Catégories
Podcast Reprendre Confiance en Soi

Je Suis Bloqué

On a parfois le sentiment d’être bloqué. Cela peut être dans un aspect de sa vie: affectif, professionnel, ou encore financier. Ou bien, c’est un sentiment plus global où l’on se sent insatisfait et bloqué dans cette insatisfaction. Cela peut même se traduire physiquement avec une sensation d’oppression.

Il va alors y avoir 2 sentiments qui vont s’entremêler. Une partie de soi espère que le futur apporte les ressources nécessaires pour se sortir de sa situation. En même, temps il y a la crainte d’être trop solidement bloqué dans sa situation actuelle et ne pas pouvoir y faire grand-chose.

Je suis bloqué, que faire?

Dans ce court enregistrement audio, j’essaie de toucher du doigt la source du sentiment d’être bloqué et comment faire pour le dépasser.

Il est recommandé de l’écouter au calme pour pouvoir bien en profiter.

Catégories
Interview Podcast Préparer le Corps

Comment Bien Manger Pour Se Sentir Bien? Entretien avec Jérémy Anso

L’alimentation affecte notre santé physique et mentale. Apprendre à manger d’une manière équilibrée va jouer sur notre niveau de vitalité, sur notre capacité de concentration et par extension sur la qualité de nos méditations.

J’ai invité Jérémy Anso pour qu’il partage avec nous les bases d’une bonne alimentation. Il est l’auteur du blog Dur à Avaler qui en moins de 3 ans est devenu l’un des sites de référence sur la nutrition dans le monde francophone. Chaque mois, plus de 120 000 personnes visitent Dur à Avaler pour y découvrir les clefs pour une alimentation saine.

Comment bien manger?

Dans cet entretien Jérémy :

  • donne les bases d’une bonne alimentation
  • partage des conseils simples et facilement applicables
  • explique comment gérer la faim lorsque l’on essaie de manger moins ou différemment

Il nous parle aussi du jeune intermittent :

  • Qu’est-ce que le jeune intermittent
  • Quels sont ses bienfaits?
  • Comment le mettre en place?

jeremy-anso

Jérémy nous dit aussi à quoi doit ressembler votre assiette (ratio légumes / autres aliments).

Notes

Blog de Jérémy Anso: Dur à avaler

Articles concernant le jeûne intermittent

Photographie illustration article: Arman Zhenikeyev.

Catégories
Juste Pour Partager

« Mon Coeur Commence à Gronder »

Parfois j’ai l’impression que mon être est en train de me tirer vers l’avant. Il veut aller plus vite. Il s’impatiente. Je ressens ce point de traction surtout au niveau de la poitrine.

Le coeur semble manquer d’espace et vouloir pousser vers l’extérieur. Il désire plus. Plus de rencontres, plus de succès, plus de confort… Et il est prêt à y aller sans moi.

Mais moi je reste là passif. Je suis juste témoin de cette force qui s’agite en moi. J’attends que cela passe.

Je reste là soucieux de respirer. Je sais que devant il n’y a rien de plus. Je sais que l’espace reviendra naturellement lorsque mon être sera à nouveau apaisé.

Chaque respiration semble caresser mon coeur qui finit par se calmer. Mais ce calme est seulement temporaire. Il suffit que je détourne mon attention du flot du souffle et que je me perde à nouveau dans le monde de la pensée, et alors, la passivité consciente, celle qui observe, se transforme en crispation.

Les ressentis du corps s’atténuent, et peu à peu je ne suis plus qu’une tête pensante. Jusqu’à ce que de nouveau mon coeur commence à gronder et me ramène aussitôt à la fragilité de mon être.

Le souffle se fraye un chemin jusqu’à ma conscience. Je le ressens maintenant animer mon corps. Mon coeur s’apaise à nouveau, mais n’est jamais dompté.

Catégories
Bienfaits de la méditation

S’asseoir Immobile Est le Plus Grand Voyage

« Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. » – Gandhi

Pico Iyer est un amoureux du voyage. À l’âge de 18 ans, il trouve un travail de serveur qui lui permet de voyager à travers les 5 continents. Puis, il est devenu chroniqueur touristique: il écrit pour des revues de voyage et il a publié plusieurs livres sur ses péripéties à travers le monde.

À travers ses nombreux voyages, Pico a ressenti qu’il avait besoin de trouver de l’espace en lui pour pouvoir réellement apprécier la beauté alentours. Comme il le note « Emmenez un homme en colère dans l’Himalaya, il se plaindra de la nourriture. »

C’est ainsi qu’il a découvert que « la meilleure façon de développer un sens de l’attention, de l’appréciation, était, bizarrement, de n’aller nulle part, de juste rester immobile. »

L’essayiste britannique, d’origine indienne, continue aujourd’hui à voyager à travers le monde et surtout à prendre le temps de s’asseoir immobile et en silence pour pouvoir réellement apprécier la vie du quotidien ainsi que ses voyages.

Dans cette vidéo, Pico parle de son amour pour le voyage et de son expérience avec la méditation.

Note: Les sous-titres en français sont activés. Si vous regardez la vidéo sur un smartphone, il se peut que cela ne montre pas les sous-titres. Dans ce cas, vous trouverez sous la vidéo la retranscription, dans son intégralité, de la présentation.

Retranscription en français

0:11 – J’ai toujours été un voyageur. Même tout jeune, j’avais calculé qu’il serait moins cher d’aller dans un internat en Angleterre que dans la meilleure école près de mon domicile en Californie. Donc, dès l’âge de neuf ans, je survolais, seul, plusieurs fois par an le Pôle Nord, juste pour aller à l’école. Et bien sûr, plus je voyageais, plus j’aimais ça. Et donc, dès la semaine qui a suivi l’obtention de mon baccalauréat, j’ai trouvé un travail de serveur afin de pouvoir passer chaque saison de ma 18e année dans un continent différent. Et ainsi, presqu’inévitablement, je suis devenu chroniqueur touristique, ma passion et mon métier étaient réunis. J’ai commencé à penser que, si j’étais assez chanceux pour visiter les temples du Tibet illuminés par des bougies ou pour me promener le long du front de mer à La Havane, avec toute cette musique autour de moi, je pourrais rapporter ces sons, ces immenses ciels d’un bleu cobalt et le scintillement des océans à mes amis au pays, rapporter cette magie et cette clarté dans ma propre vie. Sauf que, comme vous le savez tous, une des premières choses que vous apprenez en voyageant est que la magie n’est nulle part sauf si vous la cherchez. Emmenez un homme en colère dans l’Himalaya, il se plaindra de la nourriture. Et j’ai découvert que la meilleure façon de développer un sens de l’attention, de l’appréciation, était, bizarrement, de n’aller nulle part, de juste rester immobile. Bien sûr, rester immobile est la manière dont nombre d’entre nous agissent quand nous avons besoin d’une coupure dans nos vies trépidantes. Mais c’était aussi la seule façon que j’ai trouvée pour examiner le diaporama de mes expériences et donner un sens au futur et au passé. Et, à ma grande surprise, j’ai découvert que n’aller nulle part était aussi excitant que d’aller au Tibet ou à Cuba. En n’allant nulle part, je ne veux dire rien d’autre que prendre quelques minutes chaque jour, ou quelques jours chaque saison, ou même, comme certains font, quelques années dans une vie, pour rester immobile assez longtemps pour découvrir ce qui vous touche le plus, pour vous rappeler où se trouve le vrai bonheur, pour vous rappeler que, quelquefois, on peut perdre sa vie à la gagner.

02:53 – Bien sûr, c’est que les sages nous ont appris, à travers les siècles et dans chaque culture. C’est une idée ancienne. Il y a plus de 2 000 ans, les Stoïciens nous rappelaient que ce n’était pas l’expérience qui faisait nos vies, c’est ce que nous en faisions. Imaginez un ouragan balayant tout d’un coup votre ville et détruisant tout sur son passage. Quelqu’un peut en être traumatisé à vie. Mais quelqu’un d’autre, peut-être même son frère, peut se sentir libéré, et décider que c’est l’opportunité de commencer une nouvelle vie. C’est le même événement, mais des réponses radicalement différentes. Rien n’est bon ou mauvais en soi, comme Shakespeare nous l’a dit dans Hamlet, tout dépend de ce que l’on en pense. C’est à coup sûr mon expérience de voyageur. Il y a 24 ans, j’ai fait mon voyage le plus compliqué à travers la Corée du Nord. Mais le voyage a duré quelques jours. J’ai essayé de le laisser là, dans ma tête, en y revenant, en essayant de le comprendre, de lui trouver une place dans ma pensée. Cela dure déjà depuis 24 ans et durera probablement toute ma vie. En d’autres mots, ce voyage m’a offert des images magnifiques, mais ce n’est qu’en restant immobile que ça a permis de les transformer en souvenirs durables. Je pense parfois qu’une telle part de notre vie se passe dans notre tête, souvenir, imagination, interprétation ou spéculation, que si je voulais changer ma vie, je ferais mieux de commencer par changer mon esprit. Encore une fois, rien de tout ça n’est nouveau. C’est ce que Shakespeare et les Stoïciens nous ont dit il y a des siècles, mais Shakespeare n’avait pas 200 courriels à traiter par jour. (Rires) Les Stoïciens, à ma connaissance, n’étaient pas sur Facebook. Nous savons tous que, dans nos vies « à la demande », une des choses les plus sollicitées est nous-mêmes. Où que nous soyons, à toute heure du jour et de la nuit, nos patrons, les spammers, nos parents peuvent nous joindre. Les sociologues ont découvert que, dans les dernières années, les Américains travaillaient quelques heures de moins qu’il y a 50 ans, mais avaient l’impression de travailler plus. Nous avons de plus en plus d’outils pour gagner du temps, mais parfois, on dirait qu’on a de moins en moins de temps. Nous pouvons entrer en contact de plus en plus facilement, depuis les endroits les plus perdus, mais parfois, dans ce mouvement, nous perdons contact avec nous-mêmes. Une de mes plus grandes surprises de voyageur a été de découvrir que les plus à même de voyager avaient l’intention de rester chez eux. En d’autres termes, ce sont précisément ceux qui ont créé les technologies qui dépassent tellement de limites des anciens temps, qui sont les plus enclins à avoir besoin de limites, même en matière de technologies. Je suis allé une fois au siège de Google et j’ai vu toutes les choses dont vous avez entendu parler, les serres intérieures, les trampolines, les salariés dont 20% du temps de travail était libre afin de laisser leur imagination divaguer. Mais ce qui m’a encore plus impressionné, c’est au moment où j’attendais mon badge électronique, un Googler me parlait du programme qu’il était sur le point de lancer pour apprendre aux très nombreux Googlers qui pratiquaient le yoga, à en devenir professeurs, un autre me parlait du livre qu’il allait écrire sur le moteur de recherche interne, et la manière dont la science avait montré empiriquement que rester immobile, ou méditer, pouvait entraîner non seulement une santé meilleure ou une pensée plus limpide, mais aussi une intelligence émotionnelle. J’ai un autre ami dans la Silicon Valley qui est vraiment l’un des orateurs les plus éloquents sur les dernières technologies, c’est l’un des fondateurs du magazine Wired, Kevin Kelly. Kevin a écrit son dernier livre sur les nouvelles technologies sans smartphone, ni ordinateur portable, ni télévision chez lui. Et, comme beaucoup dans la Silicon Valley, il essaye d’observer vraiment sérieusement ce qu’il appelle un « Sabbath d’Internet », où pendant 24 ou 48 heures par semaine, il se déconnecte complètement afin de concentrer son sens de l’orientation et de la proportion dont il a besoin quand il se reconnecte. S’il y a peut-être une chose que la technologie ne nous a pas donnée, c’est un sens pour utiliser sagement la technologie. Quand on parle de « sabbath », regardez les Dix Commandements – il n’y a qu’un seul mot associé à l’adjectif « divin », et c’est « sabbath ». J’ai pris la Torah — son plus long chapitre est celui sur le sabbath. Nous savons que c’est vraiment un de nos plus grands luxes, l’espace vide. Dans beaucoup de morceaux de musique, c’est la pause ou la respiration qui lui donne sa beauté et sa structure. Moi-même, en tant qu’écrivain, ça m’arrive souvent de laisser beaucoup d’espace sur la page pour que le lecteur puisse compléter mes pensées, mes phrases, et que son imagination ait la place de respirer.

08:24 – Bien sûr, sur le plan physique, de nombreuses personnes, si elles le peuvent, vont chercher une maison secondaire à la campagne. Je n’en ai jamais eu les moyens, mais je me rappelle parfois que, quand je le décide, je peux avoir une résidence secondaire dans le temps, à défaut de l’espace, rien qu’en prenant une journée de congé. Bien sûr, ça n’est jamais simple, puisqu’à chaque fois, je passe la plupart du temps à m’inquiéter de tout ce travail que j’aurais à traiter à mon retour. Je me dis parfois que je préférerais arrêter la viande, le sexe ou le vin plutôt que la lecture de mes courriels. (Rires) A chaque saison, j’essaie de prendre trois jours de retraite mais une part de moi se sent coupable de laisser ma pauvre femme seule, d’ignorer tous ces courriels apparemment urgents de mes patrons, de peut-être rater l’anniversaire d’un ami. Mais dès que j’arrive à un endroit vraiment tranquille, je réalise que ce n’est qu’en étant là que j’aurai quelque chose de nouveau, de créatif ou de joyeux à partager avec ma femme, mes patrons ou mes amis. Autrement, à coup sûr, je leur imposerai ma fatigue ou ma distraction, ce qui n’est pas du tout une bénédiction.

09:37 – Quand j’ai eu 29 ans, j’ai décidé de refaire ma vie, sous cet éclairage de l’immobilité. Un soir, je rentrais du bureau, il était plus de minuit, j’étais dans un taxi, à Times Square, et j’ai soudain réalisé que j’allais tellement vite que je ne pourrais jamais rattraper ma vie. Ma vie, à cette époque, est plutôt celle dont j’aurais pu rêver quand j’étais enfant. J’avais des amis et des collègues vraiment intéressants, j’avais un bel appartement à l’angle de Park Avenue et de la 20e. A mes yeux, j’avais le travail fascinant d’écrire sur les affaires du monde, mais je n’arrivais pas à me séparer suffisamment d’eux pour m’entendre penser — ou plutôt, pour déterminer si j’étais vraiment heureux. J’ai donc abandonné ma vie de rêve pour une petite chambre dans les bas-fonds de Kyoto, endroit qui avait depuis longtemps exercé une forte attirance, vraiment mystérieuse, sur moi. Même enfant, juste en regardant un tableau de Kyoto, j’avais l’impression de le reconnaître, je le connaissais avant de l’avoir vu. Mais comme vous le savez tous, c’est une belle ville entourée de collines, avec plus de 2 000 temples et tombeaux, où les gens habitent depuis plus de 800 ans. Dès que j’ai emménagé là, je me suis retrouvé là où je suis toujours avec ma femme, autrefois mes enfants, dans un deux-pièces au milieu de nulle part où nous n’avons ni vélo, ni voiture, ni de chaîne télé que je comprenne, mais je dois toujours subvenir aux besoins de mes proches, comme chroniqueur et journaliste. Donc clairement, ce n’est pas l’endroit idéal pour booster ma carrière ni pour m’enrichir culturellement, ni pour m’épanouir socialement. Mais j’ai réalisé que cela me donnait ce à quoi j’attribue la plus grand valeur : les journées et les heures. Je n’ai jamais eu à me servir d’un téléphone portable là-bas. Je n’ai presque jamais besoin de regarder l’heure, et chaque matin au réveil, la journée s’étire littéralement devant moi comme un champ sans limite. Et quand la vie produit une de ses mauvaises surprises, ou en produira, plus d’une fois, quand un médecin vient me voir, le visage grave, quand une voiture me fait une queue de poisson sur l’autoroute, je sais, au fond de moi, que c’est le temps que j’ai passé immobile qui me fortifiera, beaucoup plus que celui que j’ai passé à courir au Bhoutan ou sur l’Île de Pâques.

12:17 – Je serai toujours un voyageur — c’est mon gagne-pain — mais l’une des beautés du voyage est qu’il vous permet d’apporter de l’immobilité au milieu du mouvement perpétuel du monde. Une fois, à bord d’un avion, à Francfort, une jeune femme allemande s’est assise à côté de moi et a démarré une conversation très amicale, qui a duré presque 30 minutes, puis elle s’est retournée et n’a plus bougé pendant 12 heures. Elle n’a jamais allumé son écran, elle n’a pas sorti de livre, elle ne s’est même pas endormie, elle est juste restée immobile, et un peu de sa clarté et de son calme s’est vraiment transmis en moi. J’ai remarqué que, de nos jours, de plus en plus de gens agissent volontairement pour ouvrir un espace dans leurs vies. Des gens vont dans des résidences « trous noirs », où ils payent des centaines de dollars la chambre, après avoir confié leurs téléphones et leurs ordinateurs portables à la réception à leur arrivée. Je connais des gens qui, juste avant d’aller se coucher, au lieu de relever leurs messages ou de regarder YouTube, éteignent les lumières et écoutent un peu de musique. Elles ont remarqué qu’elles dormaient beaucoup mieux, et se réveillaient plus dispos. J’ai eu la chance une fois de rouler dans les hautes et sombres montagnes derrière Los Angeles, où le grand poète et chanteur, et idole internationale, Leonard Cohen a habité et travaillé pendant tant d’années, comme un moine à temps plein, au Mt. Baldy Zen Center. Je n’ai pas été complètement surpris quand le disque qu’il a sorti à l’âge de 77 ans, auquel il avait délibérément donné le titre peu accrocheur de « Vieilles Idées », est devenu n°1 dans les charts de 17 pays dans le monde, et est entré dans le Top 5 dans 9 autres. Je pense qu’il y a quelque chose en nous qui en appelle à ce sens d’intimité et de profondeur que nous trouvons chez des gens comme lui, qui prennent le temps et le soin de rester immobile. Je pense que beaucoup ont la sensation, en tout cas, c’est mon cas, de se trouver à 2 centimètres d’un écran géant, bruyant, surpeuplé, changeant à chaque seconde, et que cet écran est notre vie. Ce n’est qu’en reculant, et en reculant encore plus, et en restant immobile, que nous commençons à voir ce que ce motif signifie, à comprendre la vue globale. Quelques personnes le font pour nous en n’allant nulle part.

14:52 – Dans une époque d’accélération, rien n’est plus excitant que d’aller lentement. Dans une époque de distractions, rien n’est plus précieux que de prêter attention. Dans une époque de perpétuel mouvement, rien n’est plus urgent que de rester immobile. Si vous passez vos prochaines vacances à Paris, Hawaï ou la Nouvelle-Orléans, je suis sûr que vous passerez de très bons moments. Mais si vous voulez revenir vivant et plein d’espoirs nouveaux, amoureux du monde, je pense que vous devriez essayer de penser à n’aller nulle part. Merci (Applaudissements)

Voilà quelques morceaux choisis de la présentation de Pico Iyer

Une des premières choses que vous apprenez en voyageant est que la magie n’est nulle part sauf si vous la cherchez. Emmenez un homme en colère dans l’Himalaya, il se plaindra de la nourriture. Et j’ai découvert que la meilleure façon de développer un sens de l’attention, de l’appréciation, était, bizarrement, de n’aller nulle part, de juste rester immobile.

Il y a plus de 2 000 ans, les Stoïciens nous rappelaient que ce n’était pas l’expérience qui faisait nos vies, c’est ce que nous en faisions.

Je pense parfois qu’une telle part de notre vie se passe dans notre tête, souvenir, imagination, interprétation ou spéculation, que si je voulais changer ma vie, je ferais mieux de commencer par changer mon esprit.

Nous avons de plus en plus d’outils pour gagner du temps, mais parfois, on dirait qu’on a de moins en moins de temps. Nous pouvons entrer en contact de plus en plus facilement, depuis les endroits les plus perdus, mais parfois, dans ce mouvement, nous perdons contact avec nous-mêmes.

Nous savons que c’est vraiment un de nos plus grands luxes, l’espace vide. Dans beaucoup de morceaux de musique, c’est la pause ou la respiration qui lui donne sa beauté et sa structure.

dès que j’arrive à un endroit vraiment tranquille, je réalise que ce n’est qu’en étant là que j’aurai quelque chose de nouveau, de créatif ou de joyeux à partager avec ma femme, mes patrons ou mes amis. Autrement, à coup sûr, je leur imposerai ma fatigue ou ma distraction, ce qui n’est pas du tout une bénédiction.

Un soir, je rentrais du bureau, il était plus de minuit, j’étais dans un taxi, à Times Square, et j’ai soudain réalisé que j’allais tellement vite que je ne pourrais jamais rattraper ma vie. Ma vie, à cette époque, est plutôt celle dont j’aurais pu rêver quand j’étais enfant. J’avais des amis et des collègues vraiment intéressants, j’avais un bel appartement à l’angle de Park Avenue et de la 20e. A mes yeux, j’avais le travail fascinant d’écrire sur les affaires du monde, mais je n’arrivais pas à me séparer suffisamment d’eux pour m’entendre penser — ou plutôt, pour déterminer si j’étais vraiment heureux.

Et quand la vie produit une de ses mauvaises surprises, ou en produira, plus d’une fois, je sais, au fond de moi, que c’est le temps que j’ai passé immobile qui me fortifiera.

Dans une époque d’accélération, rien n’est plus excitant que d’aller lentement. Dans une époque de distractions, rien n’est plus précieux que de prêter attention. Dans une époque de perpétuel mouvement, rien n’est plus urgent que de rester immobile.

Lire aussi du même auteur une mâtinée avec le Dalai Lama.

Catégories
Gérer le stress Interview Podcast Trouver Sa Voie

Gérer Le Burn-Out et Trouver sa voie – Entretien avec Patrice Savin

J’ai connu Patrice Savin, car il a suivi le programme Méditer Aujourd’hui. Il m’a parlé de son burn-out professionnel, et de comment il a petit à petit redonné du sens à sa vie. Aujourd’hui, Patrice s’occupe avec sa femme d’un gîte, la Huberderie, où sont régulièrement proposés des stages et des conférences axés sur le développement personnel.

Dans cet entretien audio, Patrice partage avec nous son parcours et les étapes qui lui ont permis d’aller d’un employé stressé et malheureux, à un mode de vie harmonieux et équilibré.

Le Burn Out sur YouTube

Voilà quelques-uns des points que l’on aborde ensemble:

Dépasser le burn-out

Comment fait-on pour quitter un emploi fixe?

Patrice nous parle de son burn-out qui s’est installé graduellement à cause de la charge de son travail.

« Pendant 2-3 ans, je savais que je ne pouvais pas continuer comme ça, mais je ne savais pas comment m’arrêter. »

Il explique que son corps a souffert de son burn-out: fatigue, manque de sommeil, étourdissements, acouphènes, malaise régulier, perte de 7 kg.

Sa prise de conscience?

« Je ne peux pas continuer à mettre en péril mon couple, ma famille, et mes enfants pour mon travail. »

Patrice a été arrêté et cette période lui a permis de prendre conscience que « si je ne m’aimais pas moi-même, les autres ne pouvaient pas m’aimer. » Il a alors pris le temps de faire le point.

« J’ai recontacté le petit garçon qui était en moi et que je n’avais pas écouté pendant des années. »

Il décide alors de s’occuper de lui-même en faisant des choix apparemment anodins, mais qui ont grandement affecté la qualité de sa vie comme ne plus regarder les infos du soir, reprendre le temps de bien se faire à manger. Il a aussi repris le yoga et la méditation.

« Quand je me lève le matin je suis content. Avant je me réveillais j’avais pleins de trucs dans la tête… j’ai maintenant la possibilité de dire stop. »

Catégories
Persévérer Dans la Méditation Préparer le Mental

Les 3 Grosses Erreurs Qui Rendent le Changement Difficile

Méditer régulièrement, faire du yoga, du sport, manger autrement nécessite souvent un changement dans le quotidien qui n’est pas toujours facile à mettre en place.

Mauvaise gestion du changement?

Beaucoup de personnes veulent changer et essaient de le faire, mais sans succès. Et, ce n’est pas à cause d’un problème de discipline ou de volonté, comme on pourrait le penser. Ces tentatives de changement manquées sont surtout dues au fait que ces personnes ne savent pas comment changer. Elles font invariablement une ou plusieurs de ces 3 erreurs.

1. Elles ne changent pas l’environnement de leur habitude

On s’en remet surtout sur la volonté pour changer une habitude (arrêter de fumer, ne plus manger entre les repas…), mais cela ne suffit généralement pas. Il est tout aussi important de changer votre environnement. Faites en sorte que votre cadre de vie soutienne votre objectif.

Si par exemple, vous décidez de commencer à faire du footing le matin, préparer vos affaires – tennis et tenue de sport – dès la veille. Préparez à l’avance votre itinéraire. Couchez-vous plus tôt si possible et prévoyez un petit déjeuner adéquat avant d’aller courir.

L’idée est de faciliter au mieux l’aspect difficile (dans cet exemple, se lever et aller courir) en agissant sur des petits détails simples à mettre en place.

Dans votre cas, comment pourriez-vous préparer votre environnement pour atteindre votre objectif? Une autre façon d’y répondre, c’est de vous demandez qu’elles peuvent êtres les obstacles pratiques à votre projet et ce que vous pouvez faire pour les contourner.

2. Elles ne veulent pas être inconfortables

Le changement d’habitude est par nature inconfortable. Avant de se lancer dans un changement, il est important de le réaliser et de se préparer à sortir de sa zone de confort. Reprendre le sport peut être inconfortable aux débuts (courbature, essoufflement), mais c’est normal et surtout cela ne dure pas.

sharma

Il est conseillé d’aller à petits pas dans le changement pour limiter les périodes d’inconfort. Mais tous les cas, il est important d’accepter, et même d’embrasser, cette période d’inconfort, car elle indique que les changements sont en train de se mettre en place.

3. Elles vont trop vite

La période des projets peut créer un certain degré d’optimisme qui risque de nous faire aller trop vite dans la mise en place du changement. Il est en effet excitant et motivant de se dire que l’on va se mettre à tel sport (et devenir musclé ou perdre du poids dans le processus), commencer à écrire un livre, ou épargner une certaine somme pour un futur voyage. Cet enthousiasme à nous voir concrétiser tel ou tel projet risque de nous faire démarrer bien trop vite: « Je vais désormais me lever tous les jours à 6h du matin pour méditer puis aller faire un footing »; « je mets de côté 20% de mon salaire dès le mois prochain »

On voit tout de suite comment commencer de la sorte, est voué à l’échec. C’est trop d’un coup!

Commencez bien plus petit. cela offre de nombreux avantages:

  • L’inconfort du changement sera moins contraignant.
  • Cela permet de sortir de son inertie et de commencer à changer.
  • Cela évite de consumer tout son enthousiasme et d’abandonner prématurément.
  • Cela rend le changement plus accessible et moins intimidant.
  • Cela efface les raisons et les excuses de ne pas changer.

Vous pouvez par exemple commencer par méditer 2 minutes par jour, sortir de la maison et alterner marche et courses pendant 10 minutes, manger un légume par jour, fumer une cigarette de moins par jour.

En comprenons et en contournons ces 3 erreurs vous pourrez bien plus facilement mettre en place vos changements.

socrates

Persévérer dans ces changements

Invariablement, lorsqu’un changement est en train de se mettre en place, on risque de faire face à des obstacles et à des doutes. Dans l’entretien Faire face à nos doutes, je discute avec Jean-Luc Hudry des moyens pour dépasser ces caps difficiles.

Des questions ou commentaires, c’est ci-dessous!

Si vous n’êtes pas encore inscrit à la newsletter du blog, vous pouvez le faire ci-dessous et télécharger entre autres une méditation guidée sur comment mieux gérer son stress.

Source: zenhabits.net ; image http://mariashriver.com

Catégories
Bien-être Physique Bonne Posture de Méditation

Comment Votre Posture Transforme Votre Niveau de Vitalité

Notre posture – notre façon de nous tenir – est importante pour bien profiter de sa séance de méditation. Une bonne posture permet de mieux respirer et de rester immobile plus facilement. Dans comment s’asseoir sur une chaise pour méditer, vous trouverez les bases pour une bonne posture assise.

Développer une bonne posture est non seulement important pour nos séances de méditation, cela est également important pour notre niveau de vitalité. En effet, une mauvaise posture risque de créer fatigue et douleurs. De plus notre façon de nous tenir affecte aussi notre état d’être et notre rapport aux autres.

En tant que chiropraticien, j’ai pu constater comment l’amélioration de la posture d’une personne contribuait à son bien-être. On va découvrir dans cet article comment la posture affecte le corps et le mental, et l’importance de développer une posture équilibrée et dynamique.

« Redresse-toi! »

Quel enfant n’a pas reçu un jour une tape sur le dos accompagnée d’un « redresse-toi ! » ? Pourquoi une personne marchant la tête droite présente-t-elle une meilleure allure que quelqu’un qui avance courbé ? Si, intuitivement, on a conscience de l’importance de la posture, on ne connaît pas forcément le rôle qu’elle tient sur notre niveau d’énergie.

Faire face à la gravité

L’une des principales fonctions du cerveau est de maintenir l’être humain dans une posture debout, luttant continuellement contre la force de gravité. En effet, le cervelet, qui contient plus de la moitié des neurones, a pour fonction le contrôle de l’équilibre, la posture, le tonus musculaire et la coordination des mouvements volontaires(1). Le système nerveux central assume donc la délicate tâche d’harmoniser la contracture des cinq couches musculaires du dos, allant des muscles entre les vertèbres jusqu’aux larges muscles plus en surface. Cette fonction demande une quantité importante d’énergie. Les déséquilibres posturaux affectent cette bonne coordination nécessitant davantage de travail de la part du cerveau, qui sollicite donc plus de ressources énergétiques et prive ainsi la personne de « fuel » pour les autres activités.

Des asymétries gourmandes en énergie

Quelles sont les postures qui risquent d’entraîner un manque de vitalité ?

Face à un miroir, debout, le corps relâché, observez la façon de vous tenir. Avez-vous une épaule qui paraît plus haute d’un côté ? Le bassin penche-t-il à droite ou à gauche ? Reste-t-il centré ?

En se regardant dans un miroir, on peut observer ses déséquilibres posturaux.
En se regardant dans un miroir, on peut observer ses déséquilibres posturaux (illustration de droite).

Une asymétrie des épaules, par exemple, peut refléter une déviation latérale de la colonne vertébrale. La tonicité des muscles intrinsèques (les muscles qui relient les vertèbres entre elles) est différente d’un côté à l’autre. Un excès de tension musculaire va, dans ce cas, « tirer » le corps dans une direction. Ces contractures musculaires sont souvent continues et consomment de l’énergie.

Même la nuit, cette situation persiste et amène souvent une mauvaise récupération durant le sommeil. Si l’on observe une personne de côté, la position de sa tête sur son buste donne une indication importante sur la qualité de sa posture.

De profil, le centre de l’oreille doit être aligné avec le centre de la cheville. En effet, si la tête et le cou glissent en avant par rapport au reste du corps, cela risque d’enrôler davantage les muscles du cou et les trapèzes. Ce type de posture suscite parfois des tensions et des douleurs dans les cervicales, ainsi que des maux de tête. Cette translation en avant de la tête accompagne souvent des épaules qui roulent également vers l’avant, avec une augmentation de la courbe du haut du dos. Cette dynamique limite l’expansion de la cage thoracique. Il devient alors plus difficile de respirer profondément. Il en résulte un moindre apport en oxygène et donc un métabolisme qui ne fonctionne pas dans les meilleures conditions.

Un langage inconscient

Une posture fermée semble dire « Je n’ai pas envie d’interagir avec mon entourage. »
Une posture fermée semble dire « Je n’ai pas envie d’interagir avec mon entourage. »

Mais si ces déséquilibres affectent le corps, ils se répercutent également sur le mental et le rapport avec les autres. Notre posture révèle notre état d’esprit… qui n’échappe pas à notre entourage. Lorsqu’une personne présente une posture ‘fermée’, c’est-à-dire que sa tête, son cou et ses épaules tombent en avant, cela signifie qu’elle semble vouloir se protéger d’un environnement perçu comme hostile. Une étude effectuée en Angleterre (2) nous apprend que l’observation de la posture permet aux professionnels de la santé de dépister un sentiment de détresse chez des personnes qui autrement ne présentent pas de symptômes apparents.

Cette attitude posturale se répercute également sur la communication non verbale. Elle semble dire : « Je n’ai pas envie d’interagir avec mon entourage. » À l’université du Kentucky, des chercheurs ont voulu déterminer l’impact de la posture des médecins sur la satisfaction des patients (3).

Sans surprises, un médecin présentant une posture fermée était moins apprécié de la part des malades. Notre posture semble donc se répercuter sur notre état de vitalité, sur notre moral, mais aussi sur la qualité de nos échanges avec les autres. Face à de telles conséquences, il est important de comprendre l’origine de ces déséquilibres.

Pourquoi développe-t-on une mauvaise posture?

Insidieuses ou traumatiques, les causes sont nombreuses. L’origine des altérations de la posture reste multiple. L’individu occidental n’a jamais été aussi sédentaire. Que ce soit au bureau ou devant la télévision, les positions adoptées favorisent une mauvaise tenue du corps.

L'utilisation intensive des smartphones contribue à une mauvaise posture si l'on ne fait pas attention.
L’utilisation intensive des smartphones contribue à une mauvaise posture si l’on ne fait pas attention.

Les accidents, la pratique intensive d’un sport ou encore un travail nécessitant des gestes répétitifs risquent également d’affecter l’équilibre du squelette. À cela s’ajoute le stress qui, en augmentant les tensions du corps, cause des compensations posturales.

Notre façon de nous tenir reflète alors notre vécu passé et nos gestes quotidiens. 

Si, pour beaucoup, les modifications de la posture s’inscrivent sur des années, cette situation peut néanmoins changer. En effet, dans la majorité des cas, ces asymétries sont généralement plus d’ordre fonctionnel que structurel. Il reste évident que plus le déséquilibre est sévère et ancien, plus la posture se « solidifie », avec des changements au niveau articulaire, ligamenteux et tendineux. Mais le corps peut réapprendre à adopter une meilleure position. Il existe plusieurs moyens d’améliorer la posture. S’il n’en existe pas de parfaites – chaque individu reste unique, avec parfois de légères asymétries – on peut considérablement renforcer sa santé et son niveau de vitalité en travaillant sur un bon port du corps.

Améliorer naturellement sa posture

En s’adressant à la source du déséquilibre, au niveau de l’axe vertébral, la chiropratique et l’ostéopathie permettent d’améliorer les problèmes de posture chroniques. Pour les déséquilibres moins prononcés, la pratique du Yoga ou du Pilates va aider à installer une saine posture.

Le rapport au corps et à sa posture est, on l’a vu, également important pour bien méditer. C’est pourquoi dans l’école Méditer Aujourd’hui, vous trouverez une série d’exercices visant à graduellement améliorer la posture.

En conclusion

S’occuper de sa posture va non seulement améliorer notre niveau d’énergie, mais favoriser également une apparence qui « respire » la santé et l’ouverture aux autres.

Sources : (1) The Human Brain : An Introduction to its Functional Anatomy. John Nolte, Mosby, 1993. ; (2) A. Howe, « Detecting psychological distress : can general practitioners improve their own performance ? » Br. J. Gen Pract. 1996. ; (3) Charles H Griffith, III, MD, MSPH, John F Wilson, PhD, Shelby Langer, PhD, and Steven A Haist, MD, MS. « House Staff Nonverbal Communication Skills and Standardized Patient Satisfaction » J Gen Intern Med., 2003. ; Illustration: Jad Farhat

Catégories
Bienfaits de la méditation

Est-ce Que Méditer En Vaut Vraiment la Peine?

Est-ce que méditer vaut vraiment la peine? C’est la question que l’on a posée à Markham Heid. Markham est journaliste scientifique d’investigation et également cycliste et triathlonien. Il a publié sa réponse dans Time magazine.

Sa réponse?

« Absolument! »

Markham note tout d’abord que la « méditation » est un terme généraliste pour de nombreuses techniques. Il est rejoint par le Dr Andrew Newberg (qu’il a interviewé), chercheur en neurologie au Thomas Jefferson University Hospital et auteur du livre Words Can Change Your Brain (les mots peuvent changer votre cerveau), qui note qu’il y a des centaines de différentes approches à la méditation.

Selon le Dr Andrew Newberg, toutes les pratiques de méditation, aussi variées soient-elles, ont au moins un point en commun: elles nécessitent de focaliser votre attention.

Le Dr Newberg note:

La focalisation de l’attention peut se faire sur un mot ou sur un objet (la flamme d’une bougie) ou sur un mouvement (la respiration). Mais peu importe l’objet de l’attention, cela active le lobe frontal du cerveau qui est impliqué dans la concentration, la planification, la communication et d’autres fonctions comme la résolution de problèmes.

Markham précise que des études scientifiques ont montré que la pratique de la méditation pouvait améliorer toutes ces fonctions mentales. Mais, il ajoute:

Le plus grand bienfait semble venir de l’interaction entre le lobe frontal du cerveau et sa partie plus instinctive, le système limbique qui gère les émotions et régule la sécrétion des hormones de stress et de relaxation.

La méditation semble en effet réduire l’état d’extrême vigilance du corps ainsi que le flot d’hormones favorisant le stress. « La réponse émotionnelle est également adoucie » explique le Dr Newberg.

Tout comme la musculation permet à vos muscles de porter des charges plus lourdes, travailler votre attention avec la méditation semble fortifier la capacité du cerveau à porter la charge émotionnelle du quotidien.

Du fait que la méditation réduit les effets du stress, elle contribue à améliorer le moral et à diminuer les problèmes de coeur, d’insomnie et de dépression.

Le Dr Newberg ajoute qu’il y a également des preuves suggérant que la méditation calme la partie du cerveau gérant la notion de soi et des autres.

Il note:

Cela peut sembler comme une mauvaise chose, mais cet apaisement peut vous aider à vous sentir plus connecté avec les autres et moins isolé dans votre bulle.

En conclusion Markham réitère les grands bienfaits de la méditation, et nous invite à trouver une méthode qui nous convient, car comme il le précise, l’important est d’apprécier le processus pour que vous puissiez persévérer et récolter les bienfaits.

Sources: Time.com, illustration: Stuart Miles

MarkhamHeidMarkham Heid est un journaliste et sportif. Il écrit sur les sujets de santé, nutrition et hygiène de vie. Il publie ses articles principalement dans Time magazine et Prevention magazine.

dr.NewbergjpgAndrew Newberg, M.D. est un chercheur en neurologie, directeur de recherche au Myrna Brind Center for Integrative Medecine (Thomas Jefferson University Hospital). Ses recherches se sont surtout concentrées sur le fonctionnement du cerveau. Il est aussi l’auteur de 6 livres.

Catégories
Gérer le stress

2 Techniques Pour La Prévention des Suicides Que l’On Peut Utiliser Pour Gérer Son Stress

Le stress! Qui n’est aujourd’hui plus familier avec ce concept. Le stress qui peut être parfois utile et source de créativité, reste pour beaucoup cause de souffrance. Il use le corps et le mental en nous privant de notre précieuse vitalité. Le stress peut créer un tel degré d’anxiété qu’il pousse parfois une personne à commettre l’irréparable.

Extrême rumination

Ad Kerkhof ne le sait que trop bien. Assis derrière son bureau à la VU University à Amsterdam, il relit une dernière fois les grandes lignes du cours qu’il s’apprête à donner sur la prévention des suicides. Ce professeur de psychologie et thérapeute s’est spécialisé dans les angoisses, la dépression et le suicide. Il a pu observer qu’avant de commettre une tentative de suicide les gens souvent faisaient l’expérience d’une période d’extrême rumination à propos du futur. Ils avaient des pensées obsessives si accablantes qu’ils imaginaient que la mort était la seule façon de s’en sortir.

Pendant ses 30 ans de pratique, le professeur Kerkhof développa des techniques pour aider les gens à tendance suicidaire à réduire leur rumination. Maintenant, il utilise également ces techniques pour aider les personnes à réduire leur stress.

Gérer son stress : le futur, principale source de stress

Kerkhof note que l’on a surtout tendance à s’inquiéter à propos du futur. On  croit que plus l’on va passer du temps à y réfléchir et plus on aura une chance de trouver la solution à notre problème. Mais, selon le professeur, ce n’est pas le cas. Réfléchir sans cesse au futur nourrit au contraire les sentiments d’anxiété et d’angoisse. (Lire aussi Vivre au Présent)

Kerkhof a élaboré une technique issue de la thérapie cognitive et comportementale. Elle peut sembler ‘trop’ simple pourtant son efficacité a été prouvée par des études cliniques.

Exercice 1: La boite sous le lit

Cette technique utilise la visualisation. Si vous vous retrouvez la nuit à ressasser sans cesse vos problèmes, imaginez une boite sous votre lit. (Lire aussi Comment trouver le sommeil grâce à la méditation)

Dès que vous reconnaissez une pensée liée à un souci, imaginez-vous prendre cette inquiétude, la mettre dans la boite et refermez le couvercle. Ces pensées restent dans la boite jusqu’à ce que vous décidiez de les ressortir. Si la même pensée ou inquiétude revient, rappelez-vous qu’elles sont dans la boite et que vous vous en occuperez plus tard. Cela nous emmène au second exercice.

Mettez vos soucis et vos inquiétudes dans la boite
Mettez vos soucis et vos inquiétudes dans la boite

Exercice 2: planifier vos périodes d’inquiétude

Claudia Hammond, auteure et présentatrice radio, a eu l’opportunité de rencontrer le professeur Ad Kerkhof. Ayant étudié la psychologie appliquée, la journaliste explique dans son livre Time Warped, le second exercice proposé par Kerkhof. Elle écrit:

Planifiez du temps pour votre inquiétude. Vos soucis sont liés à de vrais problèmes dans votre vie de tous les jours, donc vous ne pouvez pas tous les faire simplement disparaître. Cependant, vous pouvez apprendre à contrôler à quels moments vous allez y penser.

Dire aux gens de ne pas penser à leurs soucis ne va pas les aider. Kerkhof recommande le contraire. Planifier par exemple 15 minutes dans la mâtinée et 15 minutes dans la soirée pour ne faire rien d’autre que vous soucier du futur.Asseyez-vous à une table, faites une liste de tous vos problèmes puis réfléchissez-y. Mais une fois le temps écoulé, vous devez arrêter d’y réfléchir. Si au cours de votre journée, les soucis reviennent, dites-vous que maintenant n’est pas le temps d’y réfléchir et que vous le ferez lors de vos prochaines 15 minutes allouées à cet effet.

Hammond conclut que remarquablement cela marche, car cela permet de regagner un certain degré de contrôle sur un mal – le stress et les soucis – habituellement hors de contrôle.

Ces deux exercices sont simples, mais efficaces. Ils permettent de réduire la rumination qui comme on l’a vu peut être source d’anxiété, d’angoisse et d’autodestruction lorsque cette dernière devient omniprésente.

Dimuner la tendance à s’inquiéter va aider la personne à être plus détendue et à mieux voir quelles sont les bonnes décisions à prendre.

Sources et Bio

Sources: Brainpickings ; Time Warped (ed. Harper Perennial) ; photo: marin.

Ad KerkhofAd Kerkhof est professeur de psychologie clinique à la VU University, Amsterdam, Pays-Bas. Il s’est spécialisé dans le traitement des troubles de l’anxiété. Il est l’auteur du livre Stop Worrying (éd. Open University Press.)

claudia hammondClaudia Hammond est une auteure anglaise et journaliste pour la BBC World. Elle a étudié la psychology appliquée à la Sussex University et obtenu un master en psychologie à la Surrey University. Elle est l’auteur entre autre du livre Time Warped: Unlocking the Mysteries of Time Perception (ed. Harper Perennial).

Catégories
La Compassion Penseurs et Visionnaires Philosophie

Le Sacré Passe Désormais par l’Amour

La notion du sacré, « ce pour quoi nous sommes prêts à nous sacrifier » a beaucoup évolué dans nos sociétés modernes. Le sacré est passé de la sphère publique (la religion, la grande nation, la révolution) à la sphère privée (le couple, les enfants, la famille, les amis). Il prend désormais son sens à travers l’expression de l’amour envers nos proches. Et cela semble être une bonne chose pour l’évolution de l’humanité.

Dans le passé, le sacré était surtout imposé par l’extérieur (autorité religieuse, monarchique, sociale). On mettait de côté la réflexion et les sentiments, et l’on acceptait de fait les valeurs de nos aïeux.

Le sacré migre de la sphère publique à la sphère privée

Aujourd’hui, le libre arbitre est devenu une valeur fondamentale dans nos sociétés modernes. La liberté de croire et de penser a permis de se libérer de la soumission aveugle à l’autorité.

Nous n’avons pas pour autant perdu l’aspect sacré de la vie. Le sacré a simplement migré de la sphère extérieure à la sphère personnelle.

Le philosophe Luc Ferry note que le sacré peut s’exprimer en dehors des religions. Il précise que les notions de transcendance et de sacré ne sont pas incompatibles avec la raison et la réflexion malgré ce que de nombreux intellectuels choisissent de croire.

Et de fait, le sacré, autrefois attaché à des notions abstraites comme la foi, la religion, ou encore les principes révolutionnaires, passe aujourd’hui dans la sphère plus concrète de la vie intime.

Se sacrifier pour la religion ou la nation? Non.

Dans une grande partie du monde, les hommes et les femmes ne sont plus disposés à sacrifier leur vie pour une religion ou un pays. Par contre, un parent serait prêt à se sacrifier pour son enfant.

Ce décalage des valeurs essentielles (allant du public à l’intime) a commencé à se faire, dans le monde moderne, lorsque l’on a commencé à vraiment aimer nos enfants au 18e siècle.

Luc Ferry écrit:

C’est au 18e siècle (lors de la Révolution française) que l’on voit apparaître un tout nouveau type d’organisation de la famille. Jusqu’alors, celle-ci avait été organisée par la tradition, le clan, le village, avec des buts essentiellement économiques et lignagers – la survie, le maintien de la race, de la maison – quelles que soient les affinités des gens entre eux. À partir du 18e siècle, on passe de plus en plus à une famille fondée sur l’affinité élective et le choix, donc sur le sentiment. C’est le moment où l’on va commencer à aimer ses enfants.

L’amour devient une valeur fondamentale et sacrée

Est-ce que cela veut dire qu’avant le 18e siècle, on n’aimait pas ses enfants? Bien sûr que non. Par contre, l’amour de nos petits venait après la nécessité de se conformer aux moeurs en cours. On pouvait marier sa fille à un vieil homme, malgré sa réticence, pour plaire à l’autorité. On pouvait rejeter son enfant, car il ou elle ne se conformait pas aux règles religieuses.

Aujourd’hui, l’amour pour ses enfants et pour ses proches est devenu une valeur fondamentale et sacrée. L’important n’est plus de se conformer à l’extérieur, mais de s’épanouir de l’intérieur. Même la spiritualité, autrefois rattachée aux règles de la religion, devient une expérience avant tout personnelle et intime. Elle passe des lieux de culte à la maison.

Sommes-nous devenus plus égoïstes?

Ce décalage de la sphère publique à la sphère privée est parfois perçu comme un signe de l’individualisme de notre époque: un rapport égoïste centré sur soi et ses proches. Pourtant, c’est bien l’opposé qui se produit.

L’amour pour nos proches et surtout pour nos enfants nous apprend l’amour désintéressé. Cela permet de transcender nos besoins personnels. C’est la définition même du sacré qui suppose une valeur plus essentielle que la simple survie. L’amour pour les autres nous apprend que la vie ne se limite pas à des instincts de survie et que notre bien-être est directement lié à celui des autres.

Aimer ses proches c’est être capable de comprendre la souffrance d’un inconnu ayant perdu un des siens. C’est la fondation de la compassion. Donc paradoxalement, le décalage du sacré vers l’intime nous rend plus ouvert envers l’extérieur. Et c’est une très bonne chose.

Dans la continuité de cet article, je vous recommande de regarder ce plaidoyer pour l’altruisme.

Sources et bio

Sources: Nouvelles Clés, n°10 ; Image illustration: arztsamui.

luc ferryLuc Ferry est agrégé de philosophie et de sciences politiques. Il fut ministre de l’Éducation nationale en France (2002-2004). Il définit la philosophie comme une voie de salut. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’Homme-Dieu ou le sens de la vie (éditions Grasset).