnes avec un état d’esprit d’évolution étaient très réceptives aux informations qui pouvaient les aider à étendre leur connaissance. Leur priorité était d’apprendre et non pas d’avoir les réponses justes

L’implication de cette découverte est considérable surtout lorsque l’on l’applique à l’éducation.

Ne pas prendre le risque de décevoir

Dans une autre étude, des centaines d’étudiants, principalement des adolescents, ont eu chacun 10 problèmes, issus d’un test de QI, relativement faciles, puis se sont vus félicités pour leurs résultats. La plupart ont eu de bons résultats.

Les examinateurs les félicitèrent de deux façons différentes. Certains étudiants se sont vu dire « Trés bien! Vous avez eu X bonnes réponses. C’est un très bon score. Vous devez être intelligent pour avoir si bien réussi » et d’autres se sont vu dire « Très bien! C’est un très bon score. Vous devez avoir beaucoup travaillé pour cela. » Donc, certains se sont vu complimenter pour leur aptitude naturelle, leur intelligence et d’autres pour leur capacité de travail.

Et c’est là que cela devient encore plus intéressant. Dweck note:

Les étudiants complimentés sur leur aptitude naturelle ont développé une attitude « fixe ». Lorsque l’on leur a proposé de faire, s’ils le voulaient, un examen plus difficile, ils ont rejeté l’offre. Ils ne voulaient pas prendre le risque de décevoir et d’échouer.

Par contraste, parmi les étudiants complimentés pour leur effort et leur capacité de travail, 90% d’entre eux étaient prêts à essayer un nouveau test plus difficile.

Une personne peut-être influencée dans une direction ou dans une autre (« fixe » ou « développement ») selon son environnement et le feedback qu’elle reçoit. Donc si on a tendance à avoir un état d’esprit fixe il est possible de développer un état d’esprit de développement.

Cette réalisation est d’autant plus importante dans l’éducation des plus petits

Féliciter l’enfant sur ses efforts plutôt que sur ses qualités

Si lorsqu’un enfant agit bien ou réussit avec succès un projet, on le félicite sur ses aptitudes naturelles  (« C’est bien, tu es intelligent »; « C’est bien, tu es doué pour cela »), il risque de remettre en doute ses aptitudes lorsqu’il échoue.

Comme Dweck le note:

Si le succès veut dire que vous êtes intelligent, l’échec ou un succès moindre veut dire que vous n’êtes pas à la hauteur.

Dans ce cas de figure, l’enfant vit l’échec comme une déception (pour lui et pour les autres) et surtout il va se sentir impuissant: « Je ne suis pas assez intelligent pour cela ». Cela va le décourager et il risque de renoncer à faire l’effort pour s’améliorer.

À l’opposé un enfant qui est félicité sur ses efforts ne va pas percevoir l’échec de la même façon.

Il perçoit l’échec comme une indication qu’il doit faire plus d’effort. Il a déjà été récompensé pour ses efforts dans le passé (et il le sait grâce au feedback de ses parents) et donc il va plus facilement trouver la motivation de persévérer lorsqu’il est confronté à une difficulté.

Développer un état d’esprit d’évolution, où le développement des qualités et l’effort sont liés, va donc aider à mieux appréhender la réalité du monde. À une époque où tout change très vite, cet état d’esprit d’ouverture va permettre à l’enfant de s’adapter plus facilement et de vivre plus sereinement les inévitables challenges de la vie.

Ce que Dweck a également découvert c’est que l’état d’esprit non seulement affecte les études et la réussite professionnelle, cela influence également la vie affective.

Un mythe toxique sur l’amour

Une personne avec un état d’esprit fixe croit que leur « âme soeur » va la trouver parfaite et qu’elle sera parfaite. Alors qu’une personne avec un état d’esprit de développement préfère un(e) partenaire qui reconnaîtra ses défauts et ses faiblesses, qui la soutiendra avec amour et l’aidera à grandir personnellement.

L’état d’esprit fixe nourrit un mythe toxique sur l’amour. Celui de l’amour parfait qui ne doit nécessiter aucun effort. Dweck écrit:

L’état d’esprit de développement suppose que tout peut évoluer. Tout – vous, votre partenaire, et la relation amoureuse – est capable de grandir et de changer.

Dans l’état d’esprit fixe, l’idéal est une parfaite, instantanée et perpétuelle compatibilité. Comme si c’était destiné… « et ils vécurent à jamais amoureux. »

L’un des problèmes est que les personnes avec un état d’esprit fixe s’attendent à ce que tout se passe bien automatiquement. Les partenaires ne sont pas censés s’aider à résoudre leurs problèmes. Leurs problèmes se résoudront magiquement grâce à l’amour.

De plus, l’état d’esprit fixe suppose que l’on doit se comprendre avec sa (son) partenaire sans communiquer, que par un regard. Ils ont la croyance que si une relation nécessite un effort alors quelque chose ne va pas.

Dweck note:

Tout comme il n’y a pas de grande réussite professionnelle sans difficulté et effort, il n’y pas de belles histoires d’amour sans conflits et problèmes en cours de chemin.

Après avoir lu cet article, quel état d’esprit aviez-vous tendance à favoriser?

En conclusion

carol dweckComme on l’a vu, il est possible et souhaitable de développer une perception du monde qui embrasse le développement et l’effort comme des valeurs de succès. La pratique de la méditation tend à naturellement nous rendre moins rigides face à la possibilité (parfois la nécessité) du changement. Si vous n’êtes pas encore inscrit à la newsletter, vous pouvez le faire ci-dessous et recevoir ainsi un manuel et des méditations guidées pour vous accompagner dans la méditation. Je vous recommande également de lire le livre de Carol Dweck où vous trouverez des conseils concrets pour développer un état d’esprit de développement.

Sources et note: brainpickings ; Wikipedia Carol Dweck ; image: samuiblue.