Qu’est-ce que le bonheur ? Que peut-on faire pour s’en rapprocher ?C’est le sujet de cet épisode durant lequel je m’entretiens avec Uliana Borzova, psychologue, exerçant à Lyon.
Voilà quelques unes des questions posée :
Qu’est-ce que le bonheur ?
Y a-t-il un facteur génétique ? Est-ce que pour certains c’est plus facile d’être heureux et pour d’autre non ?
L’utilité de la tristesse ?
Chercher à positiver tout le temps, bonne ou mauvaise idée ?
Podcast Qu’Est-Ce Que le Bonheur ? – Entretien avec Uliana Borzova
La sensation d’être heureux ou malheureux déprend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons.
Lorsque j’étais jeune, on me qualifiait souvent de « gentil ».
Je n’aimais pas ça, car j’associais cela à l’idée d’être quelqu’un de peu intéressant, peu excitant, peu désirable.
La pire chose au collège, c’était lorsqu’une fille qui me plaisait disait : « Moutassem ? Ça va …. il est gentil. »
Aie !
Mais, avec les années j’ai découvert qu’être gentil offrait de grands bienfaits. Et si vous n’aimez pas le terme gentil, on peut le remplacer par bienveillant.
BIENFAITS PERSONNELS
Être bienveillant, attentionné, gentil fait du bien. Que cela soit des petits actes de gentillesse (tenir la porte, ramasser un objet tombé, sourire en premier) ou des actes plus grands (consacrer du temps à une personne en besoin, faire preuve de générosité), exprimer de la bienveillance alimente notre propre bonheur.
Une étude faite par une équipe de chercheurs japonais et américains et ayant porté sur 175 participants a révélé que les actes de gentillesse favorisaient la perception de joie et de bien-être.
Poser des actes de bienveillance nous fait du bien, mais pas seulement. Cela fait aussi du bien aux autres et à la communauté.
BIENFAITS SOCIÉTAUX
Une étude faite à Vancouver au Canada et ayant porté sur des écoliers âgés de 9 à 11 ans a montré que les actes de gentillesse favorisaient la cohésion du groupe.
Les écoliers faisant preuve de gentillesse étaient davantage appréciés par le reste du groupe. Selon les chercheurs, cette « acceptation sociale par ses pairs » est essentielle pour le bien-être de l’individu.
Être bienveillants nous fait du bien et fait du bien au groupe.
Pourquoi alors la gentillesse a-t-elle si mauvaise presse? Pourquoi perçoit-on cette qualité comme une faiblesse?
LE NÉGATIF A PLUS DE POIDS QUE LE POSITIF
C’est une question de survie.
D’une manière instinctive, on a tendance à donner plus d’importance à ce qui peut nous mettre en danger qu’à ce qui nous fait du bien.
On peut avoir l’idée qu’être gentil c’est risquer de se faire avoir, de se faire marcher dessus, de ne pas être respecté.
Ces éléments négatifs ont plus de poids émotionnellement que la satisfaction procurée par les actes de bienveillance.
C’est pourquoi on fait attention à ne pas être « trop » gentil même si c’est notre penchant naturel.
Mais comme on l’a vu quelques lignes au-dessus, faire des actes de bienveillance favorise notre bien-être et le vivre ensemble.
Comment alors laisser libre court à notre bienveillance sans se laisser freiner par l’idée qu’être gentil ce n’est pas bon pour nous ?
DISCERNER LA BIENVEILLANCE DE LA RECHERCHE D’APPROBATION
Voilà une question simple à se poser et qui va aider à dépasser le biais négatif associé à la gentillesse.
Est-ce que je ressens de la joie lorsque je fais cet acte de gentillesse?
Imaginez-vous tenant la porte ouverte à personne surchargée de sacs de courses. Elle presse le pas pour ne pas vous faire attendre, et son regard témoigne son appréciation. Comment vous sentez-vous alors? Bien, n’est-ce pas?
À chaque fois que l’on surprend agréablement une autre personne, on ressent aussi de la satisfaction.
À l’opposé de cela, imaginez-vous que vous acceptez de faire quelque chose dont vous n’avez pas envie pour éviter un conflit, par peur de ne pas être écouté, par habitude, par désintérêt…
Vous allez alors ressentir du ressentiment (si vous avez l’impression qu’on vous force la main), un manque d’estime, un sentiment d’impuissance, de l’agacement, peut-être de la colère.
Dans tous ces cas, on est loin du feel good que l’on ressent lorsque l’on fait spontanément un acte de bienveillance.
En d’autres termes, si vous ressentez de la joie en posant votre acte, c’est de la bienveillance.
Alors que si vous ressentez un conflit intérieur, que vous avez peur d’être trop gentil, ce n’est pas de la bienveillance, c’est un besoin d’approbation, une peur de s’exprimer librement.
Cette simple question, « est-ce que je ressens de la joie lorsque je fais cet acte de gentillesse? », vous aidera à déterminer la nature de votre acte.
Vous pourrez ainsi plus librement exprimer votre nature bienveillante (sans avoir peur qu’on abuse de cela). Vous serez alors plus heureux et vous rendrez les personnes autour de vous un peu plus joyeuses.
L’autre nuit, j’ai eu du mal à m’endormir. J’ai lu jusqu’à 23h00, Silo un roman de science-fiction, puis fermeture des feux. Je me suis rapidement endormi, mais vers minuit j’étais à nouveau réveillé. Je ne sais si c’est par ce que j’ai eu chaud ou froid, ou une digestion incomplète, mais je tournais à présent dans le lit, perdu dans mes pensées.
J’étais dans une rêvasserie éveillée : une perte dans des pensées décousues, un moment pensant à un évènement lointain, l’autre pensant aux activités du lendemain.
Cela a duré ainsi une dizaine, peut-être vingt minutes, puis je me suis assis sur le bord du lit pour boire une gorgé d’eau suivie d’un passage aux toilettes.
De retour au lit, il était temps de mettre en pause les pensées pour que je puisse m’endormir. Mon réveil étant réglé sur 07h15, je voulais être en forme le lendemain.
« Ce ne sont que des pensées. Peu importe le contenu. »
Je me suis souvenu de cette phrase d’un enseignant de méditation. J’assistais alors à une journée de méditation et je partageais avec le groupe la réflexion mentale que j’avais eue lors de la séance que l’on venait de faire.
Ce à quoi l’enseignant a répondu : « Peu importe le sujet des pensées, si tu es perdu dans les pensées, le remède est le même. »
Une fois allongé, la couverture remontée jusqu’au menton, je savais que si je ne mettais pas en pause mes pensées (aussi importantes paraissaient-elles), j’aurais du mal à m’endormir.
Je me suis encore dit mentalement « peu importe le contenu des pensées, il est temps maintenant de décrocher ». J’ai tourné mon attention sur mon regard. À noter que même les yeux fermés, le nerf optique est actif et l’on peut voir les nuances de noir s’offrant devant nous. C’est comme si je m’étais installé devant un large écran de cinéma encore éteint et pouf, je me suis endormi.
Quelle est la leçon à tirer de cela ? Voyons comment mieux s’endormir en calmant nos pensées en 3 étapes.
Étape 1
On constate qu’on s’est perdu dans ses pensées. Ce sont des pensées désordonnées, parfois floues, parfois claires. Elles sautent d’un sujet à l’autre, d’une situation passée, à une situation future, d’un problème global à un problème personnel. Toutes ces pensées qui ricochent dans notre tête finissent par lever un nuage d’émotions. Les émotions quant à elles, colorent notre état. On va peut-être se sentir excité, stressé, anxieux, ou encore triste, démotivé, perdu. Et même lorsque notre état n’est pas négatif, on ressent une agitation de fond qui nous fait tourner dans le lit.
La première étape consiste à prendre conscience que un, je suis perdu dans mes pensées, et deux, je suis trop agité pour pouvoir m’endormir.
Étape 2
Je m’assois sur le bord du lit et je me dis « Le problème n’est pas le sujet de ma réflexion, mais le fait de me perdre dans les pensées. Ce ne sont que des pensées. Peu importe le contenu. »
Que l’on pense « je dois acheter des céréales demain » ou « je n’ai rien fait de ma vie » , que ce soit un sujet mondain comme les courses à faire ou des questionnements existentiels, cela reste des pensées désordonnées qui empêchent de dormir.
C’est important de se rappeler cela, car si l’on s’attarde sur le sujet des pensées, on va vouloir trouver la solution à travers plus de … plus de pensées ! On va ajouter de l’huile sur le feu. Et lorsque l’on est dans le fond de son lit, avec l’heure du réveil qui se rapproche à grands pas, ce n’est pas le moment de plonger dans des réflexions par rapport à votre relation de couple, votre travail ou tout autre sujet chargé émotionnellement.
Non ! Même si certaines pensées aiment se donner beaucoup d’importances (« Est-ce qu’un jour je pourrais connaître à nouveau le bonheur?!! »), ce n’est que du bla bla mental. Et la nuit, il est temps d’éteindre la radio du haut, pour bien s’endormir. Ce qui nous amène à la 3e étape.
Étape 3
Une fois que l’on a pris conscience que l’on a du mal à s’endormir et que le mental est perdu dans ses pensées ; que l’on a compris que peu importe le sujet des pensées, la solution pour se libérer de l’agitation n’est PAS plus de pensées, on va pouvoir ralentir la machine à paroles.
Pour cela, on va tourner l’attention vers un ressenti du corps. Dans mon cas, je porte mon attention sur mon regard (les yeux fermés). Cela peut-être aussi de ressentir la respiration dans le ventre ou la poitrine, ou encore, l’air qui glissent dans les narines à chaque inspiration.
Il suffit alors de quelques courts instants sans pensées compulsives, pour enfin s’endormir paisiblement.
Si ces 3 étapes fonctionnent à chaque fois, je réalise que ce n’est pas évident pour tout le monde de bien différencier les états où l’on perdu dans les pensées et ceux où l’on attentif à ce que l’on ressent dans l’instant.
Personnellement, la pratique de la méditation m’a permis de reconnaître efficacement mes différents états, m’amenant à plus facilement lâcher-prise, à réfléchir avec plus de clarté et à mieux m’endormir lorsque nécessaire.
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