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Livres Paroles de Sagesse

Khalil Gibran sur l’Incohérence de l’Indignation

Dans l’Oeil du Prophète, l’auteur libanais, offre un recueil de poèmes aussi beaux que riches de sens. Dans Dit le brin d’herbe se devine l’incohérence de l’indignation et de l’autosatisfaction. Nous sommes tous liés. Et si un jour nous nous indignons face au comportement « plus bas » d’un autre, gardons à notre attention que nous risquons nous même de manifester un jour ce comportement.

Par un jour d’automne le brin d’herbe dit à la feuille: « Tu fais tant de bruit en tombant que tu dissipes mes songes d’hiver. »

Indignée, la feuille répondit: «  Toi, chose hargneuse et muette, que la bassesse a engendrée et que la platitude a élevée. Comment peux-tu oser rêver, toi qui vis et meurs à même la terre sans jamais saisir la mélodie des airs? »

La feuille d’automne prit alors pour couche la terre et offrit son sommeil à l’hiver. Et quand vint le printemps, elle se réveilla. Elle était devenue un brin d’herbe.

Et lorsque revint l’automne, elle entendit des feuilles tomber de toutes parts sur elle. Elle se plaignit au fond d’elle-même en soupirant: « Ô feuilles d’automne, votre vacarme m’exaspère, vous ravagez tous mes rêves d’hiver! »

dit le brin d'herbe

Au lieu de la fierté et de la satisfaction de soi, développons les sentiments d’appréciation et de gratitude. Ils sont les meilleurs remparts contre l’indignation mal placée qui nous isole et nous éloigne des autres.

La compassion quant à elle dissipe sans effort le besoin de juger autrui. On ne peut s’indigner face au comportement d’une personne lorsque l’on sait au fond de soi que cette personne agit pour éviter de souffrir et pour être plus heureuse, comme nous le faisons tous. Cela ne veut pas dire que l’on encourage son comportement (qui peut être néfaste pour elle et pour les autres), mais simplement que l’on comprend sa condition d’être humain.

La définition de la compassion que nous donne Joan Halifax, bouddhiste travaillant avec des personnes en fin de vie, est un bon rappel de la force transformatrice de ce sentiment.

Dans Dit le brin d’herbe, Gibran nous rappelle que nous sommes tous liés et nous révèle l’incohérence de porter un jugement sur ceux qui sont « en bas ». Dans la La loi de l’homme, extrait du même recueil, l’auteur s’adresse directement à ceux qui souffrent et leur insuffle de l’espoir.

Êtes-vous de ceux qui sont nés dans le berceau de la souffrance, puis ont été élevés dans le giron de l’infortune ou dans la maison de l’oppression?

Mangez-vous des croûtes de pain sec rendues humides par vos pleurs? buvez-vous de l’eau trouble où le sang s’est mélangé aux larmes?

Si oui … vous êtes pareil à l’arbre nu qui plie sous le poids de la neige en hiver. Mais le printemps viendra et jettera sur vous son manteau de verdure. Et la Vérité déchirera le voile de pleurs qui cache votre sourire.

Au-delà de notre monde de matière réside une immense puissance, une puissance qui n’est que justice, compassion et amour.

Et si le printemps promis par Gibran était en fait de vivre davantage dans le présent. Lorsque l’on sait qu’une grande partie de nos souffrances est due à notre perception du monde, développer une nouvelle perspective, plus riche en compassion, peut transformer notre vie.

Compassion et amour sont des termes vagues, parfois idéalisés, et pourtant, on les porte en soi. Nourrissons-les tous les jours un peu en prenant le temps de revenir vers soi (si vous débutez en méditation: la méditation pour débutant en 5 points), en lisant des livres qui nous inspirent, en nous ouvrant aux autres.

Sources et note: L’Oeil du Prophète, Khalil Gibran, ed. Albin Michel ; Photo de Bruno Monginoux  ; Merci à Maria de brainpickings pour m’avoir refait découvrir ce poème. 

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Interview Podcast Reprendre Confiance en Soi

Entretien avec Jean-Luc Hudry: Faire Face à Nos Doutes

Jean-Luc Hudry, conférencier, offre des solutions aux problèmes privés comme professionnels. Ancien chef d’entreprise (avec plus de 1000 personnes managées), il a dû faire face à des difficultés de tailles qu’il a réussi à dépasser en entreprenant un travail de développement personnel.

Aujourd’hui, il  partage dans son blog et dans son livre des histoires et des outils pour nous aider à trouver les ressources en soi pour réussir nos projets de vie.

Dans cet entretien, Jean-Luc nous explique comment il est passé de chef d’entreprise à accompagnateur en développement personnel. Il nous parle:
– de comment dépasser nos doutes lorsque l’on entreprend quelque chose de nouveau
– de la principale résistance au changement
– de comment gérer les obstacles et l’adversité lorsqu’elle se présente

Note: par moment le son est saccadé (les aléas de la connexion internet) mais le gros de la discussion est compréhensible.

Si vous avez des questions ou un retour pour Jean-Luc, merci d’utiliser la zone commentaire ci-dessous.

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Reprendre Confiance en Soi

Enfin Reprendre Confiance en Soi

La semaine dernière, j’ai publié ce qui se cache derrière le manque de confiance en soi. Article que je vous recommande de lire, si vous ne l’avez pas fait, pour pouvoir pleinement profiter de celui-ci.

L’article ci-dessous est long. C’est peut-être l’article le plus long que j’ai publié jusqu’à ce jour sur le blog. Mais j’ai voulu adresser la solution au manque de confiance sous différents angles pour vous aider à bénéficier au mieux du matériel proposé. Je vous invite à lire cet article dans son intégralité, même en plusieurs fois, car il vous permettra de bien comprendre le mécanisme de manque de confiance et surtout comment s’en libérer. De plus, cet article introduit la suite de la série confiance en soi, qui j’espère, vous intéressera tout autant.

Dans l’article précédent sur le thème de la confiance en soi, on a découvert que le manque de confiance n’est pas un problème psychologique que l’on pourrait résoudre à travers le raisonnement. C’est une réponse de défense que l’on a héritée de nos ancêtres pour pouvoir survivre. Manquer de confiance, c’est inconsciemment se mettre en retrait pour éviter d’être exposé à un potentiel danger.

Dans ce nouvel article, on va découvrir comment transformer notre état pour retrouver une solide confiance en soi. Mais avant d’aborder la solution, j’aimerais vous parler de ce qui « ne marche pas », mais qui pourtant continue à être perçu comme la solution au manque de confiance en soi. On va découvrir comment cette «fausse » solution risque de contribuer à maintenir une faible confiance en soi.

Améliorer sa confiance en soi en se raisonnant?

Vous avez peut-être eu ce langage interne: « Fais un effort; prends sur toi; tu es assez intelligent(e); tu mérites cela; d’autres y arrivent, pourquoi pas toi?; il suffit de se lancer; … » Dans ce type de langage, vous relativisez intellectuellement votre manque de confiance. Vous savez que votre manque de confiance n’est pas vraiment justifié, et vous essayez de vous raisonner et de vous motiver à agir.

Mais voilà, une fois dans le coeur de l’action, toute votre motivation semble se faire submerger par l’océan de doute qui s’installe en vous. Vous perdez vos moyens, et vos affirmations se dissolvent dans la confusion de votre esprit. Vous n’avez alors envie que d’une chose, c’est de vous sortir de cette situation inconfortable.

Pourquoi perdez-vous vos moyens dans certaines situations?

Pourquoi une personne intelligente perd-elle ses moyens lorsqu’elle doit par exemple parler à un groupe ? Cette même personne sait qu’elle ne risque pas grand-chose, mais pourtant tout son être la paralyse, comme si prendre la parole la mettrait dans un grand danger.

Dans l’article précédent, on a découvert que le manque de confiance est dû à la physiologie de défense qui est une réaction instinctive profondément ancrée en soi. Lorsque cette physiologie s’enclenche, la partie du cerveau (cortex préfrontal) qui permet de relativiser n’a plus le contrôle. C’est le système de protection du cerveau (système limbique) qui tient les rênes, et qui va vous immobiliser malgré toute votre volonté.

LA PHYSIOLOGIE DE DEFENSE

La physiologie de défense c’est le fonctionnement de votre cerveau/corps qui change lorsque vous percevez consciemment ou inconsciemment un danger. Aussi appelée réponse de stress, ou réponse combat/fuite, la physiologie de défense modifie vos niveaux hormonaux (augmentation du cortisol), votre tonus musculaire, votre rythme cardiaque et respiratoire, et augmente le sentiment d’anxiété pour vous garder vigilant. Tous ses ressentis sont souvent perçus comme un manque de confiance par la personne qui les vit lors de certaines situations.

Peur irraisonnée face à une petite araignée

Pour comprendre le puissant effet de la physiologie de défense, regardons la manifestation de cette réponse chez les personnes qui souffrent d’une phobie. Une phobie est une réaction de protection excessive face à un petit danger. Prenons une personne qui a une phobie des araignées. Le risque de se faire piquer est petit, et même les conséquences d’une piqure ne sont pas dramatiques (à moins d’habiter dans une forêt tropicale). La personne qui a une peur phobique des araignées comprend parfaitement cela au niveau intellectuel. Elle sait qu’elle ne risque pas grand-chose en se trouvant en la présence d’une petite araignée. Pourtant la réponse de son corps est diamétralement opposée.

Si vous demandez à cette personne de rentrer dans une pièce où il y a une araignée, au niveau inconscient elle va percevoir cela comme un danger mortel. Son corps va l’empêcher de s’exposer à ce danger. Plus elle va essayer de dépasser sa peur et plus la réponse du corps va se faire forte. Elle va transpirer, avoir les jambes qui flageolent,  ressentir une forte angoisse et peut-être même perdre conscience. Sa physiologie va l’empêcher par tous les moyens possibles de s’exposer à ce « danger ».

Phobie, manque de confiance: juste une différence d’intensité

Le raisonnement est impuissant face à ce puissant instinct de survie. Similairement, lorsque l’on ressent un manque de confiance, c’est la physiologie de défense qui s’enclenche. Et si la réponse n’est pas aussi excessive que lors d’une réaction phobique, elle reste suffisamment importante pour nous priver de nos moyens, et nous empêcher par exemple d’exprimer clairement nos idées.

Se raisonner ne suffit pas. Et il est donc important de ne pas se culpabiliser face à son manque de confiance. Ne soyez pas trop dur avec vous même en croyant que vous devez faire plus d’effort ou être plus courageux.

On va maintenant découvrir comment il est possible de reprendre confiance en soi

Vous l’avez deviné, la clef pour reprendre une solide confiance en soi – garder l’accès à ses ressources (réflexion, capacité d’expression, humour…) en toutes situations – est de diminuer l’emprise de la physiologie de défense. C’est de faire en sorte que le corps ne se mette pas immédiatement en mode de défense dès que vous êtes dans un cadre nouveau ou inconfortable.

La Dre Isabelle Filliozat que j’ai citée dans l’article précédent écrit:

Un enfant ne naît pas avec un manque de confiance. Si les réactions de soumission et de peur sont génétiquement programmées, elles ne deviennent une habitude que lorsque l’enfant a appris à avoir peur de certaines situations. Son cerveau déclenche alors les phénomènes physiologiques et psychologiques appropriés à ce qu’il interprète comme ressemblants à la situation traumatique du passé. Selon les expériences que l’enfant sera amené à vivre, il va intégrer ou non une bonne dose de confiance en lui, c’est-à-dire qu’il va savoir ne déclencher ses réactions de retrait que dans les circonstances qui le nécessitent vraiment.

Retrouver une réponse adéquate face aux situations inconfortables

La dernière phrase aborde un point essentiel. Il ne s’agit pas de plus avoir de réaction de retrait (physiologie de défense): cela est non seulement impossible, cela nous mettrait en réel danger, car le retrait est parfois nécessaire. Il s’agit plutôt de permettre une utilisation adéquate de cette réaction de défense qui comme on l’a vu est excessive chez les personnes manquant de confiance.

On veut faire en sorte que la réaction de défense ne s’enclenche que lorsque nécessaire. On veut diminuer cette extra réactivité qui s’est développée sur les années. Pour cela, il faut arrêter de nourrir sans cesse cette physiologie de défense, en comprenant le rôle de nos pensées dans ce phénomène.

Les pensées alimentent la physiologie de défense et par extension le manque de confiance en soi

Nos pensées et notre perception du monde sont les principales sources de la physiologie de défense. Ils alimentent l’impression de stress et de danger. On peut être dans un état constant de stress (vigilance accrue) et cela pendant des années sans pour autant avoir été exposé à un réel danger. Si cette aptitude qu’a le mental à s’inquiéter est plus prononcée chez les personnes qui manquent de confiance, elle concerne néanmoins tout le monde.

Le danger est toujours là

Votre cerveau scanne sans cesse l’environnement pour un potentiel danger. Cela peut s’accompagner d’un certain degré d’anxiété pour vous garder vigilant surtout lorsque vous vous trouvez dans un cadre non familier. Cette tendance naturelle est héritée de nos ancêtres. À la fois prédateur et proie, l’être humain a longtemps eu besoin d’une grande vigilance. À cela, s’ajoute le fait que les groupes sociaux ont été le théâtre de beaucoup de violence et d’agression constituant une cause de décès importante chez les hommes. Si l’être humain est devenu de nature anxieuse, c’est pour une bonne raison: il a vécu avec beaucoup de peur.

La négativité triomphe

Selon les professeurs Rick Hanson et Richard Mendius, coauteurs du livre Buddha’s brain (éd. New Harbinger) le cerveau a appris à se focaliser sur les évènements négatifs pour nous protéger. Lorsqu’une situation est perçue comme négative, l’hippocampe (partie du cerveau responsable de la mémoire) s’assure de bien stocker l’information au cas où la personne ferait face à une situation similaire. Cela se fait au risque d’oublier les évènements positifs. De plus,

– Après quelques échecs, on a tendance à se focaliser sur le négatif dans sa vie, mais il est difficile de se sortir de cette négativité malgré de nombreux succès suivants (source: Seligman 2006).

– Une information négative à propos d’une personne a plus de poids qu’une information positive (Peeters and Czapinski 1990).

– Et, dans une relation de couple, il faut en moyenne 5 interactions positives pour contrecarrer les effets d’une seule interaction négative (Gottman 1995).

Tout cela illustre bien la tendance qu’a le mental à se focaliser sur ce qui ne va pas, et à renforcer de la sorte la physiologie de défense.

Le cercle vicieux de la négativité et du manque de confiance

F. travaille à Paris depuis 4 ans. Graphiste de formation, il a été employé dans une boite de communication. Il a trouvé un appartement, dans son budget, dans un quartier animé de la capitale. Malgré ses quelques années passées à Paris, F. sort très peu et n’a pas de vie sociale. Il passe ses soirées à regarder la télé et à jouer à des jeux vidéos. Le week-end, il dort.

F. m’explique qu’il n’est pas à l’aise dans les endroits publics, et qu’il n’aime pas parler à des personnes qu’il ne connait pas. F. se trouve en surpoids, peu intéressant, et il n’est plus sûr de vouloir ou pouvoir rencontrer une partenaire de vie. Il se focalise sur ce qui ne va pas. Tout son langage interne est à propos de ses faiblesses et de ses manques.

F. a pourtant beaucoup d’aspects positifs dans sa vie. Il a un bon salaire, il fait un travail qu’il aime et dans lequel il est doué. Il est apprécié par ses collègues. F. est intelligent et plein humour lorsqu’il se détend. Mais F. ne semble plus voir ou ressentir les bonnes choses autour de lui.

Cette négativité nourrit sa physiologie de défense, et à 32 ans, il semble avoir le corps d’une personne bien plus âgée, car il se tient vouté, les épaules rentrées, et la tête baissée. Son manque de confiance alimente son langage négatif qui à son tour renforce sa perte de confiance.

Pour F. comme pour toutes les personnes manquant de confiance, il va falloir arrêter ce cycle néfaste: physiologie de défense > perception de manque de confiance > langage interne négative > physiologie de défense.

manque de confiance cycle

Récapitulons

Jusqu’ici, nous avons vu dans cet article, que

– La physiologie de défense nous prive de nos moyens (sentiment de manque de confiance)

– Le mental a tendance à se focaliser sur le négatif ce qui va renforcer la physiologie de défense

– Nous ne pouvons pas directement agir sur la physiologie de défense, car c’est un réflexe

– Nous pouvons par contre arrêter d’alimenter et de renforcer la physiologie de défense en nous concentrons sur notre langage interne (nos pensées)

Ne plus nourrir le manque de confiance en soi

Il y a trois étapes à suivre pour transformer votre degré de sensibilité face au monde extérieur,

1. Apprendre à observer votre état

2. Réaligner vos actions avec vos ressentis

3. Trouver votre moyen d’expression

Nous allons aujourd’hui juste aborder le premier point qui constitue la fondation de la reprise de confiance en soi. Dans le prochain article de cette série « confiance en soi » (note: pensez à vous inscrire en fin d’article, si vous ne l’avez pas encore fait, pour être informé de la publication des prochains articles), je vous parlerais des deux autres étapes.

Apprendre à observer son état

Notre état est le résultat de nos pensées, nos émotions et nos actions. Apprendre à observer notre état, c’est découvrir le lien qui existe entre pensées et émotions, émotions et actions, actions et pensées. On va s’intéresser à la dynamique entre pensée et émotions (pour plus de détail, lire comment les pensées affectent nos émotions), car observer cette interaction va permettre de désamorcer l’effet négatif des pensées.

Pour mieux comprendre cela, faisons le parallèle avec les ressentis du corps. Il vous ai certainement arrivé un jour d’être dans une mauvaise position en train de lire, de travailler sur l’ordinateur, ou de pianoter sur votre téléphone, lorsque soudainement vous ressentez à quel point vous êtes inconfortable: La nuque vous fait mal ou le bas du dos tire. Cela vous amènera à automatiquement changer de position, vous étirer, bouger… pour diminuer la tension ou la douleur. Il arrive également qu’une personne ait les épaules remontées, la mâchoire crispée ou même le souffle retenu pendant quelques instants avant qu’elle ne s’en rende compte. Mais dès qu’elle en prend conscience, elle va relâcher.

De même, lorsque vous observez comment un type de pensée génère des émotions désagréables qui à leur tour créent un sentiment d’anxiété, vous allez pouvoir arrêter ce cycle.

Transformer son langage interne pour ne plus nourrir la physiologie de défense

Imaginez: le soir dans le lit, vous commencez à réfléchir à votre travail (ou à ce qui vous dérange en ce moment) et à quel point vous avez l’impression d’être abusé, car vous avez du mal à vous affirmer. Ces pensées sont rapidement suivies par un sentiment de malaise, puis vous ressentez une oppression au niveau de la poitrine. Vous avez du mal à trouver le sommeil, et vous plongez plus profondément dans vos pensées négatives et vos inquiétudes. Vous repensez à votre ancien travail, et à quel point c’était similaire, idem pour l’école, et à vos souffrances passées. Le résultat? Une mauvaise nuit et un renforcement du manque de confiance.

Toute cette dynamique se déroule d’une manière automatique, par habitude. Maintenant, le fait d’activement observer ce mécanisme (pensée > émotions > état général) va permettre de stopper ce cycle. Vous allez intégrer que pensées négatives = souffrance. Et comme pour la douleur physique, vous allez arrêter la cause de cette souffrance.

Vous avez peut-être entendu ou lu un jour, que connaître son problème c’est le résoudre à 50%. J’ajouterais que RESSENTIR son problème c’est le résoudre à 80%.

Ressentir comment votre langage interne créé de la souffrance en vous vous fera arrêter

Personne n’aime souffrir, et tout comme vous évitez la souffrance physique, vous allez éviter la souffrance mentale une fois que vous connaissez sa source. Bien entendu, c’est un processus qui nécessite du temps et surtout cela nécessite de le faire dans le bon cadre: dans un relatif calme mental et émotionnel. Il serait en effet difficile d’observer avec lucidité ce qui se passe en vous si vous êtes en plein conflit avec votre conjoint ou si vous venez de recevoir une mauvaise nouvelle. Vous risquez alors d’être submergé par vos pensées et vos émotions.

Créer l’espace nécessaire pour pouvoir observer ce qui se passe en soi

C’est pourquoi, pour réussir à développer la capacité à observer ce qui se passe en soi, il va falloir créer un cadre propice à cela. Prendre une demi-heure dans sa journée, pour faire le calme en soi, est une bonne idée. Vous pourrez noter sur un carnet ce qui vous vient à l’esprit, faire une courte méditation, vous étirer en respirant pleinement. On n’apprend pas à faire du vélo sur un terrain cabossé. De même, vous ne pourrez pas apprendre à observer et à ressentir ce qui se passe en vous, si vous ne créez pas un espace propice à cela.

L’important va être donc de se sortir de son cycle habituel (travail, famille, amis, télé, dodo) quelques minutes chaque jour, pour réapprendre à observer ce qui se passe en soi. Cela va graduellement vous permettre d’arrêter de nourrir la négativité et la physiologie de défense, et vous aider à ressentir à nouveau un sentiment de calme et de paix.

L’état de calme prendra une place de plus en plus importante

Apprendre à observer la dynamique entre pensées et émotions va donc vous permettre de graduellement arrêter de renforcer la physiologie de défense. Et cela constituera déjà une importante étape pour retrouver confiance en soi. Car l’état de calme prendra une place de plus en plus importante dans votre vie, et vous pourrez interagir à partir de cet état qui est naturellement plus confiant.

Les étapes suivantes pour renforcer la confiance en soi

Les deux étapes suivantes vont permettre de consolider l’état de confiance et de le renforcer. On va découvrir dans le prochain article l’importance d’aligner nos actions avec nos ressentis. Car une fois que l’on a appris à retrouver la calme en soi (plus grande tolérance au stress), on va pouvoir voir avec plus de clarté ce qui nous convient et ce qui au contraire nous empêche d’avancer dans notre vie. Je vous parlerais aussi de la nécessité de trouver son moyen d’expression: ce que vous avez d’unique à partager avec le monde autour de vous.

Pensez à vous inscrire ci-dessous pour être informé de la publication du prochain article et pour être informé de la disponibilité de l’album « Confiance en soi ».

En conclusion

La confiance en soi est un état dynamique. Cela implique de ne plus nourrir la physiologie de défense en devenant vigilant face à l’effet de vos pensées. Le mental a cette tendance naturelle à se focaliser sur ce qui ne va pas et c’est pour cela qu’il faut lui apprendre à décrocher et à voir les évènements d’une manière plus équilibrés. Vous avez besoin de créer l’espace et le temps nécessaire pour réapprendre à observer et à ressentir ce qui se passe en vous. En faisant cela, vous commencerez à transformer le fonctionnement de votre corps/cerveau et vous manifesterez une confiance saine et sereine face aux multiples opportunités que la vie vous présente continuellement.

Pour terminer, j’aimerais vous demander deux choses

– Si vous avez aimé cet article et vous pensez qu’il peut être bénéfique pour d’autres personnes, merci de le partager autour de vous

– Laissez un commentaire ci-dessous en notant le point principal que vous avez retenu de cet article. Vos questions sont également les bienvenues.

Merci d’avoir lu ce (long!) article jusqu’au bout, et je vous dis à dans quelques jours pour recevoir la suite! (inscrivez-vous ci-dessous pour recevoir la suite de la série confiance en soi)

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Reprendre Confiance en Soi

Ce Qui se Cache Derrière le Manque de Confiance en Soi

Nous avons tous ressenti un jour un manque de confiance en soi. Ce sentiment apparait lorsque 2 forces opposées se font face. D’une part, il y a l’envie ou la nécessité d’entreprendre une action et, d’autre part, il y a une résistance intérieure qui freine ou bloque l’action. Cette dynamique peut se manifester dans tous les domaines de la vie: amoureux, familial, travail, ou social.

Si ressentir un manque de confiance de temps à autre est tout à fait naturel, vivre ce manque de confiance au quotidien peut rapidement devenir problématique. Pour pouvoir se libérer de nos résistances et blocages intérieurs, il va être essentiel de découvrir ce qui se cache derrière le manque de confiance en soi.

Cou douloureux et manque de confiance en soi

N. est venue me consulter au cabinet, car elle souffrait de douleurs chroniques à la nuque. La quarantaine tout juste passée, un physique menu, blonde avec les yeux bleus, N. était toute en retenue. Elle parlait à voix basse et son corps, assis sur la chaise, semblait vouloir utiliser le moins d’espace possible. N. nota qu’elle souffrait au quotidien de sa nuque – selon les jours, allant de la simple raideur au torticolis handicapant – depuis plusieurs années.

J’expliquais à N. que les douleurs chroniques à la nuque sont souvent dues à une crispation musculaire quasi continue en réponse au stress. N. me confirma être de nature stressée, et elle attribua cela à son manque de confiance. Enseignante de formation, elle s’est arrêtée de travailler peu de temps après son mariage. Elle m’expliqua qu’elle manquait de confiance dans son rapport à son conjoint qu’elle estimait comme étant sûr de lui et entreprenant, dans ses rencontres sociales (qu’elle a tendance à diminuer), et dans sa vie en générale. Et surtout, N. a la conviction que son manque de confiance fait parti de qui elle est, de son caractère, et que cela est principalement dû à ses parents.

Une faiblesse acquise?

Comme N., beaucoup de personnes croient que leur manque de confiance serait une faiblesse qu’ils auraient acquise et qui aujourd’hui leur collerait à la peau. C’est peut-être votre cas. Vous avez essayé de vous motiver, de vous raisonner, et de relativiser, mais sans succès. Le manque de confiance semble s’être installé profondément en vous, et vous avez l’impression que cette façon d’être est le résultat d’un fonctionnement psychologique complexe. Devant cet obstacle de taille, vous préférez vous occuper du quotidien en restant, tant que possible, dans votre zone de confort.

Et si le manque de confiance était un mécanisme bien plus simple que cela, comme une réponse instinctive que l’on pourrait désapprendre une fois que l’on a compris son origine. Pour répondre à cette question, plongeons plus profondément dans le fonctionnement de l’être humain.

Survivre avant tout

Il y a aujourd’hui plus de 7 milliards d’habitants sur terre. Pour pouvoir en arriver là, l’être humain a dû faire preuve d’une grande capacité de survie surtout à l’aube de son existence. Notre corps et notre physiologie reflètent cette capacité de survie. Notre cerveau est organisé en plusieurs parties dont une conséquente (le cerveau limbique, primitif et profond) dédiée à la survie.

système limbique

Comment cela fonctionne? Imaginez, quelques milliers d’années en arrière, une personne marchant dans la forêt. Soudainement, elle entend un bruit suspect, puis aperçoit un groupe d’hommes d’une tribu hostile (ou une bête sauvage). Son cerveau va immédiatement passer en mode de défense et tout le fonctionnement du corps va s’en trouver changé.

Immobilisation

La personne va commencer par s’immobiliser entièrement: le souffle est retenu, les muscles tendus, l’ouïe alerte, et les pupilles dilatées. Cette personne va, de tout son être, chercher à éviter le danger.

Fuite ou attaque

Mais, si elle est découverte par l’agresseur, elle va soit fuir, soit se battre. Dans les deux cas, son corps va avoir besoin d’une grande quantité d’énergie. Le coeur s’accélère pour amener aux muscles le sang chargé d’oxygène, la respiration se fait plus rapide pour évacuer le CO2 et amener plus d’oxygène aux poumons. La digestion s’arrête (et avec elle la sécrétion des sucs… la bouche devient sèche) pour garder toute l’énergie disponible pour l’effort. Le tonus des muscles augmente, pour les maintenir prêt à être utiliser dès que nécessaire. La personne pourra ainsi utiliser toute la force de sa musculature.

Danger physique ou danger psychologique, même réaction

Ces réactions du cerveau et du corps constituent la physiologie de défense et ont permis à beaucoup de nos ancêtres de survivre un danger mortel. Si aujourd’hui, notre intégrité physique n’est que très rarement mise en danger, nous continuons néanmoins à utiliser la physiologie de défense à chaque fois que nous nous sentons en danger socialement, professionnellement, financièrement …

danger psychologique

Repensez à la dernière fois que vous avez été mal à l’aise: Visage qui rougit (afflue du sang, car les artères se dilatent), bouche sèche (voir plus haut), coeur qui s’accélère, envie très forte de fuir. Tous ces ressentis sont associés à la physiologie de défense.

Si la physiologie du corps n’a que très peu changé depuis l’époque de nos ancêtres, notre cadre de vie a lui immensément évolué. Les relations humaines se sont complexifiées, et la fuite ou l’attaque ne sont que très rarement une option.

À une réunion de travail, votre supérieur hiérarchique vous stresse. Vous n’allez pas lui sauter dessus pour le ruer de coups ou partir du bureau en courant. Par contre, vous allez probablement adopter une posture d’évitement (l’immobilité) pour éviter d’être sollicité et de risquer une prise de parole en public.

La soumission, une forme élaborée d’immobilité

Éviter le danger est une partie intégrante de la survie, et on l’a vu, est inscrit dans notre patrimoine génétique. Dans le cadre social, cet évitement prend la forme d’une soumission face à une personne qui risque de nous mettre en danger (même si ce danger « n’est que » social ou professionnel).

C’est une réponse instinctive que l’on retrouve chez tous les animaux qui vivent en groupe.

Comme le note la Dre Isabelle Filliozat, dans son livre Fais-toi confiance (ed.Marabout):

Dès leur première rencontre, les animaux se positionnent les uns par rapport aux autres. La hiérarchie se met en place très vite et reste gravée en mémoire. Un cheval, un singe ou un chien peut rencontrer des mois, voire des années plus tard un de ses congénères, il respectera la hiérarchie établie lors de leur première rencontre. Le respect de la hiérarchie a une fonction de régulation sociale. Quand les dominés acceptent leur soumission, il y a moins de révoltes, d’agressions et de même de conflits. Les dominants choisissent les premiers, les autres suivent et se contentent des restes.

soumission

D’une façon similaire, la société humaine adopte ce même mode de fonctionnement. Le manque de confiance est souvent le résultat d’une attitude de soumission/défense que l’on prend inconsciemment. Selon le Dr James Lynch, lorsque nous nous adressons à une personne que nous considérons d’un statut social supérieur, notre tension artérielle s’élève, et cela se fait sous le radar de notre conscience. Notre cerveau se met en mode de défense, et nous pousse à montrer des attitudes de pacification et de soumission.

De plus, ce que l’on observe chez les animaux –  le maintien de l’ordre hiérarchique sur le temps – nous aide à mieux comprendre le mécanisme de perte de confiance qui souvent commence lors de l’enfance et s’étale sur les années.

Un réflexe de soumission acquit

Un enfant est à table avec ses parents et les amis de ses parents. S’il prend la parole, il se fait vertement réprimander: « on n’interrompt pas les adultes! » L’enfant risque d’être puni, et va préférer adopter une posture de soumission et ne plus prendre le risque de s’exprimer.

Cet enfant est devenu un adulte évoluant dans le monde de l’entreprise. Lorsqu’il est face à une figure d’autorité, son patron, cela va trouver écho dans son rapport à ses parents. Il y a une continuité dans son comportement inconscient: « lorsque je suis face à une figure d’autorité, je suis potentiellement en danger, surtout si je m’exprime, mieux vaut alors que je m’efface ». Et cette réaction se fait inconsciemment.

Imaginez cette personne à une réunion avec des collègues, et son patron. Elle ne peut pas s’exprimer, car son cerveau la bloque! La physiologie de défense s’enclenche (transpiration, battement du coeur, bouche sèche) et prive cette personne de la capacité de s’exprimer normalement. Elle va alors se dire : « je manque de confiance en moi. C’est plus fort que moi. C’est certainement dû à mon éducation, à l’époque mes parents ne savaient pas, et maintenant, c’est devenu un problème psychologique ».

Le grand malentendu de ce qu’est le manque de confiance en soi

Le Dr Filliozat note que « la confiance en soi n’est pas un « problème psychologique », même s’il en cause parfois. C’est une adaptation physiologique à une situation sociale en vue de maintenir la vie. »

manque de confiance

Ce que vous percevez comme un manque de confiance – lorsque vous devez parler à une personne qui vous trouver attirante, demander une augmentation, ou vous exprimer en public – est en réalité une réponse inconsciente du corps, héritée de vos ancêtres, pour vous aider à survivre.

Cette réponse de défense (d’immobilité, de soumission) est un réflexe inconscient, profondément programmé dans votre cerveau. Le raisonnement est impuissant face à cela. On a beau vous dire « fais-toi confiance », cela ne vous aidera pas, car pas définition, les réflexes ne sont pas sous le contrôle de la raison.

La bonne nouvelle c’est qu’il est possible de désapprendre ces réactions de défenses – qui sont souvent excessives, car le danger est presque toujours surestimé -, et pouvoir ainsi retrouver ses pleins moyens dans les situations où l’on pense manquer de confiance. Mais pour cela, il va falloir passer à travers le corps et les ressentis (en addition du mental).

Et c’est ce que je vous présenterais en détail dans l’article de la semaine prochaine. Soyez-sûr de vous inscrire ci-dessous pour recevoir l’info dès que le prochain article est publié. En attendant la semaine prochaine, je vous invite à participer à la discussion en laissant un commentaire: dans quel domaine manquez-vous le plus de confiance et comment ce manque de confiance se manifeste-t-il ? Merci!

L’article suivant est désormais disponible: Enfin reprendre confiance en soi

Sources:  Fais-toi confiance, Isabelle Filliozat, éd. Marabout ; James Lynch, Le Coeur et son langage, éd. interEditions. Illustrations: photo haut de page: wdstock (istockphoto) ; photo réunion: Topaz topaz

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Bienfaits de la méditation Livres

Méditer C’est Se Soigner

S’il devient de plus en plus admis que la réduction du stress prévient de nombreuses maladies, l’ouvrage du docteur  Frédéric Rosenfeld, médecin psychiatre, nous explique comment et pourquoi la méditation améliore notre santé physique et mentale. Ce livre bien documenté nous montre les bénéfices de cette pratique sur les maladies cardiovasculaires, les douleurs chroniques, et les maladies psychosomatiques. Il donne ensuite des clés pour une méditation adaptée à chacun. Pour tous ceux qui ont ressenti le besoin ou l’envie de se recentrer sur soi à travers la médiation, ce livre est un précieux outil.

Voici un extrait de Méditer C’est Se Soigner

L’une des qualités que développe la méditant est l’équanimité. Ce mot rarement utilisé dans la langue française désigne la qualité non moins rare d’accueillir les épisodes de l’existence avec une âme tranquille. Loin du mépris, de l’indifférence ou de la passivité, l’équanimité représente une attitude à la fois calme et agissante face aux évènements. Elle préserve celui qui les affronte d’en être troublé, et lui offre par conséquent d’agir, mais non de réagir. De nombreuses traditions considèrent l’équanimité comme un acquis presque inévitable de toute pratique méditative et aussi comme un passage nécessaire vers l’épanouissement spirituel. […] Les psychologues contemporains constatent que plus la pratique de l’équanimité est ancienne, plus cette faculté se développe. Egalement, de trés nombreuses études soulignent que l’équanimité favorise la souplesse d’adaptation aux expériences et aux changements, et une plus grande stabilité dans la gestion de nos comportements et des émotions au quotidien.

méditer c'est se soignerMéditer, c’est se soigner, Dr Frédéric Rosenfeld, Pocket, 477 p.

Frédéric Rosenfeld est médecin psychiatre, ancien assistant des hôpitaux de Lyon. Il exerce dans une clinique lyonnaise. Diplômé en neurosciences et en thérapies comportementales et cognitives, il allie ses compétences de chercheur à son expérience auprès de ses patients. Il pratique depuis plusieurs années la méditation vipassana, une technique indo-birmane, le zen et le taï chi.

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Bienfaits de la méditation

15 Caractéristiques De La Réalisation de Soi

La notion de réalisation de soi parfois appelée éveil spirituel nous vient du bouddhisme et de l’hindouisme, et elle désigne un état libéré de l’égo où la personne développe une conscience qui comprend l’interdépendance des évènements (tout est lié).

Le chemin vers la réalisation de soi

Si cette définition vous semble trop « spirituelle » ou inatteignable, le chemin vers la réalisation de soi  vous sera quant à lui plus familier. Pas besoin d’être « éveillé » pour se reconnaître dans ces caractéristiques. Ces points que l’on va découvrir indiquent que la personne accumule les qualités nécessaires pour une vivre une vie épanouie et en paix avec le monde autour d’elle.

Si vous reconnaissez dans plusieurs de ces 15 caractéristiques (suggérés en partie par Josh Richardson, blogueur et thérapeute), merci de partager votre expérience dans la section commentaire en fin d’article.

1. Besoin de se retrouver seul pour se ressourcer

Être dans un endroit public peut s’avérer éprouvant. Le mur entre soi et les autres disparait peu à peu, et l’on a pas encore l’habitude de ressentir de si près l’état des autres. Si l’ambiance générale du lieu est négative et tendue, on va le ressentir en soi, et on aura rapidement le besoin de se retirer pour recharger les batteries. La méditation, passer du temps dans la nature, ou juste s’asseoir dans une silencieuse contemplation va nous permettre de nous ressourcer, et l’on sera prêt à se retrouver à nouveau au milieu de la foule.

2. Une perspective plus large de la vie

On peut voir la vision d’ensemble et apprécier l’équilibre du monde. On voit aussi comment le manque de conscience de certains peut créer de la confusion et de la souffrance. On ne considère plus un choix comme étant bon ou mauvais. On sait qu’il apportera son équilibre d’expériences agréables comme désagréable.

3. Plus de confiance dans son intuition

On entrevoit des dynamiques de la vie sans forcément les comprendre intellectuellement. Cela est souvent appelé « conscience intuitive », et nous permet de comprendre à un niveau plus profond les mécanismes de la vie. Plus l’on fait confiance à notre intuition et plus elle devient forte. On décide tout autant avec son coeur qu’avec la tête.

4. On accepte son imperfection

On a conscience de notre imperfection et l’on devient bien plus bienveillant envers soi-même. On a envie d’évoluer et de progresser, mais non pas parce que l’on se compare aux autres ou par esprit de compétition. On aime s’améliorer, mais pas au détriment des autres.

5. On ne résonne plus avec les médias de masse

Les journaux télévisés et les médias en général ne résonnent plus avec notre sensibilité. Tout semble excessif, superficiel et pauvre en sens.

6. On ne s’attache plus aux objets

On n’a plus besoin de ceci ou de cela pour se sentir bien. On n’est pas jaloux ou envieux lorsqu’une autre personne possède plus que l’on a. On préfère s’alléger et on évite l’accumulation d’objets.

7. On devine lorsque quelqu’un nous ment ou cache quelque chose

On développe une plus grande sensibilité face aux incohérences de la personne en face de soi. On va deviner son malaise ou son mal-être. On va ressentir si cette personne cherche à nous impressionner ou à nous manipuler ou si elle cherche simplement à se protéger. On se connait suffisamment bien pour reconnaître les mêmes fonctionnements chez l’autre. En se connaissant soi-même, on connait bien mieux les autres.

8. On devient plus sensible à la souffrance des plus faibles

On s’ouvre suffisamment aux autres pour reconnaître leur souffrance. Au lieu d’être mise de côté, elle nous touche surtout lorsqu’on réalise la vulnérabilité de l’autre. On réalise que l’on peut, à notre propre niveau, contribuer à réduire la souffrance d’autrui.

9. On ne prêche pas la bonne parole à tout va

On ne ressent pas le besoin « d’éveiller » toutes les personnes que l’on rencontre. Après quelques phrases, on peut établir le niveau de confort que notre interlocuteur a face au thème de la réalisation de soi. On partage quelques mots, et s’ils doivent faire leur chemin dans le coeur de cette personne, cela se fera naturellement.

10. On met des limites saines entre soi et les autres

On apprend à se protéger des « vampires en énergie » qui à travers leurs lamentations excessives dérobe l’autre de sa vitalité. On sait comment, sans la brusquer, établir une limite saine avec ce type de personne. En faisant cela, on respecte notre propre sensibilité et on évite de les encourager à continuer dans une voie de victimisation qui n’est pas saine pour leur évolution personnelle.

11. On s’intéresse au corps et à la santé

On développe un plus grand respect envers notre corps. On cherche à manger sainement et on s’intéresse aux méthodes naturelles qui améliorent la vitalité tels le yoga, les massages, le Qi Qong, etc. On évite les traitements médicamenteux génériques lorsque c’est possible.

12. On aime la créativité

On s’intéresse au chant, à la danse, à la peinture, à l’écriture… à tout ce qui peut permettre d’exprimer sa créativité. On a de l’imagination et l’envie de partager avec les autres.

13. On réalise la force des croyances

On comprend qu’on ne peut attirer à soi que ce que l’on peut concevoir. On prend conscience de nos croyances limitantes (« je ne suis pas à la hauteur », « je n’y arriverais pas ») et on les apprivoise l’une après l’autre.

14. On s’occupe facilement

Si certaines situations nous ennuient, on sait généralement comment bien s’occuper et on y prend plaisir. On aime lire, apprendre, créer, et travailler sur nos projets.

15. On vit avec de moins en moins de peur et d‘inquiétudes

Malgré que l’on a conscience des difficultés qui peuvent survenir dans la vie, on vit sans peur. On a confiance dans nos ressources et on a foi dans la bonté de la vie. On développe un sentiment d’appréciation au quotidien et l’on réalise l’incroyable expérience qu’est celle d’être un être humain.

Vous êtes-vous reconnu dans un ou plusieurs points? Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive, mais elle donne un aperçu de ce que de plus en plus de personnes sont en train de vivre. Selon certains sages, le nombre de personnes que s’éveille à une vie plus consciente est de plus en plus important, et le taux de croissance est phénoménal. Cela peut indiquer que l’humanité tout entière est en train d’évoluer.

Si la violence omniprésente dans les médias semble contredire cela, Eckhart Tolle, l’auteur du Pouvoir du Moment Présent, note qu’il y a une accélération parallèle entre la folie des hommes et leur éveil. Nul ne sait où le monde va, mais je reste optimiste et je crois que chacun de nous peut contribuer au bien d’autrui en se concentrant sur sa propre réalisation.

La méditation est un outil extrêmement efficace pour mieux se connaitre et pour avancer à grands pas sur son chemin personnel. Pensez à vous inscrire à la newsletter ci-dessous pour faire vos premiers pas en méditation.

Source: le blog de Josh richardson ; The Mind Unleashed.

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Vipassana

La Méditation Vipassana

La méditation Vipassana est l’une des plus anciennes méditations de l’Inde et elle continue aujourd’hui à être utilisée à travers le monde. Découvrons les origines de cette méthode ainsi qu’un exercice de méditation Vipassana pour les débutants.

les origines de la méditation Vipassana

C’est Siddharta Gotama le Bouddha historique qui a redécouvert la méditation Vipassana il y a plus de 2500 ans. Vipassana en langage sanskrit désigne dans l’enseignement du Bouddha la « vue profonde » ou « inspection ». Elle a été définie par Nyanatiloka1 comme « la lumière intuitive apparaissant brusquement et révélant la Vérité sur l’impermanence, sur la misère et sur l’impersonnalité de tous les phénomènes corporels et mentaux de l’existence. »

Le but de la méditation Vipassana

Pour le moine bouddhiste Bhante Gunaratana2, « La méditation Vipassana s’est entraîner l’esprit à regarder à l’intérieur de nous et à voir comment les choses se passent dans notre esprit et dans notre corps. » Selon l’enseignant birman S. N. Goenka3, l’objectif de la méditation Vipassana est l’éradication des turbulences mentales et le bonheur suprême de la libération totale qui en résulte.

vipassana bouddhaLes 5 buts de la méditation selon le Bouddha

1. Sattanam visuddhiya : « pour la purification des êtres et pour notre propre purification, nous méditons. »

2. Sokapariddavanam samatikkamaya : « pour dépasser le chagrin et les lamentations, nous méditons. »

3. Dukkhadomanassanau atthaïgamaya : « pour dépasser la souffrance et la déception, nous méditons. »

4. Nyassa adhigamaya : « pour avancer sur le Sentier, nous méditons. »

5. Nibbanassa sacchikiriyaya: « pour atteindre la Libération, nous méditons. » [/message_box]

Les bienfaits de la méditation Vipassana

Vipassana permet la transformation de soi par l’observation de soi. C’est un voyage d’exploration de soi qui a pour but d’atteindre la racine commune de l’esprit et du corps. Par l’expérience directe, le pratiquant comprend la nature selon laquelle il progresse ou régresse, la façon dont il produit de la souffrance et la manière de s’en libérer. Pratiquer la méditation Vipassana va créer une vie se caractérisant par une plus grande vigilance, l’absence d’illusion, le contrôle de soi et la paix.

Un exercice de méditation Vipassana pour les débutants

Découvrons cet exercice simple enseigné en Vipassana: l’observation des mouvements de l’abdomen. En position assise, les pieds bien posés au sol, ou assis en tailleur à même le sol, essayez de garder votre attention sur l’abdomen. Vous allez ressentir les mouvements naturels d’expansion et de rétraction de l’abdomen. Si ces mouvements ne sont pas évidents au début, placez les deux mains sur l’abdomen pour ressentir ces mouvements d’expansion et de rétraction. Après un temps assez court, le mouvement d’expansion sera clairement associé à l’inspiration. Maintenant lorsque vous ressentez l’expansion, faites une note mentale « expansion », puis lorsque vous ressentez la rétraction, faites une note mentale « rétraction ». De cette façon vous observez avec précision les sensations de l’abdomen alors qu’elles prennent place. Faites cela pendant quelques minutes, puis vous pourrez enlever les mains et continuez à observer (être attentif) les mouvements de l’abdomen.

Ce simple exercice de Vipassana va permettre au débutant de renforcer sa capacité d’attention et de concentration.

Je vous invite maintenant à découvrir un autre exercice issu de la méditation Vipassana, un exercice de comptage sous forme de méditation guidée. Vous pouvez gratuitement le télécharger ci-dessous.

Sources: 1) Nyanatiloka, Vocabulaire Pali-Français des termes bouddhiques, Ed. Adyar, 1961, 1995 ; 2) buddhaline.net ; 3) buddhanet.net ; Wikipedia.

Autres article sur le bouddhisme : Pourquoi Méditer

Découvrez aussi Vipassana France : 10 jours pour apprendre la méditation

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Persévérer Dans la Méditation

Méditer au Quotidien… En Commençant Par 2 Minutes par Jour

Commencez par des séances de 2 minutes. Ce conseil nous vient de Leo Babuta du célèbre blog Zen Habits. Pour faire de la méditation un outil essentiel pour votre bien-être, il faut commencer par en faire une habitude. Ne vous inquiétez pas au début d’avoir un coussin de méditation et de pouvoir faire des séances de 20 minutes. Juste, faites une séance de 2 minutes, chaque jour.

Méditer au Quotidien en commençant petit

Leo Babuta invite le débutant à commencer par des séances de seulement 2 minutes. La plupart des personnes pensent qu’elles peuvent commencer par des séances de 15-30 minutes, et c’est effectivement possible de le faire. Mais, il faut garder en tête que l’essentiel est d’établir l’habitude de méditer régulièrement. Et il est bien plus facile (et motivant) de commencer par des séances plus courtes, mais que l’on fait au quotidien. Leo propose de commencer par des séances de 2 minutes puis de passer à 5-7 minutes si vous avez réussi à suivre vos séances pendant 7 jours à la suite. Puis passer à des séances de 10 minutes si vous avez réussi à méditer 5-7 minutes pendant 14 jours à la suite. Et si vous faites 21 jours de méditation de 10 minutes, vous pourrez faire des séances plus longues de 15-20 minutes.

méditer au quotidien
Commencez par des séances de 2 minutes puis graduellement augmentez la durée de vos séances.

L’idée derrière la méthode proposée par Leo est d’installer l’habitude de méditer en commençant par des séances qui nécessite un effort minime, et de graduellement augmenter la durée de la méditation.

Question1Méditer au quotidien constitue une excellente hygiène de vie et cela est plus facile qu’on le croit. Si vous ne méditez pas encore, pensez-vous vouloir/pouvoir méditer 2 minutes par jour? Merci d’utiliser la zone commentaire pour répondre à cette question.

Voilà deux autres articles pour vous aider à méditer régulièrement:

Comment muscler votre motivation pour méditer au quotidien

Découvrez les 3 résistances à la méditation qui vous empêchent de méditer au quotidien

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Apprendre à Relativiser Préparer le Mental

Se Sentir en Sécurité

Se sentir en sécurité est essentiel pour se ressourcer. Cela permet de récupérer en profondeur, corps et esprit. Mais cet état, comme on va le découvrir, n’est pas notre état habituel. Après plusieurs millénaires d’évolution et de survie, l’être humain a développé une vigilance accrue aux potentiels dangers extérieurs. Cette vigilance continue nous empêche de nous sentir en sécurité et en paix. Découvrons comment se sentir en sécurité malgré l’héritage de nos ancêtres.

Expert en survie

Le cerveau scanne continuellement l’environnement intérieur et extérieur pour des signes de dangers. Si un risque est détecté, votre physiologie de stress se met immédiatement en route. Cette aptitude a permis à nos ancêtres de survivre l’attaque de bêtes sauvages ou de tribus hostiles.

Occasionnellement, cette vigilance est de mise, mais souvent elle est excessive et résulte de l’activation de l’amygdale (glande de la peur) lorsque la personne pense à des évènements passés ou futurs. L’anxiété qui en résulte n’est pas seulement inutile et désagréable, cela prédispose le corps et le cerveau à réagir excessivement aux petites contrariétés.

De plus, cette vigilance excessive et cette anxiété accaparent l’attention et empêchent la personne d’être pleinement consciente. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que les enseignements traditionnels de la méditation encouragent les participants à trouver un endroit retiré où ils vont se sentir en sécurité. Même le bouddha, lors de la nuit de son éveil, s’est adossé à l’arbre de la bodhi protégeant de la sorte son dos.

Se sentir en sécurité pour récupérer pleinement

Le sentiment de sécurité indique au cerveau qu’il peut réduire la vigilance et augmenter la contemplation. De plus, cela est très reposant, car la physiologie de stress épuise nos ressources mentales.

Avant de découvrir des moyens d’augmenter le sentiment de sécurité, il est utile de noter que la sécurité absolue n’est pas possible ni même désirable. Nous sommes dans un monde en perpétuel changement et un imprévu est toujours possible. Réaliser cette vérité est sage et même libérateur. Les conseils qui suivent ont donc pour but de vous aider à améliorer le sentiment de sécurité.

Relaxer le corps

Les exercices physiques comme les étirements vont aider à enlever une bonne couche de tension et de stress. Ils vont ramener l’attention vers les sensations du corps et diminuer automatiquement le sentiment de stress.

La visualisation

La visualisation stimule l’hémisphère droit du cerveau qui contribue à la gestion des émotions. Pour vous sentir en sécurité, visualisez une personne qui vous inspire protection et support (une grand mère que vous aimez, un ange gardien, …) Ce simple exercice permet d’installer un sentiment de réconfort.

Passer du temps avec des personnes qui vous soutiennent

Identifiez les amis et les membres de votre famille avec qui vous passez du bon temps. Essayez de les voir régulièrement. Si ce n’est pas possible, vous pouvez appeler un ami qui habituellement vous soutient et vous réconforte. Une discussion de quelques minutes au téléphone peut suffire à changer votre état.

Amener votre pleine conscience sur vos ressentis

L’anxiété, l’inquiétude, l’appréhension et même la panique ne sont que des états du mental. Reconnaissez la peur lorsqu’elle survient, observez les sensations qu’elle a sur votre corps, et comment, d’une simple boule de neige, la peur peut créer une avalanche d’émotions. Lorsque cela arrive, faites une note mentale: « je sens l’inquiétude qui s’installe, car j’ai réfléchi à ma situation au travail. Je sens que cela me crée une boule au ventre. Ma respiration devient superficielle et je n’ai plus envie de rien faire. » Le fait de mentalement formuler ce qui se passe en vous va permettre à votre lobe frontal (partie du cerveau qui gère entre autres la capacité à relativiser) de régulariser le fonctionnement de votre cerveau limbique (associé au stress)*. Notez comment la conscience qui observe la peur/anxiété est elle-même dépourvue de peur.

En conclusion

Se sentir en sécurité est donc avant tout une attitude mentale qu’il faut installer et soutenir. Comme nous l’avons vu, nous avons tous une prédisposition à être vigilants. C’est dans notre ADN, et ce système de survie est nécessaire, mais il est trop souvent mal utilisé. Développer le discernement entre un vrai danger et un danger imaginé va permettre à la personne de baisser la garde bien plus souvent. Réapprendre à se sentir en sécurité va nous permettre d’avoir beaucoup plus d’énergie de disponible et de vitalité.

Posez-vous maintenant la question. Est-ce que je suis en ce moment même en sécurité? La réponse est probablement oui. Profitez de ce moment pour prendre quelques belles respirations et apprécier le fait d’être là plein de vie.

Vous avez une question ou une impression suite à la lecture de cet article? Laissez un commentaire ci-dessous.

Sources: Illustration d’Asterisk Animation  I  Buddha’s Brain, Hanson et Mendius, New Harbinger Pub.  I  *Harriri, Bookheimer, and Mazziotta 2000; Lieberman et al. 2007. 

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Paroles de Sagesse

Quel Est Le Sens de La Maladie?

Ci-dessous un court texte de l’auteur Franck Petruzzelli avec qui j’ai travaillé sur le magazine Vitalité et Bien-Être.

La maladie n’est pas le côté obscur de la bonne santé, écrivait, en substance, le philosophe allemand Nietzsche, il y a plus d’un siècle. Nous avons pourtant calqué notre vision de l’apparente opposition maladie/santé sur celle, morale, du Bien et du Mal. Saurions-nous aujourd’hui réaliser que maladie et santé sont simplement des degrés différents d’un même état qui s’appelle la vie ?

Le bien-être consiste aussi à accepter la douleur et l’amoindrissement comme participant à exprimer qui nous sommes. À titre d’exemple, figure l’anecdote du petit garçon qui aimait lire plus que tout. Cependant, l’école, les devoirs à la maison, réduisaient terriblement son temps de lecture. Alors, à l’approche de la période des grippes, il s’exposait au froid et à la pluie dans l’espoir d’attraper au moins un rhume. Cela fait, la fièvre le poussait au lit toute la semaine, où il pouvait enfin lire du lever au coucher.

La fièvre du voyage, de la lecture, celle du plaisir donc, correspondait enfin à la fièvre de la maladie, dans un rare moment d’équilibre entre les forces dites « négatives », et celles dites « positives ». Immanquablement, l’enfant développa toute sorte de bronchites et autres rhinites chroniques, mais c’est fiévreux qu’il a lu, voyagé, rêvé et s’est accompli. On découvre alors la maladie comme une étape indispensable à l’évolution et non pas comme une agression extérieure face à laquelle nous serions impuissant.

Découvrir les livres de Franck Petruzzelli.

Lire aussi les 3 Mythes concernant une bonne santé