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Interview Juste Pour Partager

L’art : un lieu commun de partage

Petit prologue: Dans la rubrique Pour le Plaisir de Partager, j’aimerais vous faire découvrir cet entretien que j’ai fait avec Frédéric Calmès lors du Festival de Fès en 2007. On y parle des bienfaits de l’art, notamment du chant, pour la personne et pour la communauté. Frédéric a continué à vivre sa passion comme vous pourrez le découvrir en fin d’article. Voilà donc l’article, initialement publié dans Vitalité et Bien-être dans son intégralité.  [/message_box]

Entretien avec Frédéric Calmès lors du Festival de Fès

Si l’art thérapie reste un terme moderne, les bienfaits de l’art sont depuis longtemps évidents pour des cultures souvent centenaires. C’est au Maroc que j’ai pu découvrir que le chant comme la musique font du bien à la personne, mais aussi à la communauté.

Dans le cadre du festival de musique sacrée de Fès*, j’ai pu rencontrer Frédéric Calmès suite à une conférence sur le soufisme. C’est autour d’un thé à la menthe que Frédéric a spontanément accepté de répondre à mes questions.

Lorsque je demande à Frédéric qu’elle est sa principale activité, il m’explique que pour lui le chant, les instruments, les contes et les histoires sont indissociables. Ils s’unissent pour former un «lieu commun » de partage. Au-delà du plaisir de jouer, c’est un puissant moyen d’échange. Dans les cultures traditionnelles, comme ici au Maroc, les personnes ont un répertoire de chants traditionnels qui est transmis de génération en génération. Cela permet un échange « inter personnel ». Il ajoute qu’on peut être 6 devant une télé sans réellement êtres ensemble. Alors que chanter, jouer de la musique, taper des mains avec un groupe de personnes permet un échange bien plus profond.

MH: « Qu’en est-il en France, et dans les autres pays occidentaux ? »

Frédéric a déjà fini son thé alors que j’en apprécie la première gorgée.

FC: « En France, le rapport à l’autre est surtout intellectuel, rationnel et cérébral. On échange des idées. Ici lorsqu’un groupe d’amis se rencontre, ils chantent ensemble. C’est l’occasion de faire ce qu’ils aiment. L’échange se fait plus au niveau émotionnel »

MH: « C’est vrai que l’on communique ses émotions à travers la musique »

FC: « Oui, car en plus d’être un efficace moyen de partage, le chant, la musique et même la danse, sont de superbes moyens d’expression. C’est pour moi un exutoire essentiel. Je transmets mes sentiments, qu’ils soient de joies ou teintés de tristesse.»

MH: « Pourquoi a-t-on perdu cela en Occident ? »

FC: « C’est en partie suite à l’exode rural. Les chants traditionnels se sont perdus. Si l’on réfléchit sur le nombre de chansons, et d’histoires que nos grands-parents connaissaient, par rapport à nos parents, puis à notre génération, on se rendrait compte d’un très net déclin. »

Frédéric ajoute avec un sourire

« Il y a une relation inversement proportionnelle entre le degré de stress et de mal-être, et le nombre de chansons connues! À l’appauvrissement d’un répertoire commun, s’ajoute la télévision qui tue de plus en plus la communication».

MH: « Y a-t-il encore un espoir pour notre civilisation ?? »

FC: « En France comme ici, les personnes aiment échanger à travers la musique. Ils ne savent tout simplement plus comment faire. Quelques années en arrière j’ai eu la direction d’une école de musique dans une petite commune en France. Lorsque j’ai pris mes fonctions, les auditions restaient très académiques. Le jeune musicien jouait nerveusement devant un auditoire composé principalement par ses proches. J’ai à cette époque, simplement appliqué ce qui se faisait au Maroc : donner à tous les participants un répertoire commun. Les enfants ont appris à jouer du Brassens, et les paroles furent imprimées et distribuées aux spectateurs. Les personnes ont chanté, ont ri, et ont unanimement trouvé l’expérience incroyable ! »

Un groupe d’enfants âgés de 8 à 12 ans se sont joints à nous. Ils ont reconnu Frédéric dont la photo se trouve sur le programme officiel du festival. Deux d’entre eux étudient l’Oud, cousin arabe de la guitare, et veulent voir jouer le musicien français. Frédéric sans hésiter sort sa guenbri (instrument à trois cordes) et commence au plaisir de tous à faire vibrer les boyaux tendus.

Lorsqu’il entame la première chanson, un des plus jeunes enfants écarquille les yeux de plaisir, car il connaît ce chant. Il se joint à Frédéric. Les autres enfants et moi même tapons à l’unisson dans nos mains. Cet émouvant moment de partage vient illustrer la discussion qui n’aurait pu se terminer aussi parfaitement.

calmes FredericBio

Originaire de Nancy, Frédéric Calmès vit à Fès depuis 11 ans. Initialement venu pour se perfectionner en musique arabe, il a rencontré un maître soufi qui lui a donné envie d’en apprendre davantage sur ce mode de vie qui allie le chant, la musique et le spirituel. Frédéric, musicien jouant du Oud et de la Guenbri, a enseigné l’art de conter à la faculté de lettre de Mekhnès. Pour son master en ethnologie qu’il a complété à l’école des hautes études en science sociale, il a étudié et suivi les confréries soufis du Maroc. [/message_box]

Lire aussi Comment Développer Sa Créativité

Ci-dessous concert télévisé de Frédéric avec les Hamadcha de Fès

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Apprendre à Méditer Comment Méditer

Les Mantras, Bonne Idée?

Les Mantras

Un mantra, « instrument de pensée » en sanskrit,  est une courte formule récitée comme support de méditation. La personne qui médite récite intérieurement son mantra constitué d’une ou de plusieurs syllabes. Ce genre de récitation est une ancienne pratique utilisée dans les traditions de l’Inde, tout comme dans le christianisme et l’islam. Mais dans le cas du mantra, la formule reste secrète. En effet, selon la tradition, un mantra ne peut être donné que par un maître expérimenté.

Il est lié à un enseignement et il est personnalisé à l’étudiant. Selon Maharishi (lire encadré « un yogi controversé »), yogi ayant contribué à développer l’utilisation des mantras et de la méditation transcendantale en occident, méditer en utilisant un mantra est l’essence même de l’enseignement védique (base de l’hindouisme.) Maharishi explique que « ce n’est pas par des actions méritoires ou par la connaissance que l’homme peut se libérer, mais en amenant son esprit en deçà de toutes pensées et actions.

C’est à ce niveau transcendantal que conduit graduellement la méditation.» Il explique que la récitation intérieure du mantra conduit à la conscience de soi. Elle permet de se reconnecter à l’absolu qui est en nous.

Un Yogi Controversé Dans les années 70, Maharishi devint célèbre, grâce aux Beatles qui firent une retraite dans son ashram. Maharishi contribua à faire connaître la méditation transcendantale en occident. Le « gourou » de la méditation transcendantale fût parfois critiqué pour son rapport à l’argent et au pouvoir. En Inde, où il est moins connu qu’en occident, des yogis lui reprochèrent de marchander des mantras. Cependant, même après sa mort, la méditation transcendantale a encore ses adeptes. Parmi elles, des célébrités comme Martin Scorsese, Clint Eastwood et David Lynch. La simplicité de cette pratique explique l’attrait qu’elle continue à avoir.

Où trouver son mantra?

Le mantra doit être transmis par un enseignant expérimenté. Autrement, il n’a aucun ou que très peu d’intérêt. Selon, le lama Arnaud Guétcheu, trouver un mantra sur internet n’a aucun sens. « Un mantra est une petite partie d’un tout infiniment plus vaste » note Arnaud. Pour lui, réciter un mantra sans être initié à tout le corpus des enseignements et pratiques qui l’accompagnent n’a pas beaucoup d’intérêt.

Le lama ajoute que bien que les sonorités ont leurs effets, il faut démystifier les mantras: « Un mantra est surtout un moyen mnémotechnique qui accompagne bien d’autres instructions de méditation. Dans la cadre de la pratique des tantras, un mantra se récite au cœur de nombreuses visualisations qui ont été transmises lors d’initiations et de longs enseignements progressifs. » Vous l’aurez compris utiliser un mantra traditionnel sans l’enseignement qui l’entoure n’offre pas de réel intérêt.

Faire la pleine expérience d’un mantra

Si vous ressentez l’envie d’explorer l’enseignement des mantras, il existe en occident de nombreux lieux où vous pouvez suivre un enseignement traditionnel issu du bouddhisme ou de l’hindouisme. Vous pourrez ainsi profiter pleinement de l’expérience de personnes ayant déjà fait le chemin, et découvrir des mantras adaptés à votre cheminement. Si vous n’êtes pas prêt à suivre une voie traditionnelle, vous pouvez toujours choisir une formule à réciter intérieurement: un mot de votre choix, une prière, une récitation… Cela vous aidera à canaliser votre attention et vous permettra de progresser dans votre méditation.

Enfin, pour certains, écouter la récitation de certains mantras leur fait beaucoup de bien. Ci-dessous, découvrez la récitation de Om Manu Padme Hum (Jane Winther), qui est un des plus célèbres mantras du bouddhisme. Il est souvent appelé mantra de la grande compassion.

Sources: L’article de François Gauvi paru dans Le Point Référence (aux origines de la méditation) ; Terre de Repos, le blog d’Arnaud Guétcheu.  Illustration en haut de page: le mantra Om Manu Padme Hum en écriture tibétaine.

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Bienfaits de la méditation Hygiène de vie

La Méditation Pour les Gens Heureux?

Faut-il être mal pour commencer à méditer ou bien peut-on méditer lorsque l’on se sent bien?

Cette question peut vous surprendre et pourtant elle revient souvent. Beaucoup de personnes croient qu’il faut être mal dans sa vie pour commencer à méditer. Et s’ils avaient en partie raison.

Sur la balcon d’un ami

Cet été sur le balcon de chez un ami, j’ai croisé le regard de sa voisine. Sur une table couverte d’un drap en plastique, elle travaillait l’argile pour donner forme à une silhouette assise de côté. On a parlé de sa sculpture, de la peinture et de son amour pour les arts. Puis, au cours de la discussion, le sujet de mon activité est arrivé. Je lui expliquais que j’étais chiropraticien et que j’enseignais la méditation. Mon invocation de la méditation l’a presque surprise. Et ce qu’elle a dit ensuite m’a interpellé: « Vous devez voir beaucoup de gens désespérés et de sacrés cas! », « Pas tant que ça » m’est venu naturellement. Je lui ai proposé d’aller faire un tour sur mon blog pour qu’elle puisse en apprendre davantage sur la méditation et avant que je puisse lui donner l’adresse du site, elle m’a répondu qu’elle allait très bien et qu’elle n’en avait pas besoin.

Cette discussion sur le balcon m’a rappelé deux points.

1) Tout d’abord, certaines personnes ont leur propre perception de ce qu’est la méditation et cela ne concorde pas toujours avec la réalité.

2) Ensuite, la méditation est souvent perçue comme un moyen de réduire une souffrance psychologique et émotionnelle.

Ce second point, je l’avais presque oublié. Car pour moi méditer, c’est comme manger sainement et faire du sport. Cela améliore notre vitalité et notre bien-être. Et l’on n’a pas besoin de se sentir mal pour le faire. La méditation fait partie d’une hygiène de vie qui nous permet de vivre plus heureux et plus pleinement.

Mais en creusant plus loin la réflexion, je ne pouvais que constater que la grande majorité des personnes qui venaient à moi pour découvrir la méditation (sur le blog ou en personne) le faisaient pour réduire une souffrance. Cette souffrance n’avait pas besoin d’être extrême comme pouvait le penser cette artiste. Mais il y avait presque toujours un mal-être à soulager, un manque à combler, ou un doute à apaiser.

Et même, dans mon cas, c’est durant une période difficile que j’ai commencé à méditer régulièrement. Et si aujourd’hui, je constate que la méditation m’aide à être plus productif, plus créatif et plus confiant, elle continue aussi à m’aider à passer à travers les moments de doutes et de tristesse.

La méditation pour tous: les malheureux et les gens heureux

Est-ce que la méditation est indiquée pour les bien portants et les gens heureux? Bien sûr! Car tout bien portant passe par des périodes de mal-être. C’est notre condition humaine qui veut cela, et cela nous permet de grandir et d’évoluer. C’est rassurant de savoir que, durant les périodes difficiles comme durant les périodes douces de la vie, la méditation – cette capacité à faire profondément le calme en soi – est toujours là pour nous accompagner.

Article à découvrir: Pourquoi Méditer

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Bienfaits de la méditation Psychologie Reprendre Confiance en Soi

L’Effet Pygmalion

L’effet Pygmalion à l’école, à la maison et au travail

PygmalionL’effet Pygmalion est cette tendance à se conformer à l’image que l’autre a de nous. Cela se fait inconsciemment et commence dès le plus jeune âge. À l’école, l’instituteur vous croit intelligente? Vous avez tendance à vous améliorer. Il vous considère comme un « bon à rien »? Vous aurez du mal à réussir vos leçons. Et cela même, s’il n’exprime pas ses pensées à votre égard.

Le regard des parents est encore plus puissant. Sans qu’aucun mot ne soit échangé, l’enfant sent le jugement de ses parents, qu’il soit positif ou négatif. Selon Isabelle Filliozat, psychologue et auteur, « il est plus facile de réussir et d’avoir confiance en soi quand vos parents croient en vous. »

Au travail, le regard du patron et des autres employés a aussi ce pouvoir. Selon l’environnement dans lequel elle se retrouve, la personne ne se comporte pas de manière identique. Si on vous fait confiance vous réussirez plus facilement qui si on doute de vous, même si personne ne vous dit rien ouvertement. Comme le note Isabelle Filliozat « Nous sommes inconsciemment influencés par le regard que les autres posent sur nous, le regard direct de votre entourage, mais aussi le regard ‘social’, celui que nous avons intériorisé. »

Cette intériorisation du regard de l’autre se manifeste par un dialogue interne qui est souvent inconscient: « je ne vais pas y arriver », « je n’ai jamais été bon dans ce domaine », « je me sens mal », « je ne veux pas être là », etc.

Le rôle de la méditation pour dépasser l’effet Pygmalion

La méditation aide à se libérer de l’influence du regard des autres en nous permettant de prendre conscience de notre dialogue interne. Selon le Dr Melanie Fennel, Professeur de psychiatrie à l’université d’Oxford, un dialogue interne où une personne se déprécie contribue à une faible estime de soi et favorise les épisodes de dépression. La psychiatre observe que la pratique de la méditation améliore la confiance en soi en agissant directement sur ce langage interne. Elle note que la méditation nous permet de comprendre que notre dialogue interne, nos pensées, et nos croyances sont des processus mentaux plutôt que des vérités objectives.

En d’autres termes, méditer met la lumière sur ces croyances et ces peurs que l’on a inconsciemment accumulé dû aux regards des autres. Lorsque je prends conscience que mon dialogue interne me bloque et me fait du mal, je peux désormais choisir de l’arrêter.

Si l’effet Pygmalion est bien réel, vous pouvez à l’aide de la méditation le limiter considérablement en évitant d’absorber comme une éponge le jugement des autres. Vous pourrez alors redécouvrir qui vous êtes et ce qui est vraiment important pour vous.

Avez-vous déjà expérimenté l’effet Pygmalion? Laissez un commentaire ci-dessous!

Plus d’articles sur l’effet du regard des autres:

Comment ne plus subir le regard de ses proches

Le stress, est-il contagieux?

Une vidéo sur la confiance en soi:

Comment sortir de sa zone de confort

Sources: Fait-toi confiance (ed. Marabout) de Isabelle Filliozat ; Depression, low self-esteem and mindfulness, Melanie J.V. Fennell, publié dans Behaviour Research and Therapy, V42, issue9. ; wikepedia pour la définition de Pygmalion.

Illustration: photo d’une sculpture du studio cnbmstone (Chine)

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Comment Méditer

Méditation Profonde en Silence…Pas Toujours Possible

Pour méditer, il est conseillé de trouver son espace de paix. Idéalement un espace au calme, loin des bruits de la rue et de la maison, où l’on pourrait plonger pleinement dans une méditation profonde. Mais, cela n’est pas toujours possible. Rue passante, voisin bruyant, manque d’espace constituent le quotidien de beaucoup d’entre vous. Comment faire alors pour bien méditer sans un minimum de silence?

Méditation profonde et bruit de mobylette

N., qui participe à l’école Méditer Aujourd’hui, a posé la question suivante:

« J’ai ré écouter la vidéo du premier jour et si j’ai bien trouvé mon endroit, j’ai toujours des soucis de bruits extérieurs (voiture, mobylette et j’en passe…) d’où ma question peut-on méditer avec un casque ? »

Boules-Quies

Il en effet possible d’utiliser un casque ou des boules Quies lorsque les bruits extérieurs sont trop envahissants. Puis, lorsque la capacité de concentration s’améliore, il est intéressant de méditer sans s’isoler du bruit. Car si au début, le bruit extérieur va créer de l’agitation en soi, il deviendra possible, avec la pratique, de ne plus y réagir.

Bouchons d’oreille ou pas?

Voilà une discussion, sur la méditation profonde en silence, que j’ai suivie sur un forum dédié à la méditation.

J’habite dans un quartier bruyant et avec des colocataires qui parfois discutent près de mon lieu de méditation. J’arrive à faire plus facilement une méditation profonde lorsque j’utilise des bouchons d’oreille. – Sean

Il est recommandé de trouver un espace isolé et au calme pour méditer. Mais si ce n’est pas possible, l’utilisation de bouchons d’oreille peut être une alternative. – Matthieu

Des bouchons d’oreilles ne sont pas une bonne idée. Tolérez le bruit du mieux que vous pouvez, et si vous ressentez que vous n’arrivez vraiment pas à vous concentrer, utilisez les bouchons, mais en dernier ressort. » – Crystal

J’ai utilisé des protections auditives lorsque j’ai commencé à méditer, et cela pendant un certain temps. J’étais facilement agité et un rien m’irritait. J’habitais dans un quartier où un immeuble était en travaux et mon voisin avait un oiseau qui n’arrêtait pas de crier.

Plus j’ai médité, et plus ma tolérance au bruit s’est améliorée, même lorsque des personnes discutaient pas loin de moi. Hier, je suis allé m’asseoir une demi-heure dans un parc pour méditer. Beaucoup d’enfants jouaient, il y avait des barbecues, des mouettes bruyantes, et malgré cela, je restais assis sans ressentir aucune forme d’agitation.

Le calme se trouve en soi et non pas à l’extérieur, mais l’on doit développer suffisamment de pratique pour pouvoir ressentir cela. Oui, vous pouvez utiliser des bouchons d’oreilles au début jusqu’au jour où vous ressentirez naturellement le besoin de vous en séparer. » – Dew

En conclusion, je dirais

– Essayer au mieux de trouver un espace et un moment au calme (quitte à modifier votre emploi du temps, à en parler à vos proches). Si ce n’est pas possible,

– Alterner les séances avec bouchons d’oreilles et sans. Les jours où vous vous sentez agité, utiliser un casque ou des bouchons d’oreille, pour ne pas être distrait davantage par les bruits extérieurs.

La pratique de la méditation est une exploration que l’on est seul à pouvoir faire. C’est donc à chacun d’essayer et de tester ce qui convient.

Je vous recommande également de lire Méditer yeux ouverts ou fermés?

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Communiquer Trouver Sa Voie

Enfin Pouvoir Communiquer Avec les Autres: La Touchante Histoire de Patrick

Pouvoir s’exprimer et communiquer est un élément essentiel à notre bien-être et à notre épanouissement. Ne pas pouvoir le faire nous prive d’une part importante de notre humanité.

Dans cette vidéo, vous allez découvrir la touchante histoire de Patrick, sourd de naissance, qui découvre, pour la première fois à 15 ans, la joie de pouvoir communiquer avec les autres.

J’ai fait la traduction de cet extrait du documentaire fait par Channel4.

C’est touchant lorsque Patrick (à 03:07) commence à réaliser ce qu’il est en train d’apprendre

L’être humain est un « animal social » qui a besoin de communiquer. La vie s’enrichit lorsque l’on peut exprimer notre sensibilité et notre vision du monde. Mais cela va au-delà des simples banalités que l’on échange à longueur de journée. Partager sa sensibilité nécessite d’aller chercher au fond de soi ce qui nous inspire et ce que l’on a envie de partager avec les autres.

Communiquer avec les autres ce que l’on a dans notre coeur

Contrairement à Patrick, la plupart d’entre nous possèdent de multiples moyens d’expression: la parole, l’écriture, les arts, les médias en ligne, etc. Il faut simplement prendre le temps de régulièrement replonger en soi pour redécouvrir ce que l’on veut vraiment communiquer. C’est grâce à cela que l’on pourra redécouvrir la joie, simple et profonde, de pouvoir exprimer ce que l’on a dans notre coeur.

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Bienfaits de la méditation Info

Le Syndrome du Bavard

Pris au piège face à une personne qui parle sans arrêt, il est souvent difficile de s’en sortir sans faire preuve d’impolitesse. Très souvent, ces bavards n’ont pas conscience de l’inconfort qu’il provoque chez leurs interlocuteurs. Ceci serait dû à un manque de stimulation de leur cerveau « intuitif » qui  se trouve dans l’hémisphère droit.

Qui n’a pas un jour dû faire face à un moulin à parole qu’il était impossible d’arrêter ou d’interrompre ? Si une personne a une tendance naturelle à parler sans écouter, à faire de long monologue sans se soucier de son interlocuteur, il se peut que l’hémisphère droit de son cerveau ne soit pas suffisamment stimulé.

Le docteur Patrick VERTISHEL, neurologue et co-auteur du Cerveau réconcilié (éd. Masson), note que l’hémisphère droit joue un rôle important dans la subtilité de la communication. Car si l’hémisphère gauche gère la production des mots, la syntaxe ou encore la bonne grammaire, l’hémisphère droit quant à lui permet à la personne de détecter les messages renvoyés par la gestuelle et les mots de l’interlocuteur. Il permet de moduler les intonations, mais également de comprendre les métaphores, l’humour, le second degré ou encore la poésie. Enfin, il permet de tenir compte des réactions de la personne en face, et d’adapter le propos en conséquence.

La personne ayant un hémisphère droit peu actif va souvent avoir un débit incontrôlé et elle ne va pas percevoir la perte d’intérêt ou l’impatience de son interlocuteur. De plus, son discours est souvent égocentrique. La personne bavarde risque également d’avoir une mauvaise évaluation du temps et peut parler pendant des heures si elle n’est pas interrompue.

Comment alors faire face à cette situation ?

Si vous avez vous-même tendance à beaucoup parler ou si vous connaissez une personne dans cette situation. Il est important de stimuler et renforcer l’hémisphère droit en le sollicitant à travers par exemple l’apprentissage à une activité qui stimule la créativité.

La méditation va également aider à rééquilibrer l’utilisation des hémisphères du cerveau et à stimuler davantage l’hémisphère droit. Selon le Dr Shanida Nataraja, neurologiste, la pratique de la méditation va installer un état de calme, diminuer le bavardage mental et activer de la sorte le cerveau droit.

Sources:  Cerveau et Psycho, n°22 / 2007 ; Mindfulnet.org

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Bienfaits de la méditation

La Méditation Pour les Entrepreneurs

La pratique de la méditation offre une aide précieuse aux entrepreneurs et aux entrepreneuses. Que ce soit pour la gestion du stress, la prise de décision ou la productivité, méditer va aider à mieux réussir ses projets.

Michael Jacobs est l’un des cofondateurs de l’application à succès SocialLink. Il a expliqué sur le site entrepreneur.com comment la méditation lui a permis de réussir après de nombreux échecs.

Voilà ce qu’il en dit:

jacobsComme beaucoup d’entrepreneurs à succès savent, le développement personnel est la fondation pour créer le business et le mode de vie qui vous convient. Si vous ne dépassez pas vos blocages inconscients, vous allez limiter votre évolution personnelle et professionnelle. Quel est le meilleur moyen pour se développer personnellement? La méditation.

Pour moi, la méditation a changé ma voie en tant qu’entrepreneur. Lorsque je me suis lancé dans l’entrepreneuriat, je n’ai pas réussi à faire décoller mes projets malgré de nombreux essais. À chaque fois que j’essayais de faire fructifier une idée, j’approchais du succès jusqu’à un certain point, puis cela capotait. Durant cette période, je me suis senti perdu et déboussolé. Mais l’envie de construire quelque chose était toujours présente.

C’est ensuite durant un voyage en Inde que j’ai découvert les bienfaits de la méditation. En commençant à exercer, j’ai pris conscience des blocages qui m’empêchaient d’aller de l’avant. En réalisant cela, j’ai commencé par adresser ces peurs inconscientes pour les dépasser. Depuis que je médite, j’ai lancé de nombreuses affaires à succès et surtout je fais ce que j’aime et je vis la vie que j’ai choisi de vivre.

Vous pensez peut-être que « La méditation, c’est pour les moines et les hippies! ». En réalité, plus de personnes méditent qu’on pourrait le croire. Des personnes ayant eu un gros succès dans leur travail méditent régulièrement. Oprah Winfrey, Clint Eastwood, Katy Perry, Hugh Jackman en sont quelques exemples.

La raison pour laquelle ces personnes apprécient la méditation, c’est qu’elle permet de réduire le stress, de se libérer du trop-plein de pensées et d’offrir une perspective plus large de ce que l’on vit. En tan qu’entrepreneur, vous arrivez à transformer vos échecs en succès et à éliminer l’excédent de bagage mental, et cela fait toute la différence.

Source: entrepreneur.com et photo stockimages.

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Interview

Comment les huiles essentielles peuvent-elles vous aider à méditer?

Anne du blog Naturel Bien Être a généreusement accepté de répondre à mes questions. Elle explique, ci-dessous, les bienfaits des huiles essentielles dans la pratique de la méditation. Si vous avez des questions pour Anne, vous pourrez les poser dans la zone commentaire en fin d’article.

Qu’est-ce que l’utilisation des huiles essentielles a amélioré dans votre vie ?

Beaucoup de bien-être, une parenthèse dans un quotidien parfois bien rempli ! Elles m’aident à me relaxer tout en me donnant du tonus et de l’énergie. Ce qui a pour répercussion le maintien d’une certaine harmonie intérieure. Pris dans le tourbillon du quotidien, il est important de se créer des moments pour soi et de pouvoir sortir du tumulte. Les huiles essentielles me permettent de me détendre et de « décrocher ».

En fonction des besoins, je les utilise autant dans la recherche d’un effet calmant et relaxant ou au contraire tonifiant et stimulant. Les huiles essentielles ont la faculté d’intervenir sur mon humeur du moment. Les effets bénéfiques, relativement immédiats, se font ressentir tant sur le plan psychologique qu’émotionnel. Une façon de repartir à neuf en quelque sorte !

Je les utilise principalement en diffusion : juste quelques gouttes déposées sur un mouchoir suffisent à me détendre et me transporter dans un havre de calme. Diluées dans un bain aromatique ou en massage, les huiles essentielles possèdent aussi un extraordinaire potentiel.

Quelle huile essentielle recommandez-vous pour commencer à apaiser l’esprit sans l’assoupir ? Une huile essentielle que l’on pourrait utiliser avant sa séance de méditation ?

Parmi les huiles essentielles propices à la méditation, je citerai :

  • L’huile essentielle d’Encens Oliban. En favorisant l’abandon du mental, c’est l’huile essentielle méditative par excellence. La richesse apaisante et tonifiante de son arôme procure une source infinie de bien-être.
  • L’huile essentielle de Santal. Le santal est d’ailleurs très prisé en Inde et dans les sanctuaires bouddhiques pour accompagner les cérémonies méditatives. Ses pouvoirs sur le psychique sont communément reconnus. Il est réputé pour rendre l’esprit plus réceptif et ainsi élever la spiritualité.
  • L’huile essentielle de Cèdre de l’Atlas est également intéressante en tant que rééquilibrant émotionnel. A la fois énergisante et sédative, elle aide à se recentrer. C’est donc un excellent moyen pour se relaxer tout en se tonifiant.
  • Enfin, l’huile essentielle de Cyprès aux effets profondément apaisants, rafraîchissants et stabilisants peut également être conseillée.

Le fait d’aimer ou non un parfum particulier est aussi un facteur à ne pas négliger dans le choix d’une huile essentielle. C’est d’ailleurs  pourquoi je vous en ai mentionné plusieurs !

L’huile essentielle qui vous sera la mieux adaptée est souvent celle dont vous préférez le parfum. L’aspect émotionnel joue un rôle important dans le bien-être. Il est donc capital d’exclure tous les parfums qui vous rebutent ou vous incommodent, même si par ailleurs leurs vertus sont reconnues. Quand l’arôme d’une huile vous déplaît, écartez-la, c’est tout simplement le signe qu’elle ne correspond pas à votre métabolisme particulier.

Il n’est pas rare de constater que différentes huiles ont des vertus convergentes. Vous pourrez donc tenir compte de cet élément pour choisir celle qui vous sera la plus plaisante. L’aromathérapie doit avant tout être un plaisir.

Quel est le meilleur moyen de la diffuser ?

Pour créer un climat olfactif agréable, personnellement, j’aime beaucoup cette méthode de diffusion toute simple qui consiste à déposer quelques gouttes d’huile essentielle sur un mouchoir que je garde près de moi. Une petite astuce en hiver consiste à le placer sur un radiateur. La chaleur douce favorisera la diffusion des molécules aromatiques. Attention toutefois à ce que l’huile essentielle ne soit pas en contact direct avec le radiateur pour éviter l’apparition de résidus collants.

Dans le cadre de la méditation, une autre façon de diffuser une huile essentielle consiste à utiliser un brûle-parfum. Quelques gouttes sont versées dans la coupe remplie d’eau du brûle-parfum. C’est la chaleur de la bougie qui va disperser les particules aromatiques. Cette technique de diffusion présente néanmoins l’inconvénient de chauffer les huiles essentielles et leur action s’en trouve alors diminuée. D’autre part, il vaut mieux éviter de le laisser sans surveillance.

Pour palier à ce désagrément, il existe des diffuseurs électriques. Ils sont plus onéreux, mais présentent l’avantage d’une diffusion optimale sans avoir besoin de chaleur, ni de surveillance. Le léger bruit de certains de ces appareils peut cependant présenter une certaine gêne lors d’une séance de méditation.

Y-a-t’il des précautions d’utilisation ?

Effectivement, les huiles essentielles sont des produits très concentrés qu’il faut utiliser avec certaines précautions. Ce n’est pas parce que ce sont des substances naturelles qu’elles sont inoffensives.

La demande en huile essentielles étant de plus en plus forte, la première des précautions que j’évoquerais, c’est tout d’abord de s’assurer de la qualité (100% naturelle et pure), de la provenance et de certaines indications telles que le nom botanique, l’organe producteur, la spécificité biochimique et le numéro du lot. Vous veillerez également à être attentif à la certification dans le cas d’acquisition d’une huile essentielle biologique. Une huile essentielle de qualité ne doit comporter aucune autre substance que celle de la plante.

Les conditions de stockage sont également un point à surveiller. Vous éviterez la lumière, l’air, le froid et la chaleur. Il faut savoir qu’une huile essentielle altérée perd toutes ses qualités.

Suivant votre état de santé, certaines huiles essentielles peuvent présenter une incompatibilité. La prudence s’impose également chez les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes (l’huile essentielle de cèdre dont je parle plus haut est à proscrire en cas de grossesse).

Je vous souhaite d’agréables moments de détente, de bien-être et d’harmonie.

anne le clancheBiographie

Pour Anne, savoir prendre soin de soi, est probablement une des compétences les plus précieuses. Avide de nouvelles connaissances, elle en est naturellement arrivée à créer le blog Naturel Bien Etre. Un lieu où elle partage le fruit de ses recherches et ses expériences.

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Apprendre à Relativiser Bienfaits de la méditation Podcast

Comment Moins Subir l’Influence de Nos Proches

Pourquoi sommes-nous si sensibles face aux regards de nos proches, et que faire pour nous libérer de cette influence qui souvent nous bride et nous empêche de nous épanouir.

P., 30 ans, vit en Asie du Sud-est depuis 3 ans. Il a récemment reçu la visite de son père et comme à chaque fois cela s’est mal passé. Son père, habituellement fort et autoritaire, s’est mis à pleurer. 
Cela a sapé le moral de P. et l’a rempli d’angoisse. P. considère son père comme quelqu’un de manipulateur et de mauvais. Il me dit que sa petite soeur et son frère ont coupé les ponts avec leur père, et il considère faire la même chose. Après le départ de son père, P. a perdu toute confiance en lui, il appréhende le futur et il a peur que sa copine l’abandonne malgré qu’elle lui a toujours offert support et réconfort.

Parents Toxiques?

P. comme beaucoup de personnes, restent très vulnérables face à leur proche. Et, c’est vrai que j’entends souvent des personnes me dirent qu’elles se sentent bien dans leur vie, mais qu’il suffit qu’elles se retrouvent en la présence d’un parent pour que les vielles peurs, les doutes, et la rancoeur, reviennent au gallo.

Pourquoi sommes-nous si sensibles face à nos proches?  En quoi cela risquet-il d’affecter notre épanouissement? Et comment faire pour devenir moins vulnérable sans pour autant rejeter l’autre?

Ce que vous allez découvrir dans ce dossier:

  • pourquoi avons-nous cette hypersensibilité  émotionnelle face à nos proches?
  • Comprendre les mécanismes de défense que l’on développe durant l’enfance
  • Comment ces mécanismes nous affectent en tant qu’adulte
  • Pourquoi la fuite n’est pas souhaitable
  • Comment se libérer des conditionnements liés à nos parents
  • Une méditation guidée au format audio à écouter

Hypersensibilité émotionnelle

Avez-vous remarqué qu’il y a des périodes dans votre vie, où tout semble se passer au mieux – vous êtes confiant et relativement satisfait de votre quotidien – et il suffit d’une discussion avec un proche pour vous faire ressentir un stress viscéral ? Il suffit que votre proche vous parle de ses problèmes, ou simplement vous pose des questions teintées de jugement, pour susciter en vous un malaise lié au passé. Et lorsque cela arrive, le premier ressenti que vous allez avoir c’est un besoin de retrait. 

Fuir l’inconfort émotionnel

Vous allez vouloir vous détacher émotionnellement de cette personne qui est en train de réveiller en vous un mal-être que vous n’avez plus envie de ressentir. Certaines personnes comme P. considère couper complètement les ponts, et d’autres, dans une moindre mesure, choisissent de limiter les rencontres avec la famille. Il se peut également que vous ressentiez de la colère et de l’agacement envers ce parent qui continue à se comporter comme il l’a toujours fait et qui ne semble pas réaliser que cela vous fait du mal.

Votre dilemme

Mais malgré votre besoin de retrait et votre agacement, vous ressentez envers cette personne (votre mère, votre père, ...) de l’amour et vous pouvez comprendre, en partie, son point de vue. Vous savez qu’elle porte elle-même son bagage émotionnel et qu’au fond d’elle, elle vous aime et préfère ne pas vous voir souffrir. Vous aimeriez lui offrir votre support, mais comment faire alors que vous êtes submergé par un mal-être (voir les manifestations du mal-être) et que vous n’avez qu’une envie, vous sortir de cet environnement pesant?

manifestation du mal-être

Le mal-être peut se manifester de plusieurs manières:

  • sensation d’oppression au niveau du plexus
  • boule à la gorge
  • la sensation de se vider de son énergie
  • sentiment de grande vulnérabilité (comme si quelque chose de terrible allait arrivé)
  • Tristesse et sentiment d’impuissance
  • Colère et ressentiment avec le coeur qui bat plus vite

Pour répondre à cette question, découvrons d’abord pourquoi nous avons cette hypersensibilité émotionnelle face à nos proches.

Proximité et stratégies de défense

Pour la plupart d’entre nous, l’enfance et l’adolescence se vivent dans une grande proximité avec nos parents et notre fratrie. Lorsqu’enfant vous êtes confronté au mal-être d’un parent (qui peut se manifester par son retrait, son impatience, ou pire, par de la violence verbale ou physique), vous ne pouvez pas physiquement fuir cet environnement chargé émotionnellement. La fuite doit alors se faire en soi, et c’est ainsi que l’enfant développe ses stratégies de défenses. 

Les stratégies de défense peuvent se traduire 

  • par un retrait (l’enfant passe du temps dans sa chambre, il  est peu communiquant) en espérant que cela le préserve du mal-être, 
  • par de l’agressivité où à travers la confrontation il va essayer de repousser son inconfort,
  • ou encore en étant conciliant pour désamorcer tout conflit et pour éviter d’exposer ses émotions.

Les conditionnements de l’enfance vous suivent à l’âge adulte

Ces différentes stratégies se mettent en place sur des années et se renforcent avec le temps. Le cerveau créé des automatismes qui permettent en un instant de monter un mur de défense dès lors que l’enfant ou l’adolescent se sent vulnérable. Ces conditionnements ne disparaissent pas à l’âge adulte. Et aujourd’hui, comme un vieux réflexe, le mécanisme de défense s’enclenche, sous le radar de votre conscience, lorsque vous vous retrouvez face aux critiques d’un proche ou face à sa souffrance.

Mais voilà, aujourd’hui, vous êtes un adulte avec votre libre arbitre. Vous n’êtes plus obligé de partager votre vie avec vos parents dans un espace restreint. Vos mécanismes de défense n’ont plus de raisons d’être. Et il est possible de se libérer de ses conditionnements.

Malgré cela, beaucoup de personnes préfèrent l’évitement (voir le rejet de leurs proches) plutôt que de devoir adresser leurs vieilles habitudes. Et cela se comprend, car c’est effectivement plus facile d’éviter la source de stress (la proximité de nos proches), que de chercher à dénouer nos profonds mécanismes de défense.

Mais le problème avec cette fuite est double.

1) Comme on l’a vu plus haut, la plupart d’entre nous ressentons de l’amour et de la compassion envers nos parents. Nous voulons leur bonheur ou du moins, nous voulons leur éviter de souffrir. Mais, il est difficile d’être présent et d’offrir un vrai soutien si nous nous fermons à eux pour nous protéger. De plus, cette fuite va créer des sentiments de culpabilité (« je n’en fais pas assez ») et du ressentiment.

2) Nos conditionnements du passé (mécanismes de défense) risquent de déborder sur les autres domaines de notre vie. Cela risque d’affecter nos relations de couple (on va adopter le même retrait face à la critique), notre relation à l’autorité (ce qui risque d’affecter notre travail), et globalement cela réduit la confiance en soi. La fuite n’est généralement pas la solution (parfois, elle est cependant inévitable: lire l’encadré « Après la rupture »). Elle vous privera de l’opportunité de vous libérer de vos vieux mécanismes de défense qui aujourd’hui vous limitent dans vos possibilités. Je vous invite au contraire à aller à la rencontre de vos conditionnements (ce qui changera automatiquement votre rapport à vos proches).

Après la rupture…

Il arrive parfois que la rupture soit inévitable. Votre parent est allé trop loin et vous décidez de couper entièrement les ponts. Ou bien il arrive qu’un parent décède nous laissant face à nos peurs. Comme le note la docteure Suzanne Forward, dans son livre Parents Toxiques, « la mort n’enlève rien au pouvoir des parents au contraire, bien souvent la déification est amplifiée. Au lieu de se libérer d’eux, les survivants restent prisonniers de leurs émotions. » Donc même s’il y a rupture définitive, il est possible et essentiel, de faire un travail pour se libérer de ses mécanismes de défense.

On va maintenant découvrir comment la méditation et les bonnes questions vont vous aider à dénouer ses habitudes de protection profondément ancrées en vous.

Se libérer de ses conditionnements

Il y a deux étapes à cela:

1) La première étape consiste à prendre conscience que ces conditionnements de défenses sont présents, et avoir la motivation de s’en libérer. La première partie de cet article a eu pour but de vous révéler pourquoi vous êtes si sensible face aux regards de vos proches, et de vous donner l’envie de faire un travail d’introspection pour vous libérer de vos vieux réflexes de défense. Comme on l’a vu, ce travail nécessite un effort, et vous pourrez le fournir seulement si vous avez bien intégré l’importance de se libérer de vos conditionnements pour votre bien-être et pour le bien-être de vos proches. Ensuite, vous allez pouvoir plonger en vous pour dénouer l’emprise de ces vieilles peurs qui aujourd’hui n’ont plus de raison d’être.

2) La seconde étape combine un travail de méditation et de questionnement pour se libérer de ses vieux conditionnements. Et c’est que l’on va découvrir plus en détail dans la suite de cet article.

Les mécanismes de défense

Comme nous l’avons vu précédemment, vos mécanismes de défense sont ancrés en vous. Pour les activer, il suffit de repenser à une situation délicate que vous avez avec votre parent. Pensez-y pendant 2, 3 minutes, et vous verrez votre état intérieur changer. Cela peut même rapidement se ressentir dans votre corps (sentiment d’oppression par exemple).

Une des particularités des mécanismes de défense c’est que cela inhibe notre réflexion, notre créativité et notre aptitude à communiquer. Pourquoi? Parce que pour le cerveau, lorsque ces mécanismes de défense sont enclenchés, nous sommes potentiellement en danger, et la priorité est la survie. Le cerveau va alors favoriser ses parties profondes et instinctives (cerveau limbique) au détriment des fonctions cognitives supérieures (créativité, réflexion) qui elles sont trop gourmandes en énergie.

On comprend mieux maintenant pourquoi réfléchir à un problème va généralement créer plus de confusion et d’émotions désagréables. Car cela active de plus en plus fortement nos mécanismes de défense. Et vous avez certainement expérimenté cela: vous pensez et repensez sans arrêt à un problème et au lieu de trouver de l’apaisement, vous augmentez le malaise en vous.

Pour se libérer de ses conditionnements, il va falloir emprunter un autre chemin: celui de l’apaisement d’abord puis de la réflexion ensuite.

Méditer pour faire la paix en soi

L’un des effets de la méditation, c’est qu’elle permet à notre physiologie de passer d’un état de stress à un état de sécurité. En calmant le flot des pensées, on arrête d’alimenter le feu de nos émotions, et on va pouvoir graduellement glisser dans un état de calme et de paix.

Une fois dans cet état, vous allez pouvoir regarder avec plus de lucidité votre situation avec votre proche. Vous allez aussi sentir venir les mécanismes de défense. Puis lorsque ces derniers commencent à prendre possession de votre état, vous pourrez ramener l’attention sur le présent, et vous réinstaller dans un sentiment de paix.

Ce va-et-vient entre méditation et réflexion va permettre de neutraliser nos inquiétudes et nos peurs.

Fragmenter nos mécanismes de défense.

Au lieu de ressentir un mal-être général (au niveau du mental et du corps), vous allez ressentir plus précisément ce qui se passe en vous lorsque le mur de protection s’élève. Par exemple, le fait de réfléchir au problème de votre mère va surtout se ressentir comme une tristesse au niveau du coeur. À cela va s’ajouter des pensées liées à la peur de manquer (finance), etc..

Le fait de voir plus précisément ce qui se passe en vous va permettre de plus facilement neutraliser ces inquiétudes et ces peurs profondes qui vous portez en vous. Par neutraliser, j’entends ramener un état de calme face à une situation donnée ou à une pensée.

Méditation guidée

Faites cet exercice avec moi

Installez-vous confortablement. Si vous êtes sur une chaise, posez les pieds bien à plat sur le sol. Les mains sont posées sur les cuisses. Amenez maintenant votre attention sur la respiration. R ssentez le mouvement de l’air qui glisse dans les narines à l’inspiration, et ressentez le relâchement des épaules à l’expiration. Suivez pendant plusieurs cycles, le mouvement de la respiration.Maintenant que vous êtes installé dans votre corps et présent à vos sensations, amenez votre attention sur le parent qui vous préoccupe en ce moment.Inspirez, et ressentez le calme s’installer en vous. Expirez et laissez aller.
On va maintenant amener à notre attention quelques affirmations à propos de cette personne.
« Je sais que ….. (remplacer par « maman », ou le prénom de la personne) …. est en ce moment même affairé à son quotidien. Elle avance dans sa vie avec ses pensées et ses émotions. Elle a son bagage de soucis et comme toute personne sensible, elle en souffre. Elle a aussi des moments de joies et de légèreté où elle ne semble plus se préoccuper de ses soucis.

Ramenez maintenant votre attention sur la respiration. La respiration prend place d’elle-même sans effort. Juste, observez la succession des inspirations et des expirations. Sentez le ventre qui se gonfle légèrement avec l’inspiration. P rmettez au visage de se détendre avec l’expiration. J inspire et en expirant le front se relâche. J’inspire…. j’expire et la mâchoire se détend.

Je réalise maintenant que malgré la souffrance de cette personne, je peux être là rempli de vie et de vitalité. J’inspire et je remplis ma poitrine, j’expire et je permets au cou et aux épaules de se relâcher.

Je suis content d’avoir pris le temps de me recentrer, car cela m’a fait du bien et je me sens plus détendu.

Cette méditation arrive sur sa fin.Approfondissez l’inspiration. Pendant trois inspirations. Amanez votre attention sur la pièce autour de vous, sur les bruits dans votre environnement, puis lorsque vous serez prêt, ouvrez les yeux avec une expiration.

Merci.

Cette petite méditation a pour but de vous familiariser avec, ce va-et-vient entre état de calme et celui d’inquiétude. Tout en douceur, cela permet de déconditionner vos mécanismes de défense. Si pendant longtemps Proximité parent (ou penser aux parents) = réflexe de défense = malaise + mal-être = réaction de fuite = culpabilité et/ou ressentiment

vous pouvez maintenant désassocier parent et réflexe de défense.

En méditant sur cela, comme l’on vient de faire, vous allez apprendre par l’expérience que penser aux parents n’est pas associé à un danger. Vous allez détourner le mur de protection, voir ses mécanismes, et les désamorcer.

Comment savoir si vous avez réussi?

Lorsque l’on se libère d’un mécanisme de défense envers une personne qui est proche, on va ressentir:

  • Un sentiment de mieux-être sans raison extérieure
  • Plus d’énergie et de vitalité
  • Plus de confiance et l’envie d’aller davantage vers les autres
  • Plus de compassion et d’amour envers nos proches

Un chemin parfois ardu et mini-cours sur 3 jours

Bien entendu, les rapports aux parents sont souvent composés de plusieurs couches de mécanismes de défense, et il est important d’adresser chacune de ses inquiétudes. C’est pourquoi je suis en ce moment en train de travailler sur une série de méditations guidées pour vous aider à adresser les multiples facettes de vos rapports avec vos proches: comment gérer la souffrance d’un parent, comment dépasser le sentiment de culpabilité, comment faire face au ressentiment, comment se libérer du statut de victime, comment gérer la critique, etc.