J’ai découvert Spencer West par hasard sur le net. Je faisais une recherche ‘source d’inspiration’ sur Google et dans les résultats images, la photo d’un ‘homme-tronc’ m’a interpellé. Il semblait enterré dans le sol jusqu’au buste mais il présentait un sourire généreux et plein de vie.
Ce Canadien de 31 ans a perdu ses deux jambes à l’âge de 5 ans. Cet été (2012), Spencer a fait l’ascension du Kilimandjaro en 7 jours. Sur 80% du parcours, il a avancé sur ses mains pour atteindre le sommet à 5800 mètres d’altitude. Cet exploit a servi à récolter près de 500.000 dollars reversés à un projet humanitaire, Free the Children, qui permet d’approvisionner des milliers de personnes au Kenya en eau potable.
Le parcours de Spencer est un beau témoignage de ce qui est possible. On a souvent tendance à se limiter, à se brider et surtout à se trouver des excuses pour ne pas sortir de sa zone de confort. Le courage de certaines femmes et de certains hommes est un bon rappel que la limite de ce qu’on peut accomplir se trouve en soi.
Pourquoi est-il si important de se créer un bon environnement sonore ?
On sait aujourd’hui que le stress est mauvais pour la santé et qu’il crée une crispation du mental qui nous empêche de vivre pleinement le présent. On connaît également les causes du stress : Relations personnelles conflictuelles, insatisfaction au travail, manque d’argent, ou encore manque de temps. Il existe cependant une autre source de stress, souvent sous estimée, mais qui est pourtant tout aussi néfaste : la nuisance sonore.
Une source de stress que l’on ne voit pas arrivé
Le bruit ambiant, lorsque soutenu dans le temps, stresse notre organisme. Plusieurs études dont celle conduite par les médecins Arnold E. et Boggs K. ont révélé que certaine stimulation sonore pouvait faire basculer le corps dans une physiologie de stress (haut niveau de cortisol sanguin). Le bruit de la circulation, de la radio, et de la télé peuvent en effet nous stresser, et cela arrive souvent sans que l’on en ait conscience. Et c’est là l’une des particularités de cette forme de stress, c’est que cela agit insidieusement. C’est-à-dire que souvent le bruit ambiant nous stresse sans qu’on le sache forcément.
Lorsque le bruit des klaxons tapent sur les nerfs
J’ai vécu un an et demi dans la capitale Libanaise. La circulation à Beyrouth est chaotique et l’emploi du klaxon est abusif. Au petit matin je suis généralement réveillé par le vrombissement des voitures, et tout au long de la journée, les bruits de la route enveloppent la ville. De plus, du à une forte urbanisation, les immeubles poussent par dizaines sous les bruits des marteau-piqueurs (la ville manque cruellement d’espace vert créant une source supplémentaire de stress mais cela est un autre sujet !). Ce bruit ambiant est usant pour le corps et l’esprit. J’en ai surtout pris conscience lorsque je quittais Beyrouth pour quelques jours. Lorsque j’y retournais, je pouvais constater que j’avais du mal à me concentrer et que je devenais plus facilement irritable.
La nuisance sonore sévit également en France, et pas seulement dans les grandes villes. Une jeune femme vivant dans une petite ville du sud a subit pendant 6 mois des travaux en face de chez elle. Elle souffrait d’un début de dépression qui s’est aggravé à cause du bruit incessant venant du chantier. Son médecin lui a confirmait que son exposition à tout ce bruit l’a fragilisé.
Un mal aux formes multiples
Si les bruits de la circulation et des travaux sont des sources évidentes de nuisance sonore, il existe d’autres sources plus discrètes mais également néfastes. La télé continuellement allumée en est une. Une personne qui ne cesse de parler en est une autre. Toute source de bruit de fond qui mobilise une partie de notre système nerveux assez longtemps risque de nous faire saturer. L’important reste alors d’agir pro-activement et de ne pas attendre de ressentir les effets négatifs.
Créer le bon environnement sonore
Si on a l’habitude de regarder la télé tous les soirs, faire un break quelques soirs par semaines s’avérera très bénéfiques pour notre santé mais également pour la communication avec nos proches. On peut mettre une musique douce dans le fond. On évitera la radio dont les interruptions publicitaires peuvent êtres irritantes. Si vous ne pouvez pas diminuer la nuisance sonore (voisins bruyants, travaux dans la rue, ..) faites un break nature. Une demi-journée de marche dans la nature permettra de diminuer les effets néfastes accumulés au cours de la semaine (Cela fait d’ailleurs partie de Mes 3 Habitudes Pour Garder la Tête Hors de L’Eau).
Il est intéressant de noter que les bruits de la nature tout comme la musique inspirée (celle qu’on aime et qui nous touche) vont avoir l’effet opposé et nous faire du bien. Comment savoir si une ambiance sonore est bonne ou mauvaise ? J’ai personnellement constaté que lorsque je lis un livre, si je suis interrompu par le bruit (voir agacé) c’est que ce bruit ne me convient pas : son de la télé, la circulation. Si au contraire j’oublie le fond sonore lorsque je lis (musique que j’aime, bruits des vagues, chant des oiseaux) c’est qu’il me fait du bien. A chacun alors de créer un environnement sonore qui va diminuer le stress et nous faire du bien.
Dans la rubrique Comment Méditer voilà un article sur les différentes étapes de la concentration tels qu’ils sont décrits dans les textes bouddhistes. C’est Matthieu Ricard, moine bouddhiste et auteur, qui nous les rapporte dans son ouvrage L’art de la méditation. Comprendre ces étapes offre une aide précieuse pour savoir où l’on se trouve dans notre chemin de la méditation.
Au début, l’esprit semble se perdre d’avantage dans les pensées
Lorsque l’on commence la méditation, on est souvent confronté à la difficulté de se concentrer. Alors qu’on aimerait que l’esprit s’apaise, c’est généralement le contraire qui semble se produire : on a l’impression que le nombre de pensées augmente. En réalité, le flot des pensées n’augmente pas vraiment ; c’est plutôt que l’on en devient plus conscient.
Il est logique que l’on ne va pas passer d’un fonctionnement où le mental est sur-actif à un esprit silencieux et serein en une séance, en quelques jours ou même en quelques semaines. Comme tout apprentissage la méditation nécessite du temps et de la pratique. Persévérer dans sa pratique, ainsi que préparer le corps et le mental va nous permettre de graduellement progresser. Ce qui va également aider c’est de savoir où l’on se trouve dans notre cheminement vers un esprit apaisé. Le bouddhisme utilise la métaphore d’une cascade pour illustrer la pacification des pensées.
De la cascade mugissante au vaste océan
La progression de la méditation est composée de 5 étapes illustrées par ces cinq images :
1. La cascade tombe d’une falaise. Cela illustre les pensées qui se succèdent sans discontinuer. Elles semblent plus nombreuses car l’on commence à observer les mouvements de l’esprit.
2. Le torrent dévale les gorges. Nous alternons entre périodes d’activité et de repos.
3. Le large fleuve s’écoule dans son lit. Le mental s’agite lorsqu’il est perturbé par l’extérieur. Autrement il demeure calme.
4. Le lac présente quelques vaguelettes en surface. Le mental est faiblement agité en surface, mais il demeure calme en profondeur.
5. Le vaste et calme océan. L’esprit est désormais calme et la concentration est inébranlable.
Dans cet article j’aimerais aborder le délicat thème de la persévérance dans la pratique de la méditation. ‘Délicat’ car il s’agit de persévérer sans se crisper ou ressentir de la frustration, sans vouloir à tout point réussir. Car la méditation nécessite un lâcher prise ce qui n’est pas compatible avec un mental plein de désir de réussite. Comment alors faire preuve de régularité et de discipline si l’on ne désire pas fortement un résultat ? Comment maintenir le subtil équilibre entre volonté et détachement ? Découvrons ensemble la ‘persévérance sereine’.
Lorsque la discipline risque de nuire à la quête
Les maîtres traditionnels de l’Orient ainsi que les enseignants occidentaux de la pleine conscience nous le répètent sans cesse. Mieux vaut une pratique régulière que sporadiquement en faire beaucoup. Méditer tous les jours, ne serait-ce que 15 minutes par jour, peut grandement améliorer la qualité de notre vie. Mais pour cela, encore faut il installer cette habitude. Et vu qu’il faut souvent plusieurs semaines avant de ressentir les bienfaits de la méditation, la motivation pour continuer à pratiquer quotidiennement risque de s’affaiblir. Faut-il alors se forcer ? Faut-il faire appel à la volonté et la discipline pour arriver à installer une pratique régulière ? Cela ne semble pas être la solution.
Les désirs sources de souffrance (frustration, découragement, impatience)
Dans le bouddhisme la souffrance est liée aux désirs. Le but de la méditation est de se détacher de ces désirs en vivant dans le présent. En effet, les désirs reflètent toujours l’attente d’un futur meilleur (ou moins douloureux) et le présent devient un endroit à fuir ou au mieux une zone de transit. Cette différence entre « ce qui est » et « ce qu’on désire » va créer une tension en soi qui va finir par se traduire par une souffrance physique, mentale et/ou émotionnelle. C’est pourquoi selon le bouddhisme vivre dans le présent et absence de désir sont intiment liés.
Se libérer de l’attente du fruit de ses actions
La notion ‘d’action détachée d’attente’ n’est pas seulement présente dans le bouddhisme. On la trouve également dans l’enseignement de traditions tels le soufisme, l’hindouisme ou le chamanisme.
C’est par l’offrande des œuvres, ô ami, que tu affines ta sincérité. Ce ne sont pas les œuvres qui te mènent à la Vérité, mais ce sont elles qui te disposent à La recevoir.
Le chaman-guerrier agit sans rien attendre en retour. Il vit en agissant, non en pensant à agir et encore moins en pensant à ce qu’il pensera lorsqu’il aura fini d’agir.
Il s’agit donc d’agir sans désirer de résultat tout en créant en soi l’espace pour recevoir un don. C’est là où la notion de spiritualité prend place dans la pratique de la méditation. Car ce ‘don’ comme le terme l’implique nous est donné. Ce n’est pas quelque chose que l’on va chercher à la force de sa volonté. On se rend juste disponible à le recevoir.
C’est magique …
Et si l’on n’aime pas la notion de spiritualité on peut remplacer ce terme par celui de magie (mon petit neveu de 4 ans adore ce mot !) La magie implique un résultat inattendu. Et dans ce sens la méditation a quelque chose de magique en elle. A l’opposé du désir qui cherche à reproduire une expérience passée (on ne peut pas désirer une expérience que l’on n’a jamais faite), l’action détachée de toute attente permet de vivre le présent en toute authenticité et d’accueillir ce qui surgit en soi : ce qui peu être un ressenti inédit.
Comment alors persévérer dans la méditation sans « désirer » réussir ?
Les enseignements traditionnels nous ont donc expliqué que faire appel uniquement à sa volonté n’est pas la voie à suivre. Il existe une force plus profonde et plus efficace: notre intuition. Ressentir que la méditation peut nous faire du bien peut nous porter vers une pratique régulière. On peut pleinement s’impliquer dans sa pratique mais tout en le faisant avec légèreté et sans se mettre la pression. Pour cela il est utile de se reconnecter à son intuition, de prendre une minute pour retrouver en soi l’impulsion initiale. Cette impulsion qui nous dit que ‘revenir vers soi à travers une plus grande attention au présent’ est une bonne idée. Faire cela quotidiennement nous permettra d’agir avec une persévérance sereine.
C’est vrai que cela demande un certain acte de foi. Après tout, on ne sait pas si nos efforts vont porter leurs fruits. Mais, et c’est là mon opinion personnelle, j’ai le sentiment qu’un effort sincère est toujours récompensé… même si la récompense ne vient pas toujours au moment où on l’espère ou dans la forme qu’on l’attend…
Voilà un exercice simple qui va aider à assouplir la colonne vertébrale et permettre de plus facilement maintenir une bonne posture.
Les bénéfices de cet exercice :
Permet de plus facilement adopter une bonne posture : dos droit et relâché.
Permet d’approfondir la respiration grâce aux mouvements de la cage thoracique.
Améliore la concentration car l’exercice nécessite de focaliser l’attention sur les mouvements du corps.
Permet de se détendre car la combinaison mouvement en douceur et respiration est idéale pour se relâcher.
Quelques indications :
On inspire lorsque l’on va vers le haut (extension), et on expire lorsque l’on fléchit le corps.
Ne forcez aucun mouvement, la colonne va graduellement se délier grâce aux répétitions.
Répétez 6 à 8 fois chaque mouvement.
Une dernière note :
Avant et après l’exercice marchez quelques pas et observez votre haut du corps. Si vous avez bien fait l’exercice, vous ressentirez après les mouvements que vous marchez avec le dos plus droit et les épaules plus relâchées.
Et bien-sûr, si la pratique de l’exercice fait mal, arrêtez le.
Bonne pratique et si vous avez des questions utilisez la zone commentaire pour les poser.
Méditer fait du bien au corps et à l’esprit. Il suffit de méditer régulièrement pour l’expérimenter. Mais notre société étant ce qu’elle est, elle a besoin de preuves scientifiques pour intégrer ce fait. Le bon côté de cette démarche, c’est qu’elle révèle les nombreuses facettes des bénéfices de la méditation. Voilà une compilation d’études sur les nombreux (et parfois surprenants) bienfaits de la méditation.
Réduction du stress chez les travailleurs à temps plein
Une étude consuite en 2011 en Australie* a évalué les effets de la méditation chez 178 travailleurs à temps plein. L’étude s’est déroulée sur 8 semaines. La conclusion des chercheurs fût que « la méditation orientée sur le silence intérieure (Shaja Yoga) est une stratégie sûre et efficace pour gérer le stress au travail et les sentiments de dépression.»
Moins de récidives
Une étude conduite à Palo Alto en Californie* a évalué les publications scientifiques sur l’utilisation de la méditation en milieu carcérale. Les 3 types de méditation les plus utilisées étaient la méditation transcendantale, le MBSR, et 10 jours de Vipassana. Les trois principaux bienfaits de la méditation observés dans ces études : 1) Un mieux-être psychologique ; 2) Une diminution de l’utilisation des substances addictives ; 3) Une diminution de la récidive.
Ralentir le vieillissement
Une étude publiée dans les Annals of The New York Academy of Sciences* a voulu explorer l’effet de la méditation sur la longévité humaine. Pour comprendre comment la méditation peut aider à vivre plus longtemps il faut regarder au niveau de nos cellules. Nos cellules se reproduisent par mitose (pour ceux d’entre vous qui se souviennent de leurs cours de biologie) ce qui nous maintient en vie. Les chromosomes se trouvent au cœur de nos cellules. Au bout de ces chromosomes se trouvent les télomères. On pense aujourd’hui que la longueur de ces télomères affecte la capacité de reproduction des cellules. Pour faire simple, le stress userait plus rapidement les télomères. Alors que la pleine conscience (qui apaise le stress), en modifiant la chimie du corps, permettrait de maintenir en bon état les télomères et cela pendant plus longtemps. Plus d’études sont actuellement en cours sur ce passionnant sujet. (Lire aussi Méditation cerveau: Qui veut plus de matière grise?)
Développer la compassion chez les professionnels de la santé
Dans cette étude publiée dans Mental Health, Religion and Culture*, les chercheurs ont évalué l’effet de la méditation sur le sentiment de compassion (« amour centré sur le bien des autres »). Les participants (des médecins, des infirmières et des aides soignantes) ont suivie un programme de méditation sur 8 semaines. Les participants ayant suivie le programme jusqu’au bout ont eu le plus d’amélioration au niveau de ces 4 facteurs : 1) La compassion ; 2) actions altruistes ; 3) capacité à prendre du recul ; et 4) Capacité à pardonner. Cela s’est traduit par une meilleure capacité à s’occuper des patients.
Les chercheurs de cette étude ont conclu que la pratique de la méditation pouvait améliorer la compassion pour le bien des patients et de toute la société. Pensez-vous vous aussi que la pratique de la méditation peut améliorier notre société?
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Réfléchir, oui, mais avec modération !
Ce vendredi, en fin de journée j’ai ressenti un certain mal-être. Ce n’était pas un sentiment précis et je ne savais pas pourquoi ces émotions inconfortables s’installaient en moi. Surtout que cela faisait quelque temps que je me sentais bien et plein d’énergie. Pourquoi alors ce coup de blues ?
En y réfléchissant un peu, j’observais que cela avait commencé après la lecture d’un carnet datant d’un an sur lequel j’avais écrit mes pensées du moment. Cela m’avait replongé dans le passé et je ne pouvais m’empêcher de repenser aux choix que j’avais faits ces 12 derniers mois. J’ai également cogité sur le futur et sur ce que j’en espérais.
Avec mon ‘carnet de réflexion’ à Saint-Vallier-de-Thiey (06) Réfléchir, oui, mais avec modération !
Le lendemain, par moment, je reprenais mes pensées. Je me suis senti agité avec le besoin de trouver une solution, de mieux planifier les 6 mois à venir. Alors que j’avais prévu d’aller faire une rando, je préférais y renoncer, car je ne me sentais pas assez en forme. Finalement, dimanche en fin de journée, je me suis retrouvé seul. Je décidais d’utiliser ce précieux temps pour faire le point et organiser mon futur. Mais alors que je m’apprêtais à allumer l’ordi, je pris clairement conscience que je n’en avais pas envie, que là n’était pas la solution. Je sortis le tapis de yoga pour faire quelques postures suivies d’une séance de 15 minutes de méditation. Je fis ensuite une vingtaine de minutes de posture de yoga de récupération, puis à nouveau je m’installais sur mon coussin de méditation pendant 25 minutes.
J’ai très bien dormi cette nuit, et ce matin je me suis réveillé ressourcé et de très bonne humeur. Cet épisode du week-end fut pour moi un rappel de ce que je savais déjà : les pensées ont le pouvoir d’affecter nos émotions. On peut se rendre malheureux alors que globalement tout va bien.
Le pouvoir des pensées sur nos sentiments
Nos pensées affectent nos émotions. Si une personne pense à une situation difficile – par exemple à une personne avec laquelle elle est en conflit – son corps va physiologiquement réagir. Le rythme respiratoire se modifie, les battements cardiaques s’accélèrent, les glandes surrénales sécrètent du cortisol, et la personne va être submergée par les émotions. Elle pourra ressentir de la colère, de la frustration, de la peur ou encore de la tristesse. Toutes ces modifications surgissent à cause des pensées. Il suffit de modifier ou d’arrêter nos pensées pour transformer notre état d’être.
Avec vous remarqué cet intéressant phénomène ?
Une réflexion interne (par ex : « il faut que je gère ce problème ») génère une certaine inquiétude en vous. Puis, votre attention est accaparée par autre chose, et vous oubliez la raison de votre inquiétude. Vous avez le souvenir du malaise, mais il n’est plus là, et vous essayez de vous remémorer la source de votre inquiétude. Lorsque vous la retrouvez, «ah oui, il faut que j’appelle cette personne.. », les sentiments d’inconforts reviennent. Les pensées (notre dialogue interne) affectent nos sentiments et nos émotions. Faut-il alors ne plus penser ?
Bien entendu, nos capacités à réfléchir, à analyser, à anticiper constituent une part fondamentale de notre humanité. Le problème n’est pas l’outil, mais comment on l’utilise. J’ai souvent lu (et écrit) que l’homme et la femme occidentaux sont surtout dans leur tête et pas assez dans leur corps. Ils sont dans la réflexion plutôt que dans le ressenti. En d’autres termes, on réfléchit trop ! Et cela a un effet cumulant.
Le poids des pensées
Une personne réfléchit à sa situation et cela résulte dans un sentiment de mal-être et d’inquiétude. En espérant apaiser son inconfort, elle va chercher des solutions… en pensant davantage. Ce qui va avoir pour résultat de générer encore plus de doutes et de questionnements. Je connais certaines personnes qui ne peuvent pas s’arrêter de s’inquiéter. Elles pensent sans cesse à leur situation, aux choix qu’elles doivent faire. On a vraiment l’impression qu’elles portent le monde sur leurs épaules. Tristement, cela se traduit par tous ces symptômes que l’on associe au stress : problème cardiaque, surpoids, mal de dos, et dépression pour n’en citer que quelques-uns.
Lorsqu’il est temps de décrocher
Oui, il est bien de réfléchir à sa situation et de faire le point, mais faisons-le d’une manière équilibrée et intelligente. Voilà plusieurs signes qui indiquent qu’on abuse de cet outil que sont nos pensées :
– Plus on réfléchit plus le sentiment de mal-être et d’inquiétude augmente. Si cela arrive, il est temps de décrocher. Passer à une autre activité et ne revenez à votre réflexion que lorsque vous vous sentirez mieux émotionnellement.
– On tourne en rond, et les réponses ne viennent pas. Parfois on se pose 1000 fois la même question et au lieu d’une réponse claire, c’est une confusion grandissante qui prend place. Stop. Reposer une mille et unième fois cette même question ne servira à rien. Fermez le dossier et laissez mûrir. Il est connu que la réponse vient souvent lorsqu’on s’arrête de chercher.
-On ressasse le passé. Si vous rejouez sans cesse dans votre tête la scène de la veille en vous disant j’aurais dû dire ou faire ça, ou si vous analysez chaque parole échangée pour comprendre pourquoi la personne a agi ainsi, c’est un voyant rouge. Surtout lorsque vous commencez à ressentir un sentiment d’injustice ou de la culpabilité, vous savez qu’il est temps de décrocher.
J’ai bien conscience que ce n’est pas facile d’arrêter le train de ses pensées, surtout lorsque ce dernier a pris beaucoup d’élan. Mais comprendre que nos pensées sont souvent à l’origine de notre mal-être devrait nous motiver à chercher à régulièrement lâcher prise. Le sport, la création (musique, bricolage, ..), le yoga et la méditation offrent d’excellents moyens d’arrêter le flot incessant de nos pensés. Cela fera du bien au corps, apaisera nos sentiments, et cela permettra également de reprendre nos pensées avec une perspective nouvelle et bien plus fraîche.
Plus on persévère dans cette démarche plus cela devient naturel de calmer le mental pour se ressourcer. Durant ce week-end, j’ai pu constater l’effet des pensées sur mon ressenti. Mais j’ai surtout apprécié qu’une partie de moi ait su intuitivement qu’il était temps d’arrêter le dialogue interne. Cela s’est fait facilement et relativement rapidement. Dans le passé, je pouvais vivre plusieurs semaines de stress avant de réaliser qu’il était temps de lâcher prise. C’est avec gratitude que je constate aujourd’hui la présence d’une plus grande vigilance (envers les pensés sources de stress) qui est, je pense, le résultat d’une pratique régulière de la méditation. En espérant que mon expérience de ce week-end vous soit utile.
Les réponses de Marc de Smedt (publiées dans Clés)
Dans la série Comment Méditer voilà une introduction simple à la pratique de la méditation. Marc de Smedt, un adepte de longue date de la méditation, présente dans le magazine Clés 7 points répondant à la question ‘comment méditer ?’. Voilà ce que l’éditeur et auteur, spécialiste des techniques de méditation et des sagesse du monde, nous apprend.
Quelle posture adopter?
La posture la plus connue est celle du zazen japonais. Dos et nuque droits, colonne vertébrale déployée, reins cambrés, épaules détendues, jambes si possible croisées en demi-lotus (un pied sur la cuisse opposée, l’autre en dessous), la main gauche dans la main droite, les pouces se touchant, horizontaux. On est assis sur un coussin (le zafu). Mais on peut aussi méditer sur une chaise, à condition de ne pas s’appuyer sur le dossier pour avoir le dos droit, et de mettre ses pieds bien à plat et parallèles (PLM : lire comment méditer sur chaise). Cela dit, on peut méditer en toutes circonstances. En marchant dans la nature, par exemple. Il y a d’ailleurs dans le zen une marche méditative, rythmée par la respiration consciente : lente, on fait un pas à la fin du plus long expir possible ; rapide, on est simplement attentif au va-et-vient de son inspiration et de son expiration.
Yeux ouverts ou fermés ?
On a tendance à méditer les yeux fermés, on se retrouve ainsi mieux en soi-même. Mais la sarabande des images mentales se projette alors davantage sur notre écran intérieur. C’est pourquoi la posture idéale est celle des yeux mi-clos : le regard se diffuse à la fois au-dehors et au-dedans. De ce double rapport émerge une quiétude particulière.
Comment respirer ?
Le vrai maître de la méditation, c’est la respiration. Dès qu’on part dans ses pensées, on perd la conscience de sa respiration. D’où l’importance de l’attention portée à l’expiration profonde, inhabituelle dans nos cultures occidentales, qui doit rentrer dans l’abdomen jusqu’à cette zone considérée comme le centre énergétique de l’être, appelée « hara » au Japon. Ensuite, l’inspiration vient d’elle-même. Dès que vous reprenez conscience de votre respiration, vous revenez à la conscience tout court et cela apaise votre mental.
Combien de temps faut-il y consacrer ?
Cela peut aller de cinq minutes à une demi-heure. Certains instructeurs préconisent de minuter précisément son temps de méditation à l’aide d’un réveil ou d’un bâton d’encens, et de s’y tenir.
Le matin ou le soir ?
C’est quand on veut. Personnellement, j’aime m’asseoir le matin, même brièvement. Cela m’évite de me lancer de façon précipitée dans mes activités. Par contre, la régularité est souhaitée : un peu tous les jours vaut mieux que beaucoup de temps en temps.
Comment discipliner son mental ?
Curieusement, pour discipliner notre mental, il faut le laisser faire… tout en l’observant. On devient ainsi non plus acteur, mais spectateur de son univers mental. Tout se joue là. Cette mise à distance nous fait lâcher nos conditionnements. Pour les esprits trop agités, certains instructeurs préconisent des visualisations (le visage d’un sage, la pleine lune se reflétant dans l’eau, un paysage) ou bien la contemplation de la flamme d’une bougie ou d’une roue symbolique (un mandala).
Faut-il pratiquer seul ou en groupe ?
Les deux. On dit que la méditation est à la fois solitaire et solidaire. On est relié à soi, mais aussi au tout. On ne médite pas pour nombriliser, mais pour s’ouvrir au monde. Il est donc bon de pratiquer de temps à autre avec des amis, en suivant les conseils de quelqu’un d’avisé qui ne se prend pas pour un messie.
Interview de Déborah Bellevy : Harmonie du corps et de l’esprit par le chant
Les vibrations de la voix constituent un moyen efficace pour canaliser son attention. Que soit à travers « Om », un mantra ou encore une prière, faire vibrer sa voie permet de capter son attention, de décrocher du mental pour s’installer plus facilement dans la méditation.
Le chant constitue également un moyen de vivre le présent. Il nous est tous arrivé de chanter à fond dans la douche, la voiture, ou en public pour les plus confiants ! On se fait plaisir et cela fait du bien. On respire mieux après et on se sent plus détendu.
Chanter (en paroles ou simplement faire des vocalises) fait vibrer notre corps, et lorsque l’on est présent, on peut ressentir une agréable harmonie. Le chant offre aussi un moyen efficace de relâcher les tensions accumulées dues au stress surtout celles au niveau de la gorge et de la poitrine et du plexus solaire.
Déborah Bellevy, ancienne soprano à l’opéra de Monaco, a pris conscience au cours de sa carrière du potentiel bienfaisant du chant. Elle a mis en place des cours pour apprendre à ses élèves à se recentrer grâce à leur voix.
J’ai rencontré Déborah il y a quelques années pour faire une formation avec elle. J’ai suivie des cours hebdomadaires sur plusieurs mois, et des années après j’en ressens encore les bénéfices dans ma gestion du souffle et l’expression de ma voix. Durant cette période j’ai interviewé Déborah pour le magazine Vitalité et Bien-être.
Un livre est certainement le moyen le plus accessible et le moins cher pour apprendre. Certains livres ont le pouvoir de nous affecter profondément. Les livres donnent du plaisir et souvent nous ouvre les yeux sur des vérités que l’on porte déjà en soi. C’est du moins mon expérience avec la lecture. Je continue à lire régulièrement, et je ne peux que constater qu’on ne finit jamais d’apprendre et tant mieux !
J’aime partager les livres. J’en offre souvent à mes proches et je n’hésite pas à pousser à la lecture : « Prend le temps de le lire jusqu’au bout, tu ne le regretteras pas ! »
Un livre que j’aimerais vous présenter est Traces de Lumière de Faouzi Skali. Il fait parti de mes livres de chevet, et l’état de la couverture témoigne des nombreux voyages dans lesquels il m’a accompagné.
J’ai découvert Faouzi Skali à travers le festival des musiques sacrées du monde à Fès (festival combinant musiciens venant du monde entier et réunion des confréries soufi). Faouzi Skali qui a fondé ce festival, est l’auteur d’ouvrages de référence sur le soufisme (branche spirituelle voir mystique de l’Islam).
Traces de Lumière porte en lui la sagesse et la beauté des paroles soufies. Proche de la poésie, chaque relecture donne accès à une compréhension plus profonde de son contenu. Cela fait plusieurs années que j’ai ce livre et à chaque relecture je suis touché par la fraîcheur de son message qui reflète à chaque fois ma sensibilité du moment.
Voilà deux extraits pour vous faire découvrir la couleur du contenu :
Ô ami, cesse de chercher
Le pourquoi et le comment
Cesse de faire tourner
La roue de ton âme
Là même où tu te trouves
En cet instant
Tout t’est donné
Dans la plus grande perfection
Accepte ce don
Presse le jus de l’instant qui passe.
Extrait du chapitre ‘Le Temps’.
Souviens-toi, ô ami, du récit d’un long voyage que tant d’hommes et de femmes endormis ont depuis longtemps oublié.
Un voyage qui ne se fait ni sur terre, ni dans le ciel, ni dans les océans.
Ce voyage, ô ami, si tu t’en souvenais, est celui de cette vie. Seul manque le voyageur.
Rappelle-toi, ô ami, qu’en certains moments d’éclaircie tu pensais toi-même partir.
Mais rappelle-toi aussi que très vite ton esprit s’est laissé emporter par la torpeur du monde, ses vacarmes et ses fureurs.
Tu dois te souvenir de ces moments de l’enfance où le vent semblait te dire que la vie était ailleurs.
Bien que prisonniers de tes rêves et de tes pensées, tu fais partie du grand voyage. Chacun de tes souffles te rapproche ou t’éloigne de ta propre vérité. Écoute la parole de l’instant qui passe : « En ce moment même de ce long voyage, en quel lieu te trouves-tu ? »
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