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Douleur au Dos: le Rôle du Stress

Comprendre l’origine du mal de dos pour mieux le gérer

8 Français sur 10 ont ou auront mal au dos, et près de 4 personnes sur 10 en ont souffert au cours des 12 derniers mois. Lumbagos, sciatiques, torticolis… selon les individus, les douleurs se logent à différents endroits. Si les causes sont nombreuses, elles remontent souvent bien au-delà d’un problème physique. Et si le mal de dos était un appel au changement ?

Principal facteur d’invalidité chez les moins de 45 ans, le mal de dos est aussi la première cause de consultation dans les centres antidouleur(1). L’origine de ce mal, qui touche, chaque année, une part croissante de la population, apparaît comme étant multifactoriels. En effet, il semblerait qu’en plus d’une faiblesse physique, d’un mauvais geste, d’une chute ou encore de la fatigue ce soit notre attitude mentale qui nous prédispose à ce mal universel. Or, aujourd’hui encore, le premier réflexe est de s’attacher à la douleur sans se préoccuper du cadre et du mode de vie. Cette solution s’avère non seulement inefficace, mais elle prive l’individu de l’opportunité d’évoluer.

Douleur au dos, faut-il bâillonner le symptôme ?

Lorsqu’une personne consulte pour une lombalgie, un traitement médicamenteux est généralement proposé. Des antalgiques (paracétamol, codéine…) en passant par la famille des anti-inflammatoires (ibuprofène, corticostéroïdes…), en allant même jusqu’aux antidépresseurs, les médicaments sont souvent prescrits en fonction de la sévérité et de la chronicité des douleurs. Le soulagement temporaire et les risques d’effets secondaires associés à ces produits(2) soulignent leurs limites.

Lorsque le mal persiste, le patient peut alors se voir recommander une intervention chirurgicale. Là encore, les bénéfices de cette démarche semblent parfois insuffisants. D’après une étude portant sur les effets, les modalités et les coûts d’une telle prise en charge(3), les chercheurs ont conclu que la chirurgie nécessitait une lourde mobilisation du système de soins, sans pour autant éviter des répercussions importantes sur la qualité de vie et le devenir socioprofessionnel des patients.

La limite de ces approches est compréhensible. La prise de médicaments et l’opération impliquent une complète passivité d’un individu traité. Or, c’est justement dans les actions quotidiennes de ce même individu que se trouve l’origine de son mal. S’il voit la douleur disparaître, retourne à son domicile en percevant la vie de la même façon et en continuant à faire les mêmes choix, il apparaît évident qu’il va s’exposer à une autre manifestation du corps, souvent plus sévère que la première. On comprend alors que supprimer la douleur sans en comprendre l’origine n’est pas une solution efficace sur le long terme. Mais pourquoi a-t-on mal au dos ?

Stress et lombalgie

Les maux ostéo-articulaires reflètent souvent une tension face à ce que l’on vit. Une activité physique difficile, une position assise toute la journée, une chute de ski ou un accident de voiture représentent des contraintes physiques auxquelles le corps doit faire face. Il est évident que ces dernières, lorsqu’elles se répètent ou sont d’une haute intensité, risquent d’affecter le dos en causant tensions et douleurs.

Cependant, John Sarno, professeur en médecine de réhabilitation à l’université de New York, et auteur de Say Goodbye to Back Pain (Ed. Warner Books), note que la cause  physique semblerait être la goutte qui fait déborder le vase. Selon lui, le mal de dos est initié par un stress émotionnel comme, par exemple, le sentiment chez un individu de la perte de contrôle dans un domaine de sa vie. Le docteur Christopher Kent, chercheur et chiropraticien, en arrive à la même observation à la suite d’une synthèse de plusieurs études(4, 5) :

Les facteurs psychologiques et sociologiques, particulièrement la satisfaction au travail et la perception de contrôle sur notre vie, sont les meilleurs indicateurs du risque de développer un mal au dos.

Selon le docteur Kent, il y aurait une plus forte corrélation entre une lombalgie et un stress au travail, qu’entre un mal de dos et une hernie discale identifiée par un IRM. En d’autres termes, vous avez plus de chance de développer une douleur au dos si votre patron vous réprimande abusivement que si vous avez un disque usé !

Claudine Corti, chiropraticienne et écrivain, ajoute que la zone de douleur est souvent en relation avec le type de stress (voir notre interview). Par exemple, le sentiment d’être bloqué dans une situation risque de créer des tensions dans le haut du dos, alors qu’une lombalgie peut apparaître chez un individu qui voit son quotidien chamboulé par un imprévu.

Un mal aux origines diverses

C’est donc une combinaison de nos accidents passés et de notre mode de vie actuel, associé à notre aptitude à faire face au stress, qui va déterminer la sévérité et la durée d’un mal de dos. Il devient évident que se concentrer sur la douleur, sans s’occuper du cadre de vie, est voué à l’échec. La lombalgie reflète la dynamique dans laquelle un individu peut se trouver. Une crise amène souvent la personne à ralentir, et, dans ce sens, elle a son utilité. L’attitude la plus sage serait alors de réfléchir à son quotidien et faire certains changements appropriés. Cela va néanmoins à l’encontre de notre culture, où la gratification immédiate prime sur tout. « Enlevez-moi vite cette douleur pour que je puisse reprendre mes activités ! » Celles-là mêmes qui sont à l’origine du mal…

Il existe pourtant une autre solution. Celle de réapprendre à s’écouter et installer de nouvelles habitudes qui vont dans le sens d’une bonne santé. Évidemment, cela nécessite du temps et une réelle volonté de reprendre en main son bien-être.

La méditation aide à mieux gérer son mal de dos

Pratiquer la méditation réduirait la souffrance et la colère associés au mal de dos. C’est la conclusion de deux études scientifiques effectuées sur les effets de la méditation sur les douleurs au dos chroniques.

La première publiée dans le journal Pain (6) et conduites par les docteurs Natalia Morone, Carol Greco et Debra Weiner, montrent que méditer en moyenne 4,3 jours par semaine, améliorait la tolérance à la douleur, et rendait les personnes plus fonctionnelles (elles sont moins gênées dans leurs activités). Cette étude s’est concentré sur 37 personnes âgées souffrant d’un mal de dos chronique.

L’autre étude (7) conduite par l’équipe du Professeur James W. Carson sur 43 participants souffrance de douleurs au dos chroniques, a révélé que la pratique de la méditation diminuait le degré de douleur perçue et l’irritabilité associée à la douleur.

Je vous recommande maintenant de faire ce simple exercice.

Notes et sources

(1) Source : www.doctissimo.com ; (2) Rien que pour le paracétamol, 5 335 intoxications hépatiques ont eu lieu en 1990, soit 3 boîtes vendues sur 100 qui conduisent à une hospitalisation. Source : www.doctissimo.com ; Antidouleurs : gare à la surconsommation ! Article issu d’un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). ; (3) Rev Med, Assurance Maladie, 2004. ; (4) Horng Y-S, Hwang Y-H, Wu H-C, et al : Prediction Health-Related quality of life in patients with low back pain. Spine, 2005. ; Award-winning study finds main predictors of serious back pain to be psychosocial. Back Letter. 2005. ; Hadler NM : Edotorial : The Semiotics of back pain. Spine, 2004. ; (5) Conférence Audio. ; On Purpose, August 2005, piste 8. www.subluxation.com ; (6) Mindfulness meditation for the treatment of chronic low back pain in older adults: A randomized controlled pilot study, Morone, MD, Greco, MD, Weiner, MD. Pain, Feb 2008; 134(3) ; (7) Loving-Kindness Meditation for Chronic Low back Pain, James W. Carson, Ph.D., Journal of Holistic Nursing, VOl. 23 No. 3, 2005.

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Douleur au Dos: Origine Psychologique. Entretien avec Claudine Corti, DC

Chiropraticienne, Claudine Corti est également passionnée par le fonctionnement du cerveau. Ses recherches semblent montrer que chaque os peut être symboliquement en relation avec un ressenti bien précis vécu lors d’un stress. Découvrons quelle est l’origine psychologique du mal de dos.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Claudine Corti, début avril, lors du salon du Bien-être à Saint-Raphaël (Var). Auteur de Plein le dos de cette famille et de Mal de dos, Mal de l’être, paru aux éditions Quintessence, elle a animé une conférence sur le sens caché des douleurs du squelette. Selon Claudine Corti, le stress, lorsqu’il perdure va amener le cerveau à créer une soupape de sécurité « articulaire » qui aura pour but de désamorcer la tension émotionnelle.

Claudine, vous êtes chiropraticienne, aujourd’hui auteur de deux livres et bientôt d’un troisième, comment en êtes-vous venue à vous intéresser au langage du corps ?

Très tôt, dans ma carrière, j’ai voulu proposer aux personnes venant me consulter des soins de qualité et  une possible amélioration du fonctionnement de leur neuro-squelette. Fascinée par le fonctionnement du cerveau, j’ai commencé mes recherches sur cette incroyable structure, qui, pour assurer la pérennité de l’espèce, peut être amené à programmer des pannes articulaires qui sont autant de « fusibles » visant à baisser un stress devenu trop intense.

Pourquoi une personne va développer un torticolis alors qu’elle n’avait jamais ressenti de douleurs cervicales auparavant, et une autre un lumbago sans pour autant avoir fait un effort physique ou même un faux mouvement ? C’est ce que j’ai voulu mieux comprendre en étudiant le symbolisme du corps humain. Cela m’a permis d’attirer l’attention de mes patients sur les causes de leurs maux de dos.

Comprendre pourquoi ce mal de dos dont il est partout question puisse être proportionnel au Mal de l’Etre et principalement au ressenti négatif que la personne a pu nourrir face à une situation donnée est fort intéressant.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Prenez, par exemple, cette femme qui indique que sa douleur entre les omoplates,  précisément au niveau de sa 6ème dorsale est survenue juste après que son patron lui ait fait une remarque désobligeante. Cela lui a fait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac, depuis elle dit ressentir d’ailleurs des brûlures gastriques. Elle dit avoir eu du mal à digérer cela. Il devient alors intéressant de savoir que la paire de nerfs rachidiens au niveau de D6 innerve l’estomac.

Comment utilisez-vous cette lecture du corps lorsque vous travaillez avec un patient ?

Certains individus souhaitent seulement être soignés, sans vouloir pour autant découvrir l’éventuelle source de leur douleur. Je le respecte parfaitement. J’ai néanmoins dans ma patientèle de plus en plus de personnes qui aiment comprendre comment leur attitude face à la vie se répercute sur leur corps. Cela peut alors devenir un travail d’équipe et c’est très humainement gratifiant surtout lorsqu’on obtient de bons résultats.

Note: J’ai initialement fait cette interview pour le magazine Vitalité et Bien-être.

Bio: Claudine Corti

mal au dos cortiDoctor of Chiropractic, elle a été diplômée en 1988, et exerce en région parisienne (Val-de-Marne). Depuis de nombreuses années, elle mène des recherches sur les corrélations qui peuvent exister entre le cerveau et le squelette, ainsi que sur l’importance et l’influence de l’héritage trans-générationnel des secrets de famille.

Dans la trilogie intitulée Les secrets du clan familial, elle propose une grille de lecture qui va permettre au lecteur de comprendre comment le cerveau peut choisir de provoquer une panne articulaire extrêmement spécifique, dans un contexte bien précis, pour préserver la survie de la personne concernée.

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Trouver Sa Voie

Faut-il Suivre Ses Rêves? Conte « Les Deux Rêveurs »

 « Un jour, comme il s’était endormi, la nuque contre le tronc de son arbre, un beau rêve lui vint. »

Peut-on suivre ses rêves à une époque où les exigences du quotidien envahissent l’espace et le temps? Pour répondre à cette question, je vais me tourner vers un conte traditionnel. Ce conte a été rendu célèbre par Paulo Coelho dans son livre l’Alchimiste. Personnellement, j’aime la version d’Henri Gougaud, écrivain, poète et conteur, car elle offre une profonde lecture de ce que veut dire « suivre son rêve. »

Je vous laisse découvrir ce conte intitulé Les Deux Rêveurs (publié dans les Contes de sages soufis, de. Seuil), et je vous retrouve après pour que l’on puisse en discuter.

arabicDans la ville d’Ispashan, en Perse, vécut autrefois un paysan très misérable. Il n’avait pour tout bien qu’une humble maison basse couleur de terre ensoleillée. Devant cette maison était un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. C’était là tout son bien.

Cet homme, qui travaillait beaucoup pour peu de récolte, avait coutume, quand le cadran solaire à demi effacé sur sa façade indiquait l’heure de midi, de faire la sieste à l’ombre de son figuier. Or, un jour, comme il s’était endormi, la nuque contre le tronc de son arbre, un beau rêve lui vint.

Il se vit cheminant dans une cité populeuse, vaste, magnifique. Le long de la ruelle où il marchait nonchalamment étaient des boutiques foisonnantes de fruits et d’épices, de cuivres et de tissus multicolores. Au loin, dans le ciel bleu, se dressaient des minarets, des dômes, des palais couleur d’or. Notre homme, contemplant avec ravissement ces richesses, ces beautés, et les visages avenants de la foule alentour, parvint bientôt, dans la lumière et l’aisance de ce songe béni, au bord d’un fleuve que traversait un pont de pierre.

Vers ce pont il s’avança et soudain fit halte, émerveillé, au pied de la première borne. Là était dans un grand coffre ouvert, un prodigieux trésor de pièces d’or et de pierres précieuses. Il entendit alors une voix qui lui dit: « Tu es ici dans la grande cité du Caire, en Égypte. Ces biens, ami, te sont promis. » À peine ces paroles allumées dans son esprit, il s’éveilla sous son figuier, à Ispashan. Il pensa aussitôt que Dieu l’aimait et désirait l’enrichir. « En vérité, se dit-il, ce rêve ne peut être que le fruit de son indulgente bonté. » Il boucla donc son baluchon, cacha la clé de sa masure entre deux pierres du mur et s’en alla sur l’heure en terre d’Égypte, chercher le trésor promis.

hagemann-bazarLe voyage fut long et périlleux, mais par grâce naturelle le bonhomme avait le pied solide et la santé ferme. Il échappa aux brigands, aux bêtes sauvages, aux pièges de la route. Au bout de trois rudes semaines, il parvint enfin à la grande cité du Caire. Il trouva cette ville exactement comme il l’avait vue dans son rêve: les mêmes ruelles vinrent sous ses pas. Il chemina parmi la même foule nonchalante, le long des mêmes boutiques débordantes de tous les biens du monde. Il se laissa guider par les mêmes minarets, au loin, dans le ciel limpide. Il parvint ainsi au bord du même fleuve que traversait le même pont de pierre. À l’entrée du pont était la même borne. Il courut vers elle, les mains déjà tendues à la fortune, mais presque aussitôt se prit la tête en gémissant. Là n’était qu’un mendiant, qui lui tendit la main en quête d’un croûton de pain. De trésor, pas la moindre trace.

Alors notre coureur de songes, à bout de forces et de ressources, désespéra. « À quoi bon vivre désormais, se dit-il. Plus rien de souhaitable ne peut m’advenir en ce monde. » Le visage baigné de larmes, il enjamba le parapet, décidé à se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint par le bout du pied, le ramena sur le pavé du pont, le prit aux épaules et lui dit: « Pourquoi veux-tu mourir, pauvre fou, par un si beau temps? »

L’autre en sanglotant lui raconta tout: son rêve, son espoir de trouver un trésor, son long voyage. Alors le mendiant se prit à rire à grands éclats, se frappa le front de la paume, et le désignant alentour comme un bouffon faramineux: « Voilà bien le plus parfait idiot de la terre, dit-il. Quelle folie d’avoir entrepris un voyage aussi dangereux sur la foi d’un rêve! Je me croyais d’esprit malingre, mais auprès de toi, bonhomme, je me sens sage comme un saint derviche. Moi qui te parle, toutes les nuits, depuis des années, je rêve que je me trouve dans une ville inconnue. Son nom est, je crois, Ispashan. Dans cette ville est petite maison basse couleur de terre ensoleillée, et la façade pauvrement ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Devant cette maison est un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. Toutes les nuits, dans mon rêve, je creuse un trou profond au pied de ce figuier, et je découvre un coffre empli à ras bord de pièces d’or et de pierres précieuses. Ai-je jamais songé à courir vers ce mirage?

– Non, je suis, moi, un homme raisonnable. Je suis resté à mendier tranquillement ma pitance sur ce pont fort passant. Songe, mensonge, dit le proverbe. Où Dieu t’a mis tu aurais dû demeurer. Va, médite et sois à l’avenir moins naïf, tu vivras mieux. »

arabicLe paysan, à la description faite, reconnut sa maison et son figuier. Le visage tout à coup illuminé, il embrassa le mendiant éberlué par cet accès subit d’enthousiasme et retourna à Ispahan, courant et gambadant comme un homme doué de joie inépuisable. Arrivé chez lui, il ne prit même pas le temps d’ouvrir sa porte. Il empoigna une pioche, creusa un grand trou au pied de son figuier, découvrit au fond de ce trou un immense trésor. alors, se mettant la face contre terre: « Dieu est grand, dit-il, et je suis son enfant. »

Ce conte illustre quelques points essentiels sur la recherche du bonheur.

Le bonheur ne se trouve pas toujours là où l’on pense le trouver

Tout d’abord, notre idée de ce qui va nous rendre heureux, notre bonheur, ne se trouve souvent pas là où l’on pense le trouver. Le paysan pense trouver le trésor (qui symbolise la richesse qu’elle soit affective, sociale, ou financière…) au Caire, mais finit par découvrir qu’il se trouve ailleurs. De même, notre perception de ce qu’il nous faut pour être bien n’est pas toujours en accord avec la réalité. De nombreuses personnes atteignent leur objectif (réussite au travail, vie de couple…) pour finalement se rendre compte que cela ne les rend pas forcément plus heureuses.

En suivant ce songe, le paysan ne découvre pas le trésor là où il pensait le trouver, mais finit tout de même par le trouver grâce à une succession d’évènements: son rêve, son voyage, sa décision de se jeter dans le fleuve, sa discussion avec le mendiant. S’il n’avait pas initialement cru en son rêve, il n’aurait pas pu atteindre son trésor.

Faire le pas et se laisser guider

Je trouve là l’aspect le plus intéressant de ce conte: il faut une mise en action, même si cette dernière nous conduit initialement dans une direction inconnue, pour enfin trouver notre bonheur. Enfin, le paysan découvre son trésor chez lui, mais il lui a fallu partir loin de son environnement familier pour pouvoir faire cette découverte.

Cela fait écho avec notre besoin de sortir de notre zone de confort, de nos habitudes, et surtout d’une vie vécut en mode automatique avec peu de conscience. Nous sommes nombreux à vivre comme le mendiant qui se contente de ce qu’il a, et ne croit plus en une vie plus profonde et plus riche.

La joie dans le quotidien

Le bonheur ne se trouve souvent pas dans une vie extraordinaire où l’on devrait briller de mille feux (socialement, professionnellement…), mais dans le quotidien. Tout comme le Candide de Voltaire, le paysan d’Ispahan trouve son bonheur dans son jardin. Mais tous les deux ont dû d’abord s’extraire de leur cadre familier.

Nous devons de même sortir de nos habitudes – et pas besoin pour cela d’aller à l’autre bout de la terre, même si parfois c’est une bonne idée! – en commençant par développer un regard neuf sur notre vie et en redécouvrant ce à quoi l’on aspire, nos rêves.

Il faut commencer par faire le calme en soi pour se réécouter et refaire confiance en son intuition: S’asseoir immobile et prendre le temps de tourner l’attention vers sa respiration et vers ses ressentis.

Tous les jours avant son songe, le paysan dormait sur son trésor sans le savoir. Nous avons déjà en nous les ressources pour vivre heureux. Libérons-nous du flot habituel des pensées, pour découvrir en deçà notre nature véritable. La méditation est idéale pour cela.

Sources et note: Contes des sages soufis d’Henri Gougaud aux éditions Seuil ; Peinture du bazar du Caire par Godefroy Hageman (1820-1877) ; Photo haut de page: Marek Wykowski ; 

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Définitions et Lexique Penseurs et Visionnaires Philosophie

Le Double Sens de la Méditation avec le Philosophe Scientifique Edgar Morin

« La méditation? On entre dans une expérience vécue qui ne peut se transmettre sinon métaphoriquement, et laquelle donne le sentiment profond d’atteindre la vérité de l’univers, ou du réel. »

Lorsque j’ai commencé ce blog, je pensais surtout écrire sur la définition ‘orientale’ de la méditation: une contemplation de l’instant présent où la pensée passe en arrière-plan. Puis au long des mois, le besoin d’approfondir la réflexion m’a amener à méditer certains sujets. ‘Méditer’ selon le sens classique du terme que Michel de Montaigne décrivait comme « un moyen riche et puissant pour quiconque sait comment examiner son esprit et s’y emploie avec vigueur. » Méditer pour retrouver le moment présent, mais également méditer pour mieux comprendre le monde autour de soi. Ces deux formes de méditation se complètent de plus en plus dans mon quotidien.

D’où mon agréable surprise de redécouvrir un entretien avec Edgar Morin, philosophe, sociologue et directeur de recherche au CNRS, dans lequel il expose la nécessité de cette double méditation (ressenti et réflexion) pour permettre l’épanouissement de l’être et de la société.

Selon Edgar Morin, on ne peut séparer la contemplation (méditation orientale) de la méditation sur le sens des évènements de la vie. Dans son entretien publié en 1988 dans la première édition de Clé Magazine, il explique le double sens du mot méditation.

Le premier sens du mot méditer, c’est de réfléchir de façon à la fois calme et approfondie, se donner le temps, après une lecture, après un spectacle, voire après un repas, de savourer, de soupeser […]

Ce type de méditation, qui pouvait exister dans la culture occidentale des siècles passés, tend à être éliminé par la chronométrisation généralisée et accélérée de tout.

[…]

Les pensées orientales arrivent vers l’Occident, d’abord sous les formes les plus assimilables, c’est-à-dire les yogismes. À travers ces formes, le mot de méditation réapparait. Mais avec un deuxième sens… Il s’agit de méditer ce qui est à la limite même de la pensée.

Le philosophe constate que la société et ses individus ne prennent plus le temps d’approfondir la réflexion et que cela les prédispose à faire les mêmes erreurs.

Celui qui oublie l’erreur qu’il a faite dans sa vie est condamné à la répéter. Nous ne prenons pas le temps de méditer sur nos erreurs. En fait, la méditation ajoute à la réflexion une sorte de temps plus relâché, plus organique, plus biologique.

Tout va très vite (déjà en 1988!) et les gens subissent leur quotidien plutôt que de le vivre.

Nous sommes tous des gens pris dans un activisme généralisé. Celui-ci n’est pas de l’action: nous ne sommes pas actifs, nous sommes activisés. Ce qu’on croit être de l’action est en fait complètement subi, car ce qui nous catapulte, ce sont les coups de téléphone, les rendez-vous, les obligations…

Pourquoi ne prend-on plus le temps de réfléchir en profondeur sur le sens de la vie? Edgar Morin pointe du doigt la peur de l’inconnu, du « néant ». D’origine juive séfarade, mais se déclarant athée, il constate que la culture, d’abord religieuse puis scientifique, fait tout pour nous donner l’illusion que ces questions existentielles ne sont plus nécessaires, pour nous rassurer et nous garder dans les rangs.

D’où vient le problème? Notre culture européenne est d’abord l’héritière du judéo-christianisme, c’est-à-dire de traditions qui éliminent le néant individuel, en disant à chacun: vous serez sauvé, il y aura la résurrection du corps. Cette idée on la trouve déjà chez les prophètes qui précèdent le Christ. Autrement dit, chaque individu a le moyen d’éliminer sa propre mort.

Ensuite, ce qui a succédé au christianisme, toute la pensée laïque qui démarre avec le rationalisme, la science, la technique, est une pensée qui va vers la conquête du monde, et qui, par là même, dissout elle aussi le néant. Ce progressisme voit l’homme devenir le maître absolu de la nature.

Mais déjà à la fin du siècle passé, et encore plus aujourd’hui, ces certitudes perdent de leur poids.

Notre siècle aboutit à la double idée qu’il n’y a de certitude ni philosophique ni scientifique. Bien entendu, il y a des tas de certitudes locales, régionales, mais nous n’avons plus de certitudes absolues sur lesquelles fonder un système de pensée qui serait une lumière sur toute chose.

C’est là que le sens oriental de la méditation devient salvateur, car la méditation va permettre de reprendre conscience de l’aspect invisible de la vie. Même une partie de la science (trop peu importante regrette Edgar) semble embrasser la nécessité d’atteindre à travers l’expérience la « vérité de l’univers ».

Chez les scientifiques, c’est la quête d’un Bernard d’Espagnat ou d’un David Bohm, qui, par des moyens différents, arrivent à l’idée qu’il y a quelque chose de nécessaire à notre univers spatio-temporel, mais qui échappe au temps et à l’espace.

[…]

Dans tout ce qui se situe en deçà du temps et de l’espace, il n’y a plus de séparation possible, c’est l’inséparabilité dont parle d’Espagnat. Et donc on arrive par les voies de la science à l’idée qu’il y a une sorte de totalité indicible dont on ne peut rien dire et dont on ne peut simplement que reconnaître l’existence, sans pouvoir même la situer.

Face à cela, nous sommes sommés de méditer. On entre dans une expérience vécue qui ne peut se transmettre sinon métaphoriquement, et laquelle donne le sentiment profond d’atteindre la vérité de l’univers, ou du réel.

Edgar Morin conclut son entretien en indiquant que le changement ne peut venir qu’au niveau individuel. Et il insiste sur la nécessité d’une double méditation. D’une part, approfondir la réflexion et d’autre part développer l’écoute interne (méditer immobile) pour ne plus subir le monde, mais l’habiter pleinement.

La seule chose que je crois, c’est que la révolution salutaire ne pourra pas venir uniquement de l’extérieur, c’est-à-dire par des réformes d’institutions, par des changements économiques et politiques. La mutation viendra aussi de l’intérieure, et sans doute à deux niveaux: d’abord par ce que j’appelle la réforme de pensée, qui consiste à penser d’une façon plus complexe et plus riche, plus adéquate, moins mutilée; et deuxièmement par une réintériorisation de l’existence humaine, qui cessera de s’agiter dans tous les sens uniquement en fonction des conquêtes extérieures.

Le travail d’Edgar Morin, docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde, « exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen et en Amérique latine, et jusqu’en Chine, Corée, Japon. »* Je trouve encourageant qu’une telle figure intellectuelle soutienne l’importance d’un retour vers soi à travers l’expérience et la réflexion.

Grâce à nous tous, le monde peut graduellement évoluer vers plus de conscience et de compassion, et vers moins de souffrances. Commençons chacun chez soi par prendre le temps de méditer, ne serait-ce que 10 minutes par jour.

Sources: Clé magazine n°1 ; illustration de tiverlucky ; *Edgar Morin wikipedia; brainpickings pour la citation de Montaigne.

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10 Minutes de Méditation par Jour, Est-ce Assez? Avec Andy Puddicombe

J’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes qui méditent 1 à 3 heures par jour. Que ce soit en Inde, en Thaïlande ou en France, ces personnes – amis ou enseignants – ont été pour moi une source d’inspiration. En commençant à méditer, je pensais que graduellement faire des séances de plus en plus longues serait nécessaire pour continuer à ressentir les bienfaits de cette pratique. Pourtant, plusieurs années après le début de ma pratique, mes séances dépassent rarement 20 minutes. Et je continue à ressentir les bienfaits physiques et émotionnels de cette pratique. Et je ne suis pas seul dans cette situation.

Andy Puddicomb est l’auteur d’un ouvrage à succès Mon cours de méditation et il a contribué à communiquer les bienfaits de la méditation de pleine conscience à travers le monde. Selon Andy, il n’est pas nécessaire de rester assis pendant 40 minutes ou plus pour profiter des bienfaits de la méditation.

On peut comparer ça à une partie de tennis. À moins d’envisager une carrière professionnelle, vous n’avez pas besoin de jouer au tennis toute la journée pour vous amuser ou améliorer votre santé. C’est pareil avec la pleine conscience.

Cet anglais d’origine a découvert la méditation à l’âge de 11 ans. Suite à un divorce, sa mère cherche à surmonter sa peine. Elle l’emmène avec sa soeur à un cours de méditation.

Ce premier contact fut une expérience surprenante. Mon corps et mon esprit, toujours en activité, furent tout à coup plongés dans le calme. Je cross que je n’étais encore jamais resté tranquille aussi longtemps que ce jour-là.

Même s’il ne continue pas dans sa pratique, cette première expérience a marqué Andy. Et à partir de là, il va s’intéresser par tout ce qui touche à l’entraînement de l’esprit.

Des années plus tard, et cela après avoir vécu une succession d’évènements difficiles – perte de sa demi-soeur dans un accident de voiture, décès d’une amie d’enfance lors d’une opération du coeur, des amis fauchés sous ses yeux par un automobiliste ivre – il décide de partir faire une retraite dans l’Himalaya.

 Je ne m’étais jamais senti aussi désemparé. Je luttais terriblement avec mes pensées et je n’arrêtais pas de ruminer. Chaque fibre de mon corps était sous tension. C’est à ce moment-là que je me suis demandé s’il était possible d’entraîner mon esprit pour mieux supporter le chagrin.

Il passera 10 ans dans des monastères bouddhistes. Régulièrement de retour en Angleterre, Andy ne peut que constater le stress auquel sont exposé ses amis, et qu’au fond ils recherchent la même chose que lui. En 2010, il crée avec un partenaire, Headspace, pour faire découvrir les effets positifs de la méditation au grand public.

Tout de suite, Andy insiste sur le fait que 10 minutes de méditation par jour suffisent pour en ressentir les bienfaits. Il veut proposer une méthode qui soit facilement applicable dans la vie moderne, et tout le monde a 10 minutes dans sa journée pour explorer la méditation. Il propose donc un programme de 10 jours: 10 minutes de méditation par jour pendant 10 jours.

On lui demande comment 10 minutes de méditation peuvent suffire? En quoi vont-elles affecter le reste de la journée? Ce à quoi Andy répond.

Vous allez vite vous en rendre compte. Vous pouvez retrouver à tout instant et en tout lieu la sensation de pleine conscience obtenue en méditant dix minutes par jour? Cela va beaucoup plus loin que la simple concentration sur notre respiration. Il s’agit de prendre conscience du monde qui nous entoure, de la sensation de nos poids qui se posent sur le sol lorsque nous allons acheter une baguette de pain ou de la caresse du soleil sur notre visage. Vous aurez l’impression d’enfin vivre pleinement!

Le témoignage d’Andy est une belle source de motivation. Avez-vous 10 minutes par jour pour méditer? Probablement! Et ces 10 minutes seront sans aucun doute le meilleur investissement de temps que vous pourrez faire pour améliorer votre bien-être.

Sources et liens utiles: Merci à Elles Beijers pour m’avoir fait connaître Andy Puddicombe et à Happinez magazine. Le site d’Andy: getsomeheadspace.com (en anglais). * Indique un produit affilié (PLM touche une petite commission de la part d’Amazon si vous achetez le produit.)

mon cours de méditationDescriptif du livre: Les idées se bousculent dans votre esprit ? Vous courez toute la journée pour gagner 3 minutes ? Stop ! Si vous avez caressé un jour le rêve de ramener le calme en vous, d’arrêter le temps ne serait-ce que quelques minutes, ce livre est pour vous. Il propose ni plus ni moins une méditation, mais pas la méditation dont tout le monde vous rabat les oreilles en ce moment. Pas de chant lancinant, de positions du lotus et de quête précise. L’auteur démystifie dans ce livre la méditation et la rend accessible à n’importe qui. Il nous apprend à dégager notre esprit pour y voir enfin plus clair, et ce en 10 minutes seulement par jour.

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Bienfaits de la méditation Recherches scientifiques

Les Bienfaits de la Méditation

Dans cet article j’aimerais vous parler des bienfaits de la méditation d’un point de vue scientifique. Car si très longtemps, la méditation a surtout été associée à une dimension spirituelle, depuis quelques décennies – depuis que sa pratique à commencer à s’étendre en occident – la méditation et ses bienfaits ont été scrutés par le regard de la science.

Les bienfaits de la méditation sous le regard de la science

S’il y a une personne qui a beaucoup contribué à la recherche autour de la méditation, c’est bien le professeur Jon Kabat-Zinn qui dès 1979 fonde le Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) ou « Réduction du stress basée sur la pleine conscience »

Le MBSR est un programme qui combine le Hatha Yoga et la méditation. Il se déroule sur 8 semaines durant lesquelles les personnes apprennent à méditer. Ce programme a été initialement mis en place pour aider les patients des hôpitaux à mieux faire face à la douleur et au stress.

La particularité de ce programme est qu’il a été structuré d’une manière méthodologique pour en étudier l’efficacité. Le MBSR a offert à la méditation un cadre clinique qui a pu facilement être étudié.

Les bienfaits de la méditation sur le stress mais pas seulement

Si initialement la recherche s’est concentrée sur les bienfaits de la méditation sur le stress, les chercheurs ont rapidement constaté que cette pratique améliorait de nombreux domaines de notre santé.

Et c’est ainsi que sur ces dernières années, des études de plus en plus variées ont pu observer l’effet de la méditation sur les nombreuses facettes de notre vie. 477 études scientifiques ont été effectuées sur la méditation (jusqu’à 2013.) Voilà la conclusion des bienfaits de la méditation de quelques-unes de ces études.

Une meilleure capacité de concentration

Lorsque l’on exerce la concentration à travers la méditation, il s’opère un travail de sélectivité : on tend à être réceptif à une seule chose, au détriment d’autres stimuli qui pourraient venir à la surface, y compris les pensées parasites. (1)

Moins de consommation d’énergie

Un corps qui a besoin de moins d’énergie pour fonctionner au quotidien est un corps plus efficace. Tout comme un moteur de voiture en bon état va faire plus de kilomètres (avec la même quantité d’essence) qu’une voiture usée, un corps sain va efficacement gérer les activités du quotidien avec une moindre consommation d’oxygène.

Plusieurs dizaines d’études ont constaté que la méditation diminuait la consommation d’oxygène et la combustion d’énergie par l’organisme. En effet, la fréquence respiratoire, lorsqu’elle diminue, indique que le corps utilise moins d’énergie. Les personnes entraînées en méditation respirent en général à 4 ou 6 cycles par minutes. Ce qui est considérablement moins que les de 12 à 20 cycles par minute généralement observés chez l’adulte. Chez les méditants zen la consommation d’oxygène peut diminuer de plus de 50 %. Cette diminution de la respiration résulte d’un allongement de la période d’expiration.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que ce ralentissement prend place même en dehors des séances de méditation. La respiration calme et ample devient une habitude. En plus de diminuer notre besoin en énergie, une faible fréquence de respiration diminue l’activation du stress. Lorsque le souffle est calme, le cœur se calme. (2)

Prévient les maladies cardiovasculaires

La recherche nous a montré que la fréquence du cœur d’un méditant baisse, au maximum de 15 battements par minute en moins. Et cette fréquence diminue d’autant plus que la personne est avancée dans sa pratique. Comme pour un sportif entraîné, un pratiquant régulier finit par obtenir un ralentissement permanent du rythme. Cela va se répercuter positivement sur la pression artérielle.

Depuis plus de quarante ans, de nombreuses études ont observé l’effet de la méditation sur la tension artérielle. Voilà les conclusions auxquels ils sont arrivés : méditer diminue la tension. À noter cependant que les résultats varient selon la technique (qi gong, yoga, MBSR…). Dans tous les cas, une pratique régulière permet d’avoir une baisse qui s’inscrit dans la durée. Il faut noter que pour les personnes souffrant de très hautes tensions, il ne faut pas arrêter son traitement médical. De plus, une alimentation saine tout comme l’exercice physique doivent s’intégrer dans un mode de vie pour prévenir l’hypertension. (3)

Bienfaits de la méditation conclusion

Ces études nous montrent à quel point le simple acte de ramener notre attention sur le moment présent peut modifier notre physiologie et renforcer notre santé.

Pratiquer la méditation peut donc nous permettre de diminuer et de prévenir les problèmes de santé, de dissiper l’anxiété, de renforcer notre vitalité et nous permettre de vieillir dans les meilleures conditions.

Dans cette infographie d’Anne du site La fabrique à remèdes, découvrez 8 raisons scientifiquement prouvées de commencer la méditation Aujourd’hui.

Découvrir aussi l’article d’Anne sur la méditation transcendantale.

Note: Si vous avez aimé cet article, vous aimerez aussi Méditation Cerveau 

Sources:  1) Delmonte M., « Buddhism and ehaviours modification », Psychological Record, 1981, 3, 331-342 ; 2) Austin J., Zen and the brain, p. 94, The MIT Press, 1998 ; 3) Murphy M., Donovan S. ; « The physical and psychological effects of meditation », Institue of Noetic Sciences, 1996.

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Hygiène de vie Podcast

Bien Dormir N’est Plus un Luxe!

Dans ce nouveau podcast vous allez découvrir

  • Pourquoi on admire les gens qui dorment peu et font beaucoup
  • Ce qui se passe dans votre cerveau lorsque vous dormez (il ne se mets pas en pause comme on l’a longtemps cru)
  • L’effet d’un bon sommeil sur la santé physique et morale
  • Les risques de ne pas dormir suffisamment
  • L’importance de dormir 7 à 8 heures pour pouvoir innover et créer
  • Le témoignage de Maria Popova, auteure
  • Comment compenser le manque de sommeil

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Articles et infos mentionnés dans ce podcast

Le podcast Pratiquer la Méditation sur iTunes

Pierre Rabhi : « Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence »

Rubrique Reprendre Confiance en Soi.

Le blog de Maria Popova: BrainPickings (anglais)

Le blog de Tim Ferris: The Four Hour Work Week (anglais)

Article Comment trouver le sommeil grâce à la méditation

Podcast avec Lionel: Comment lutter contre la fatigue

Version Texte du Podcast

Pas besoin de recherche scientifique pour savoir qu’un bon sommeil est essentiel pour la santé physique et morale. Il suffit de passer une mauvaise nuit pour se rendre compte dès le lendemain de l’importance du sommeil. Pourtant, nous sommes encore trop nombreux à repousser l’heure de dormir préférant socialiser, regarder la télé ou pianoter sur smartphones et tablettes. Or ce que la science découvre aujourd’hui c’est que bien dormir n’est pas un luxe, mais un ingrédient essentiel pour la bonne santé, pour les capacités de concentration (important dans la méditation) et de créativité. Découvrons ensemble pourquoi votre bien-être dépend directement des 7 à 8 heures de sommeil que vous devriez avoir chaque nuit.

Nous vivons, comme l’écrit Pierre Rabhi dans un monde qui a « choisi la frénésie comme mode d’existence. » Tout va vite, et les actes à faire semblent s’accumuler et finissent par saturer notre quotidien. Le soir venu, on essaie de se détendre, de profiter de ses proches, et cela souvent au détriment du sommeil. Bien dormir est perçu comme un luxe, et on attend le week-end pour rattraper si possible le sommeil perdu. Dormir peu et faire beaucoup est devenue quelque chose de normal et je dirais même que cela est parfois perçu comme une qualité.

Il est intéressant de noter que les personnes qui dorment peu et qui font beaucoup de choses sont souvent admirées pour leur solidité.

Lorsque j’étais étudiant en chiropratique aux États-Unis, nous avions des journées bien chargées entre les cours tôt le matin et le travail en clinique le soir jusqu’à 19-20h. J’avais dans ma classe une amie qui en plus travaillait le soir dans un restaurant et se lever les matins à 6h00 pour aller courir. Elle ne renonçait pas pour autant aux sorties étudiantes, et souvent ne dormais que 4 à 5 heures par nuit. J’étais admiratif par sa capacité à fonctionner malgré si peu de sommeil et je me sentais être une « petite nature », car je ne voulais pas renoncer à mes 8 heures de sommeil par nuit.

Être productif et profiter pleinement de la vie sont tellement devenues des valeurs phares dans nos sociétés occidentales que l’on est prêt à renoncer aux heures de sommeil pour ne rien manquer! Vous avez certainement déjà entendu cette réplique dans un film où le personnage, cool et dur à la fois, annonce « j’aurais tout le temps de dormir lorsque je serais mort. »

Si longtemps on a cru que se priver de sommeil résultait seulement en de la fatigue la journée, la science nous apprend aujourd’hui que les conséquences au manque de sommeil sont bien plus lourdes.

Le cerveau ne se met pas en pause lorsqu’on dort

Le sommeil est souvent perçu comme une mise en repos du cerveau. Tout comme on met un ordinateur en vieille, on pensait que les fonctions du cerveau ralentissaient pour faire une pause.

Or, ce que l’on sait désormais, c’est qu’une fois les yeux fermés et endormi, le cerveau ne se met pas au ralenti, mais plutôt enclenche un processus complètement différent. Des millions de neurones commencent à pulser d’une manière synchronisée ce qui apaise le cerveau. Pendant ce temps, les informations qui ont submergé le cerveau durant la journée, et qui sont trop nombreuses pour êtres toutes intégrées en temps réel, sont organisées et structurées durant la nuit. À cela s’ajoute un nettoyage intense des détritus toxiques qui sont le résultat du métabolisme du cerveau durant la journée. En effet, lorsque le cerveau fonctionne durant la journée, il consomme beaucoup d’énergie, et les résidus de ce fonctionnement sont des radicaux libres qui doivent être évacués pour permettre aux neurones de continuer à fonctionner dans un environnement sain.

Sans entrer plus en détail dans ce qui se passe dans notre cerveau lorsque l’on dort, les scientifiques s’accordent à dire que la nature a fait du sommeil le panaché pour le bine-être du cerveau. Aucun médicament ne peut s’approcher de la capacité qu’a le sommeil à restaurer et rajeunir le cerveau.

Dormir 7 à 8 heures de sommeil par nuit améliore la concentration, l’organisation et la mémoire, et permet au système qui régule la quantité de graisse dans le corps de bien fonctionner. Bien dormir diminue les risques de développer du diabète, la dépression, certains cancers et la maladie d’Alzheimer.

À l’opposé le manque de sommeil nous rend plus fragiles physiquement et émotionnellement, et surtout cela nous prive de notre capacité à fonctionner pleinement et à créer. C’est pour ça que j’ai voulu parler des bienfaits du sommeil. Car prévenir la maladie d’Alzheimer n’est pas pour moi une motivation palpable pour faire l’effort de mieux dormir aujourd’hui, mais savoir que le manque de sommeil va m’empêcher de partager ce que j’ai de mieux à offrir, c’est quelque chose qui me parle.

S’exprimer et créer sont indissociable d’une bonne confiance en soi (j’en parle plus en détail dans la série confiance en soi). Pour se sentir bien et pour s’épanouir, être capable d’innovation et de création, c’est quelque chose d’indispensable. Et bien dormir est l’ingrédient nécessaire à cette création.

Un bon exemple de cela est Maria Popova. Cette amoureuse des livres, originaire de Bulgarie, a créé aux États-Unis l’un des plus influents blogs sur la littérature. Elle lit 5 à 7 livres par semaines, et elle est une auteure prolifique avec des dizaines d’articles écrits chaque mois. Son blog Brainpickings (que je trouve excellent et que je vous recommande) est suivi par près de 6 millions de lecteurs chaque mois. Lors d’un entretien pour une émission de podcast avec Tim Ferris, elle explique l’importance du sommeil pour sa capacité de travail.

Tim Ferris lui demande « à quelle heure te réveilles-tu habituellement? »

Exactement 8 heures après que je me sois couchée. Cela varie. Je suis une grande adepte d’un bon sommeil. Lorsque je réfléchis pour écrire, j’essaie de faire des associations entre des idées et des concepts qui sont en apparence non reliés. Pour que cela puisse marcher, ces associations doivent s’enclencher dans le cerveau, et lorsque je suis en manque de sommeil je sens que je n’ai pas le plein accès à mon cerveau. Je ne suis pas du tout seule dans ce cas, des recherches scientifiques montrent que le cerveau est bridé lorsque l’on manque de sommeil. Et dormir la moitié des heures dont on a besoin de dormir, c’est comme être ivre. Notre culture donne un « badge d’honneur » à ceux qui arrivent à dormir peu et à s’en tirer. On parle d’éthique de travail, d’être solide, mais je pense que c’est un échec du respect de soi. Dans ma vie, je suis donc très disciplinée par rapport à mon sommeil, au moins aussi discipliné que pour mon travail. Car la qualité de mon travail dépend totalement de la qualité de mon sommeil.

Bien dormir est donc essentiel pour bien vivre. Aussi important qu’une bonne alimentation, que l’exercice physique et que la méditation, un bon sommeil contribue à notre bien-être.

Comment faire si vous avez du mal à dormir ou si votre emploi du temps est tel que vous ne pouvez pas dormir 7 heures ou plus par nuit?

Avant de répondre à cette question, il est utile de noter que la majorité des personnes qui ne dorment pas assez le font par choix et non pas par ce qu’elles y sont contraintes. Le Dr Peter Liu, professeur de médecine au centre médical de l’université de Californie, Los Angeles, note que le manque de sommeil est avant tout dû à notre mode de vie. Il note:

Les problèmes de sommeil ne sont pas toujours dus à des problèmes familiaux ou à des difficultés de travail ou financières. La façon dont on vit aujourd’hui – vérifier nos téléphones chaque quelques minutes, saturer nos journées ou celles de nos enfants d’activités, ne pas prendre le temps de relaxer sans un écran près du visage – contribue à un flux régulier d’hormones de stress comme le cortisol, et toute cette lumière artificielle et tout ce temps passé devant les écrans dérègle notre horloge interne. Nos corps ne savent simplement plus comment naturellement glisser dans le sommeil.

Vraies difficultés à bien dormir

Si vous souffrez d’insomnie, passagère ou chronique, la méditation peut être une aide précieuse. Dans une étude rétrospective appelée « Les effets de la pleine conscience sur les troubles du sommeil » les chercheurs ont noté que sur 7 études cliniques portant sur l’effet de la méditation sur le sommeil, 3 études ont révélé une légère amélioration du sommeil chez les personnes qui méditent comparé aux groupes contrôles. Les 4 autres études ont observé une amélioration considérable dans la qualité et la durée du sommeil chez les personnes qui ont suivi le programme de méditation. Cela serait attribué au fait que les pratiquants avaient grâce à la méditation moins de pensées anxiogènes durant la nuit.

Emploi du temps surchargé?

Si maintenant votre emploi du temps – combinaison de travail, enfants, et tâche diverses – vous empêche de suffisamment dormir la nuit, de courtes siestes durant la journée peuvent compenser en partie le manque de sommeil. Je vous recommande d’écouter l’entretien que j’ai fait avec Lionel sur comment lutter contre la fatigue. 

Il est aussi possible de rattraper en partie le manque de sommeil durant le week-end. Une étude a montré que les personnes qui ne dorment pas suffisamment en semaine, mais dorment bien plus le week-end (au moins 10 heures par nuit) compensent partiellement les effets néfastes du manque de sommeil.

En conclusion

Si aujourd’hui vous ne dormez pas assez, que ce soit par choix ou malgré vous, j’espère que ce podcast vous donnera envie de faire le nécessaire pour mieux dormir. La combinaison des demandes de la société et de nos habitudes nous pousse souvent à faire des choix qui nous brident et nous font souffrir sans même en avoir conscience. Il est fondamental de réapprendre à s’écouter que ce soit pour les besoins de dormir, de manger, de bouger, de s’exprimer. Sinon, on risque de vivre une vie en mode automatique et de passer à côté du vrai bonheur de vivre en accord avec nos ressentis.

Sources: Time October, 2014 ; The Tim Ferris Show

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Trouver Sa Voie

Secrets de Créativité

Exprimer sa créativité est une évolution naturelle de la méditation. Méditer permet en effet de revenir vers soi et de redécouvrir ce que l’on a envie d’exprimer et de partager.

Dans Comment Développer Sa Créativité, je parle du subtil mélange de lâcher-prise et de vigilance, de disponibilité et de concentration, qui est nécessaire pour l’expression de la créativité. On y découvre également comment la pratique de la méditation aide le processus créatif.

Vous trouverez ci-dessous, un recueil d’articles sur la créativité écrit par 21 auteurs et blogueurs. Il vous suffit de cliquer sur l’image pour télécharger La créativité et vous.

Ce recueil a été mis en place par Jérémy du blog out-the-box.fr. Vous y trouverez ma contribution p.22.

creativite et vous

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Penseurs et Visionnaires

Créer Une Société Qui Soutient l’Homme Au Lieu de l’Écraser par Pierre Rabhi

« J’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement. »

Pierre Rabhi, né en 1938, philosophe, biologiste, agriculteur et auteur, souhaite une société plus respectueuse de l’homme et de la terre. Dans une tribune publiée dans happinez, il partage sa vision d’un monde plus sain et plus harmonieux.

Pour Pierre Rabhi le vrai changement ne peut survenir qu’au niveau de l’individu. L’amélioration de la société ne peut être le résultat que d’une prise de conscience vécue par les individus que la constituent.

Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’étique investiront notre réflexion. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience, et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver.

Pierre, qui est considéré comme l’un des artisans de l’altermondialisme – mouvement qui met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique et sociale, la protection de l’environnement et les droits humains – souligne qu’une société plus juste ne peut exister que si l’on prend conscience de l’interconnexion de la vie.

J’appartiens au mystère de la vie et rien de me sépare de rien. Je suis relié, conscient et heureux de l’être.

Le père de Pierre, forgeron, musicien et poète, a été contraint de fermer son atelier et de travailler à la mine. Pierre fût sensibilisé dès son plus jeune âge à la dureté économique d’une société qui va de plus en plus vite.

Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable. temps-argent, temps-production, temps sportif aussi – où l’on est prêt à faire exploser son coeur et ses poumons pour un centième de seconde… tout cela est bien étrange. Nous nous battons avec le temps qui passe […] ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons.

« Quel est le sens de la vie? » Pierre Rabhi, né Rabah Rabhi en Algérie dans une famille musulmane se converti au christianisme à 16 ans, mais fini également par se détacher de cette religion. Aujourd’hui, il ne se sent lié à aucune croyance ou religion en particulier. Il a néanmoins foi dans une intelligence universelle et la vie est pour lui l’occasion de s’émerveiller devant la beauté de l’univers.

Je tiens pour ma part à me relier à ce qui me paraît moins déterminé par la subjectivité et la peur, à savoir l’intelligence universelle. Cette intelligence qui ne semble pas chargée des tourments de l’humanité, qui régit à la fois le macrocosme et le microcosme, et que je pressens dans la moindre petite graine de plante. Face à l’immensité de ce mystère, j’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement.

Pierre croit en un développement durable et en un mode de vie en accord avec l’environnement. À partir de 1981, il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontières » à la demande du gouvernement de ce pays. Dans la décennie qui suit, il met en place « Oasis en tous lieux » qui vise à promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social. Il est fondamental pour Pierre Rabhi que l’individu arrête de « courir » et de consommer, pour privilégier le simple bonheur d’exister.

La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer, de consommer pour produire, ou de tourner comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale. C’est pourtant à cela que nous réduit cette civilisation dans laquelle l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir. Des milliards d’euros sont impuissants à nous donner la joie, ce bien immatériel que nous recherchons tous, consciemment ou non, car il représente le bien suprême, à savoir la pleine satisfaction d’exister.

Le paysan philosophe conclut sa tribune en notant que l’important est d’être dans une attitude de réceptivité.

Prétendre que l’on génère l’enchantement serait vaniteux. En revanche, il faut se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation.

On sous-estime parfois notre capacité à changer, à être heureux, et à améliorer le monde autour de soi. Découvrez Sois le Changement Que Tu Veux Voir Dans le Monde.

Sources et liens utileshappinez (magazine) ; Pierre Rabhi Wikipedia ; Pour en savoir plus sur le travail de Pierre Rabhi, découvrez Colibri, coopérer pour changer et  Oasis en tous lieux.

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Reprendre Confiance en Soi

Enfin Reprendre Confiance en Soi, Partie 2

Cet article vient conclure la série de trois articles sur la confiance en soi. Dans le premier, ce qui se cache derrière le manque de confiance en soi, nous avons découvert que la physiologie de défense était la cause du manque de confiance en soi. Dans, enfin reprendre confiance en soi (1re partie), on a découvert l’importance de ne pas nourrir cette physiologie de défense en étant attentif à nos pensées.

Découvrons maintenant, les deux étapes qui suivent pour installer une solide confiance en soi: Aligner ses actions avec ses ressentis et trouver son moyen d’expression.

Aligner ses actions avec ses ressentis

Dans le premier article, je vous ai parlé de N., une femme discrète souffrant régulièrement de torticolis. N. a réappris à prendre conscience de son corps et de ses pensées à l’aide d’exercice sur sa posture, et de la méditation. Elle a réalisé à quel point ses pensées négatives entretenaient son état de stress, ses contractures au cou, et son manque de confiance.  À partir de cette nouvelle perspective, N. a pu observer des incohérences dans sa vie.

Elle est arrivée un jour au cabinet et m’a dit avec une satisfaction dans la voix: « j’ai eu une dispute avec mon mari ». Son mari lui avait fait un reproche et au lieu de s’effacer, elle lui a dit qu’elle n’était pas d’accord. N. m’expliqua qu’auparavant, elle aurait évité le conflit, comme elle l’avait toujours fait, mais que cette fois-ci, elle n’a pas pu faire autrement que d’exprimer son point de vue. Et elle ajouta que depuis cette altercation, la communication avec son mari s’est considérablement améliorée. Elle a pu lui dire ce qu’elle avait sur le coeur, et à son agréable surprise, il s’est ouvert à elle. N. nota qu’elle se sentait désormais bien mieux dans son couple.

Ce que l’exemple de N. nous apprend, c’est que réapprendre à s’écouter – percevoir comment les pensées génèrent des émotions qui nous font perdre nos moyens – va permettre d’éviter de se fermer comme une coquille dès le premier signe d’inconfort. On va pouvoir rester lucide et garder l’accès ouvert à nos ressources.

Vivre avec plus de cohérence

Cette nouvelle perspective va permettre de savoir ce qui nous convient et ce qui, au contraire, nous empêche de vivre heureux. Si auparavant, le sentiment de manque de confiance créait de la confusion, cette plus grande lucidité va aider à mieux voir quels changements sont nécessaires. La priorité n’est plus d’éviter le danger et de se protéger, elle devient de vivre avec plus de cohérence avec ses propres ressentis. 

Au lieu de réagir par habitude (mécanismes de protection venus de notre passé), on va enfin pouvoir agir à partir d’un état de calme et de confiance.

Si la première étape vers une plus grande confiance en soi consiste à neutraliser notre besoin de protection (en réapprenant à s’écouter et à faire le calme en soi), la seconde étape nécessite d’aligner nos actions avec nos ressentis.

Voilà quelques questions à se poser

  • Y a-t-il des actions qui aujourd’hui continuent à nourrir ma négativité?
  • Ai-je des choses à exprimer que j’ai longtemps gardées pour moi?
  • Qu’est-ce qui aujourd’hui me fait le plus de bien?

Une saine confiance en soi ne peut être durable qui si on fait les changements nécessaires. Souvent les premiers changements consistent à arrêter de chercher à faire plaisir, de se forcer à paraître de telle ou telle façon. Bien entendu, ces changements peuvent nécessiter un peu de temps pour se mettre en place bien que généralement, lorsque la prise de conscience est là, le changement est relativement rapide et inévitable.

Mettre en place ces changements va favoriser un environnement de vie en accord avec votre sensibilité. Vous allez pouvoir alors passer à la 3e étape qui consiste à trouver votre moyen d’expression.

Trouver son moyen d’expression

Cette 3e étape est l’extension de la seconde. Agir en accord avec ses ressenties c’est non seulement arrêter de se faire du mal, c’est également faire ce qui nous fait du bien. Et l’action fondamentale vers laquelle nous aspirons tous c’est d’exprimer notre voix, notre sensibilité, qui nous sommes.

Cette expression peut prendre mille formes: les arts, l’entrepreunariat, l’éducation, la famille, le social … Mais elle a toujours en commun de nous permettre d’exprimer notre sensibilité d’une manière authentique.

Plus d’articles sur Trouver sa Voie

En conclusion

La confiance en soi résulte donc d’un état d’être dynamique. Cela nécessite (vous pouvez utiliser les phrases ci-dessous comme des affirmations):

– d’observer nos ressentis : « lorsque je pense manquer de confiance c’est juste que mon corps se mets en mode de défense, et c’est possible de changer cela.»

– d’observer nos pensées: « lorsque je nourris un langage interne négatif et pessimiste, je sais désormais que j’accentue mon état de stress, mon besoin de protection, et ultimement mon manque de confiance. »

– d’observer nos actions: « je comprends mieux comment certaines actions favorisent mon langage négatif et je choisis, peu à peu, d’agir en accord avec ce qui me fait du bien. »

– d’observer nos choix de vie: « je réalise que faire et partager ce que j’aime fait partie de mon évolution personnelle, et que cela sera bénéfique pour moi comme pour les autres. »

Vous trouverez ci-dessous une infographie sur les concepts que l’on a découverts dans cette série de 3 articles.

confiance en soi infographique

J’espère que mieux comprendre le manque de confiance en soi vous aidera à mettre en place les actions nécessaires pour durablement renforcer votre confiance en vous et dans la vie.