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Comment gérer la charge mentale

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Alléger l’esprit sans attendre que tout soit résolu

⏱ 5 min de lecture

La charge mentale, vous connaissez ?

C’est comme une radio allumée en continu. Ça ne s’arrête pas. On pense continuellement à tout ce que l’on a à faire, à préparer, à prévoir.

La tête semble peser plus lourd. On n’a plus de place pour les imprévus, ni même pour s’arrêter et regarder une fleur. On constate que l’on a davantage de mal à se concentrer. Et, globalement, on n’aime pas trop cette sensation d’avoir le cerveau toujours en train de tourner.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut réduire cette charge mentale sans ignorer nos problèmes ou nos responsabilités, sans changer de travail ni de compagnon ou de compagne !

Ce que j’aimerais partager ici, c’est qu’il est possible de s’offrir de vrais moments de répit sans avoir tout résolu, même lorsqu’il reste de réelles difficultés au quotidien.

Moutassem Hammour avec vous. Je partage les bienfaits de la méditation depuis quinze ans sur le podcast et la chaîne Pratiquer la Méditation. J’anime également le Cercle de Méditation, un accompagnement en ligne pour approfondir sa pratique.

Dans cet article, nous allons voir :

  •  si la charge mentale est vraiment une fatalité dans le monde moderne ;
  •  un exercice simple pour commencer à alléger l’esprit.

À la fin de cette lecture, j’espère que vous serez mieux équipé pour gérer la charge mentale.

Savez-vous d’où vient l’expression « charge mentale » ?

a notion de charge mentale apparaît d’abord dans les recherches sur le travail et l’ergonomie. [1] Puis, en 1984, la sociologue française Monique Haicault — qui nous a quittés récemment — l’utilise pour décrire l’expérience des femmes qui exercent une activité professionnelle tout en assurant la gestion du foyer.

Elle montre que la « double journée » ne consiste pas seulement à travailler au bureau, puis à travailler à la maison. Les deux mondes restent présents simultanément dans l’esprit : penser au rendez-vous médical d’un enfant pendant une réunion, au repas du soir en répondant à un e-mail, ou à la lessive en préparant un dossier.

La charge mentale vient donc autant de l’exécution des tâches que de leur anticipation et de leur maintien permanent dans l’esprit.

La charge mentale, une fatalité ?

C’est vrai que l’on a déjà beaucoup à gérer : le travail, la maison, la famille, la santé… Ajoutez à cela un tsunami d’informations et de distractions dû aux réseaux sociaux. Et nous vivons dans un monde qui semble se transformer de plus en plus vite, avec la nécessité de nous y adapter.

Pas étonnant que notre pauvre cerveau de primate, qui aime le mouvement et les vrais liens sociaux — et qui en trouve de moins en moins avec la sédentarité et les écrans — soit malmené par tout ce qu’on lui demande de retenir et de faire.

Ce qui ne fonctionne pas pour gérer la charge mentale, c’est :

  •  S’assommer à coups de séries, d’Instagram, de TikTok, d’alcool ou de médicaments, parce que, dès que l’on émerge, la charge mentale revient avec force.
  •  Attendre de sortir de son problème ou que la situation s’améliore, car le risque est d’attendre encore pendant des mois, voire des années.

Poser le moulinet qui alimente les pensées

Ce qui va aider à réduire la charge mentale, c’est de poser le moulinet que l’on fait tourner dans notre tête. Allez, imaginez ce petit moulinet que vous tournez continuellement pour alimenter les pensées. Imaginez-vous le poser à côté de vous. Ou, encore mieux, mettez-le dans une belle boîte imaginaire et refermez-la.

Vous savez, c’est tout à fait possible de passer quelques instants sans réfléchir à tout ce que l’on a à faire. Le monde continue de tourner. Et, en faisant cela, vous allez peut-être ressentir une sensation de calme inhabituelle.

Respirons…

Maintenant que votre moulinet créateur de pensées est rangé dans la boîte, prenons quelques respirations ensemble.

En inspirant, relâchez le ventre. Permettez-lui de se gonfler légèrement.

En expirant, les épaules redescendent.

Encore…

Une inspiration lente et tranquille.

À l’expiration, la mâchoire se desserre et le visage s’adoucit.

Une dernière fois…

On inspire, le ventre se gonfle en douceur.

On expire et l’on se dépose complètement.

Vous pouvez continuer à respirer en douceur durant le reste de la lecture de cet article.

Faire des pauses régulières

La charge mentale n’est pas une fatalité. On peut être très occupé, avoir des responsabilités et, en même temps, être capable de ranger plusieurs fois par jour son moulinet pour se détendre, se ressourcer et rafraîchir son esprit. Un esprit clair permet bien souvent de mieux réfléchir et de mieux décider.

C’est l’un des bienfaits de la méditation, et c’est ce que nous travaillons ensemble dans le Cercle de Méditation, un accompagnement en ligne pour approfondir sa pratique.

Écrire les tâches peut aider le cerveau à les déposer

Avant de nous quitter, voici une autre pratique qui peut aider à réduire la charge mentale et que vous pouvez faire avant votre méditation.

Dans une petite étude en laboratoire, 57 jeunes adultes ont écrit pendant cinq minutes avant de dormir. Ceux qui notaient précisément les tâches à accomplir au cours des jours suivants se sont endormis significativement plus vite que ceux qui écrivaient ce qu’ils avaient déjà accompli. Plus leur liste était précise, plus ils s’endormaient rapidement. Les chercheurs évoquent une forme de « déchargement cognitif ». [2]

Poser sur le papier ce qui nous travaille aide à se décharger la tête.

Pour terminer…

Terminons par ces mots de Pierre Corneille, dramaturge et poète français du XVIIe siècle :

« Tout me confond, tout me devient contraire

Je ne fais rien du tout quand je pense tout faire »

Pierre Corneille — Héraclius, acte II, scène VII [3]

À la semaine prochaine pour un nouvel article sur la manière de garder un esprit calme et clair dans un monde qui change de plus en plus vite.

Références

[1] Monique Haicault, « La gestion ordinaire de la vie en deux », Sociologie du travail, vol. 26, no 3, 1984, p. 268–277.

[2] Michael K. Scullin et al., « The Effects of Bedtime Writing on Difficulty Falling Asleep: A Polysomnographic Study Comparing To-Do Lists and Completed Activity Lists », Journal of Experimental Psychology: General, 2018.

[3] Pierre Corneille, Héraclius, empereur d’Orient, acte II, scène VII, vers 743–744.

Pour aller plus loin : Monique Haicault, « La charge mentale. Histoire d’une notion charnière (1976–2020) », 2020.

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Par Moutassem

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