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Comment Prendre Une Décision Importante

Écouter l’épisode

Le jour de mon retour à Bangkok – après un cours voyage en France – j’ai croisé Mike dans le jardin de ma résidence.

« Ah tu es de retour! Content d’être à nouveau à Bangkok? »

L’enthousiasme de Mike semblait sincère. La soixantaine passée, une tête de plus que moi, et une barbe sel poivre, Mike pourrait passer pour le sosie de Sean Connery (le « vrai » James Bond, vous vous en souvenez?).

« Oui, content d’être là. Fatigué, mais content d’être là. »

15 heures de voyage entre Nice et Bangkok en passant par Dubai ça fatigue. Malgré une rangée de sièges rien que pour moi, je n’ai pas réussi à dormir plus d’une heure.

En quittant Mike pour remonter à mon appartement, je constate qu’avec la joie d’être à nouveau à Bangkok qui est une sorte de nouvelle aventure de vie, il y avait aussi de la tristesse: la tristesse d’être loin de ma famille et surtout de mes nièces et neveux.

Comme un contre poids à la joie et l’enthousiasme face à la nouveauté, cette tristesse me ramène les pieds sur terre. Et je ressens au fond de moi que c’était une bonne chose.

Prendre la direction qui pèse la plus à l’âme

Traces de lumières de Faouzy Skali est l’un de mes livres de chevet. Écrit dans le langage poétique du soufisme, ce livre est une invitation à dévoiler couche par couche notre compréhension du monde. Chaque fois que je relis Traces de Lumière, ses lignes me font entrevoir avec plus de subtilité mon monde intérieur.

Et à chaque fois aussi, je bute sur la même partie. Là où il est dit que lorsque l’on se retrouve face à une décision, il faut choisir celle qui pèse la plus à l’âme.

J’ai eu longtemps du mal à comprendre cela. Pour moi il me semblait plus juste de choisir ce qui nous inspire, ce qui nous rend heureux, et non pas ce qui nous pèse!

Mais avec ma décision de vivre en Thaïlande, je commence à mieux comprendre ce que l’auteur suggère. Ce qui pèse à l’âme est ce qui a de la consistance, c’est ce qui est fondé dans la réalité.

Trop souvent, lorsque l’on est face à un choix important à faire, on recherche ce qui va nous rendre plus heureux. On s’imagine qu’en ajoutant ou qu’en supprimant quelque chose ou personne dans notre vie, on sera alors bien mieux.

Mais ce que l’expérience nous apprend – et il suffit de regarder en arrière vos choix passés – c’est que toute nouvelle direction amène avec elle son lot de bienfaits et son lot de difficultés;

Attendre d’un changement qu’il nous rende heureux, c’est se préparer à la déception, c’est ne voir qu’un aspect de la réalité. Prenez pour exemple, l’exaltation accompagnant une nouvelle rencontre amoureuse ou un nouveau projet professionnel, elle finit toujours par retomber lorsque la réalité nous rattrape.

Le changement n’est pas là pour améliorer nos circonstances de vie, mais plutôt pour nous permettre de plonger plus profondément en soi-même.

Il est plus sage d’aller vers le changement en sachant que de l’autre côté il y aura du support, mais aussi des difficultés.

« Une fois que ma décision est prise, j’hésite longtemps. »

– Jules Renard

On peut alors se demander pourquoi changer, pourquoi prendre un risque en allant vers l’inconnu, pourquoi faire des efforts si le résultat est toujours un mix de plaisirs et de souffrances?

Parce que, et c’est là mon opinion que je partage avec vous, la direction que l’on décide de donner à sa vie est dictée par notre monde intérieur plutôt que pas nos circonstances extérieures.

On va vers le changement pour approfondir l’expérience d’être soi et non pas pour trouver un bonheur imaginaire.

Faire un choix qui pèse à l’âme c’est décider de prendre une direction non pas pour améliorer notre confort de vie ou pour augmenter notre plaisir, mais parce que c’est un appel qui vient de l’intérieur et qui nous invite à vivre plus pleinement.

C’est un choix qui pèse par sa consistance dans la réalité. On n’est plus dans l’exaltation, dans l’espoir romantique, ou dans le fantasme de réussite et de puissance. C’est un choix lucide qui émerge avec clarté et force.

Si vous êtes face à un choix difficile: avoir des enfants ou pas, s’installer avec une personne, ou quitter son partenaire de vie, changer de travail, acheter ou pas une maison…, je pense qu’il est utile de réaliser que le résultat de ce choix n’est pas là pour vous rendre plus heureuse – on a vu que les circonstances de vie, quelles qu’elles soient viennent toujours avec leur lot de joies et de tristesses -, mais plutôt pour vous permettre de dévoiler de nouvelles facettes de qui vous êtes.

Je ne pense pas que l’on soit là pour avoir plus de confort, de sécurité, de pouvoir, de plaisir, mais plutôt pour élargir la palette de nos ressentis, pour sortir de nos automatismes et découvrir de nouvelles ressources en soi.

Beaucoup de personnes s’emprisonnent dans un mode de vie et souffrent de cela, car elles ressentent la tension entre l’élan vers le changement qui vient de l’intérieur et la peur du changement.

Note: Cette tension peut même créer des douleurs au niveau du plexus solaire. Ça veut « sortir », mais on résiste. Voir Douleur Plexus Solaire.

Elles ont peur du changement, car elles s’inquiètent de faire le mauvais choix. Elles attendent d’être sûr que ce soit le bon choix, celui qui apaisera leur souffrance, leurs manques, leurs peurs, mais, comme on l’a vu, il n’y a pas de « bon » choix ou de direction idéale. Où que l’on aille, l’expérience humaine vient avec son lot de positifs et de négatifs.

Si vous ressentez cette tension, le problème n’est pas votre situation actuelle, ou la nécessité de changer, mais plutôt votre éloignement de votre nature profonde.

J’entend souvent « je ne sais plus ce que je veux, je ne sais plus ce que j’aime, je suis perdu… »

Lorsque l’on vit uniquement tourné vers l’extérieur, lorsque la vie consiste à « gérer » le quotidien, on devient déconnecté du ressenti d’être soi, de l’appréciation d’être en vie et d’interagir avec le monde. Ce qui nous apparait comme un choix difficile à faire est surtout une indication que l’on s’est éloigné de notre nature profonde. Plus le choix semble difficile plus l’on s’est déconnecté de soi.

Les signes d’une déconnexion de soi

– On est aussi déconnecté du corps, on ne l’écoute plus, et à cause de cela, on accumule, tensions, douleurs et symptômes divers. (Voir aussi conscience du corps)

– On ne sait plus ce que l’on veut.

– On s’accroche à ce que l’on connait, on va moins vers les inconnus, on apprécie la routine.

– On ressent un sentiment d’insatisfaction sans savoir ce qui pourrait l’apaiser. (Voir aussi Insatisfait Chronique?)

Le changement est là pour nous aider à revenir vers soi. Et parfois il n’est pas nécessaire de tout chambouler, un simple changement de perspective sur sa relation de couple ou sur son travail par exemple peut suffire à cela.

Je m’engage sur le petit pont qui me sépare du restaurant que j’ai en tête et à mi-chemin je m’arrête. Il vient de pleuvoir et la température a agréablement baissé. La rivière charrie de gros morceaux de bois, et en levant un peu la tête j’aperçois le toit d’un temple derrière les arbres en bordure. Plus loin encore se dessine une autre forêt, celle composée par les nombreux immeubles du centre-ville. Je suis excité d’être là et de pouvoir profiter de cette culture traditionnelle et urbaine à la fois.

Mais je ressens aussi un pincement au coeur lorsque je repense à mon neveu se cachant le visage dans ses bras pour que je ne le voie pas pleurer le moment de mon départ à l’aéroport.

Cette combinaison de joie et de tristesse, d’excitation et de nostalgie, de confiance et de doute, ma rassure.

Cela m’indique que je suis bien ancré dans la réalité et attentif à mes ressentis.

Cela fait aussi naturellement émerger un sentiment d’appréciation. L’appréciation de pouvoir expérimenter une riche palette de ressentis. Lorsque l’on n’attend plus de nos circonstances de vie, de notre environnement, qu’ils répondent à nos besoins et à nos envies, on peut alors suivre la petite voix intérieure.

Je réalise que certaines personnes, et cela est peut-être votre cas, se trouvent face à une décision qui peut avoir des conséquences profondes sur leur vie. Ou bien vous êtes peut-être dans une situation très difficile et changer votre environnement vous semble indispensable pour être mieux.

Même sans ces 2 cas, je pense qu’il est utile de méditer sur ces 2 points que l’on vient de voir.

1) Le premier c’est que derrière le changement, vous retrouverez un équilibre de support et de challenges, de plaisir et de frustrations, de liberté et de contraintes.

Nous vivons une expérience sensorielle et duelle. Comme sans le froid il n’y a pas de chaleur, sans tristesse il n’y a pas de joie. Vouloir ne vivre qu’un aspect de l’expérience humaine, c’est illusoire, et c’est se vouer à la déception et à un sentiment d’insatisfaction chronique.

2) Le deuxième point c’est que le changement est avant tout là pour nous permettre d’approfondir la connaissance de soi et d’élargir la palette de nos ressentis.

Pour fermer cette réflexion, j’ajouterais que l’environnement finit par naturellement s’améliorer lorsque l’on adopte cette approche.

C’est en développant de l’appréciation pour les plus et les moins de la vie, c’est lorsque l’on s’arrête d’attendre de l’extérieur qu’il réponde à notre sentiment d’insatisfaction, que l’on pourra alors suivre la petite voix intérieure.

Et alors, on re retrouvera petit à petit dans un environnement qui nous correspond de plus en plus et cela ne sera pas forcément le cadre de vie que l’on pensait vouloir.

C’est en gros l’opposé de ce que la société nous propose: changer votre de vie (rencontrez la bonne personne, achetez une nouvelle voiture, une maison…) pour pouvoir ressentir de la satisfaction et de l’appréciation.

C’est le contraire. C’est en commençant par ressentir de l’appréciation pour la richesse de la vie – encore une fois en ce qu’elle a de challenges et de réconforts – qu’ on va pouvoir se libérer des désirs imaginés et créer une réalité qui nous reflète.

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Interview Podcast Reprendre Confiance en Soi

Comment Développer Son Intuition avec Vanessa Mielczareck

Qu’est-ce que l’intuition?

En quoi peut-elle aider la prise de décision?

Comment faire suffisamment confiance à son intuition pour agir?

Comment développer son intuition?

Voilà quelques-unes des questions auxquelles répond Vanessa Mielczareck, auteure et conférencière. Vanessa a dévoué sa vie professionnelle à l’étude de l’intuition. Elle a écrit 8 ouvrages sur le sujet, et propose régulièrement des cours et des formations pour développer son intuition.

poincare-intuition

Comment Développer Son Intuition (audio)

Comment Développer Son Intuition (vidéo)

Pour aller plus loin :

Test « Quelle intuitive êtes-vous? Quel intuitif êtes-vous? » >>

Livres mentionnésRiquet à la Houppe (Amélie Nothomb) et Trois Amis en Quête de Sagesse (André, Jollien, Ricard).

Bio

valerie-mielczareckVanessa Mielczareck est écrivaine, conférencière et formatrice en relations humaines. Elle développe depuis plus de 20 ans le concept de l’intelligence intuitive qu’elle enseigne en séminaires. Depuis 1989, elle s’est formée aux grandes approches de la psychothérapie et propose ses activités dans toute l’Europe.

Une question est au cœur de ses recherches et de ses écrits : comment trouver ses propres réponses et exprimer sa force intérieure?

Liens: www.coachingintuition.com

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Interview Livres Podcast

Sortir Des Sentiers Battus – Avec Olivier Roland

Nous avons parfois besoin de sortir des sentiers battus pour pouvoir vivre une vie épanouie.

Ce fût l’expérience d’Olivier Roland, qui a 18 ans décide d’arrêter l’école pour un an plus tard se lancer dans l’entrepreneuriat. À 19 ans, il devient chef d’une entreprise florissante dans le milieu de l’informatique. Dans les années qui suivent, Il continue à se renouveler, et se tourne vers le monde des réseaux sociaux en ligne. Olivier crée un blog, puis une chaîne YouTube, et devient en peu d’années une référence dans le blogging professionnel.

Aujourd’hui, il a plus de 250,000 abonnés et 450,000 fans sur Facebook.

Ses activités sur le net lui permettent de voyager 6 mois dans l’année. Il s’adonne à l’archéologie, fait de la plongée, pilote des avions, et parcours le monde au gré de son envie.

Voulant partager son parcours hors des sentiers battus, il vient de publier un livre aux éditions Alisio Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études – Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système.

Sortir des sentiers battus

Audio

Vidéo

Durant notre interview,

Olivier répond à ces quelques questions:

  • Qu’est-ce qui a fait que très jeune, il a décidé de sortir du système et de suivre sa voie?
  • Comment faire pour briser la routine et sortir du système lorsque l’on a des responsabilités (une famille, des mensualités à payer…)
  • Quel a été le rôle du développement personnel dans son parcours?
  • Quels sont ses rituels au quotidien?
  • Est-ce qu’il a une pratique de méditation?
  • Qu’est ce que voyager lui a appris?
Liens

olivier-roland-livre

Site du livre: Olivier-roland.fr

Le livre d’Olivier Roland: Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études – Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système.

La semaine de 4 heures de Tim Ferris.

Carnet de gratitude en 5 minutes par jour.

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Trouver Sa Voie

Trouver Un Sens À Sa Vie À 18 Ans ou À 48 Ans?

Un jour, à l’âge de 18 ans, Ted M. entre dans la salle de séjour et annonce à sa mère et à son frère qu’il veut un jour devenir sénateur. « C’est bien mon grand », lui a répondu sa mère sans trop y prêter attention.

Et pourtant, durant les 15 ans qui suivirent, cet objectif affecta toutes les décisions de Ted: ce qu’il a étudié à l’école, où il a choisi de vivre, avec qui il socialisait et même ce qu’il fit durant ses week-ends et ses vacances.

Et maintenant, après des années de travail, il est le président du conseil d’administration d’un des plus importants partis de sa ville et il est le plus jeune juge de son état. Dans les prochaines années, Ted va briguer pour la première fois un poste de sénateur.

Le cas de Ted est particulier. Les choses ne se passent pas comme ça habituellement.

TROUVEZ UN SENS À SA VIE, PAS TOUJOURS FACILE!

La plupart d’entre nous ne savent pas ce qu’ils veulent faire de leur vie. On n’est pas sûr de ce que l’on veut faire avant de faire des études, après les études, et des années après le début de notre vie professionnelle.

Je reçois régulièrement des emails de personnes dans la quarantaine et la cinquantaine qui ne savent toujours pas quelle est leur raison d’être.

Et quand je parle de raison d’être, je ne parle pas forcément d’une grande mission à accomplir. On confond parfois « trouver sa voie et vivre sa raison d’être » avec accomplir de grandes choses, avec la notion de se donner corps et âme à une grande quête.

La vérité c’est que ce n’est pas tout le monde qui peut changer la face du monde avec son talent et ses idées uniques. Mais malgré cela, identifier et suivre votre raison d’être va changer VOTRE monde. Et il n’est jamais trop tard pour chercher et trouver sa voie. Bien au contraire.

L’AVANTAGE DE L’ÂGE, C’EST QUE CELA NOUS APPREND À APPRÉCIER LES BONNES CHOSES

L’avantage de se poser cette question lorsque l’on a trente ans passés, c’est qu’on a accumulé de l’expérience. On a connu des difficultés, on a fait face à des déceptions, et à de la frustration. Les années nous ont appris à mieux relativiser et à prendre du recul. Si à 40 ans, on découvre sa raison d’être – les talents que l’on porte en soi et ce que l’on a envie d’exprimer et de transmettre -, on va pouvoir en apprécier pleinement les fruits.

Si certains comme Ted ont la chance de connaître à un jeune âge ce qui les passionne, d’autres ont la chance de le découvrir sur le tard et de pouvoir ainsi savourer de vivre en accord avec ses valeurs.

« Sans l’amertume, la douceur ne serait pas aussi douce »*

Les difficultés et les challenges de la vie ont l’avantage de nous apprendre à apprécier les bonnes choses lorsqu’elles sont là. Cela nous apprend à devenir plus tolérant, plus humble et plus dans l’appréciation.

Cette maturité que l’on acquiert avec l’âge est souvent l’élément nécessaire pour nous permettre de voir ce qui est important et ce qui l’est moins. On est moins dans l’égo qui confond les grandes ambitions avec la sincère aspiration à vivre pleinement et à exprimer nos talents.

Sources: Le parcours de Ted (http://markmanson.net); *citation inspirée par le film Vanilla Sky

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Trouver Sa Voie

Van Gogh Se Rebelle Pour Vivre Sa Passion

L’oeuvre de Vincent Van Gogh, peintre et dessinateur néerlandais, est aujourd’hui connue et admirée à travers le monde. Ces tableaux uniques sont reconnaissables au premier coup d’oeil. Malgré sa fin tragique – il se tira à l’âge de 37 ans un coup de revolver dans le coeur -, Van Gogh vécut la vie d’un homme passionné par son art. Il voyagea à travers l’Europe pour apprendre et façonner sa technique, et pour permettre à sa sensibilité de s’exprimer de manière unique et profonde. Ce que l’on sait moins à propos de Van Gogh, c’est qu’il dût faire face à la réticence de ses proches pour pouvoir suivre sa voie.

Lorsqu’une personne considère suivre sa passion, elle est souvent confrontée à la résistance de sa famille ou même de ses amies, surtout lorsque cette passion risque de la faire sortir des sentiers battus. On lui conseille alors d’être raisonnable, de faire attention, d’être sérieux. On l’a fait culpabiliser ou parfois même on la menace. Suivre sa voie n’est pas facile lorsqu’il y a la peur de décevoir et de faire souffrir les personnes qui nous sont proches. Van Gogh a vécu cela.

« PEINDRE? OISIVETÉ ET PERTE DE TEMPS! »

van gogh portrait

Autoportrait de Vincent Van Gogh, né le 30 mars 1853 (Pays-Bas), décédé le 29 juillet 1890 (France)

À l’âge de 26 ans, le jeune Vincent arrête ses études. Il s’essaie à la vocation de pasteur, mais finit par découvrir que cette voie ne lui convient pas. Il commence alors à s’investir davantage dans la peinture et le dessin, activités qu’il faisait jusqu’à alors uniquement durant son temps libre. Vincent prend un grand plaisir à peindre et il aimerait s’y investir davantage. Cela inquiète ses parents qui perçoivent cela comme de l’oisiveté et une perte de temps.

Dans une lettre pour son frère Théo, Vincent veut rassurer sa famille tout en réaffirmant son désir de devenir peintre. Il y explique pourquoi il ne veut pas se résoudre à une vie balisée.

Je veux vraiment m’améliorer et améliorer ma vie. Et c’est justement pour cela que j’ai peur des remèdes qui sont pires que la maladie. Pouvez-vous en vouloir à une personne malade si elle regarde son médecin droit dans les yeux et choisis de ne pas subir le mauvais traitement?

Il continue en adressant l’accusation de son frère qui lui a dit lors d’une récente visite qu’il – Vincent – avait un goût prononcé pour l’oisiveté. Vincent lui note qu’il y a différents degrés de « ne rien faire » et explique que ce qui peut sembler être de l’ennui est une partie essentielle du processus de création.

SI SEULEMENT VOUS ME COMPRENIEZ

Vincent écrit à son frère qu’il souffre de décevoir ses parents et sa famille. Il regrette que sa famille le considère comme un problème et un fardeau, comme quelqu’un d’incapable à cause de son manque d’objectif et de constance dans sa vie. Il exprime alors à Théo son espoir d’avoir plus de soutien et d’être mieux compris par ses proches.

Si vraiment ce que vous dites est vrai, je souhaiterais alors de ne plus vivre pour longtemps. Lorsque cela me déprime trop, je finis par espérer que cela n’est qu’un cauchemar et qu’on finira par mieux se connaître et se comprendre. J’ai encore l’espoir que nos rapports vont s’améliorer.

Vincent a conscience que son mode de vie – artiste passionné, isolé et mélancolique – ne correspond pas à la culture de sa famille bourgeoise. Il écrit dans une autre lettre à son frère Théo:

L’homme qui est totalement absorbé par son oeuvre peut choquer les autres, sans vouloir le faire, ni désirer les offenser. Il ne fait pas cela pour se dresser contre les normes et conventions sociales. C’est fort dommage lorsque les autres le prennent personnellement. Par exemple, vous savez que je néglige régulièrement mon apparence. Je l’admets, et j’admets que cela peut choquer. Mais voilà, mes problèmes d’argent en sont en partie responsables. Parfois, c’est un sentiment de profond découragement qui me fait négliger mon apparence. D’autres fois, c’est un moyen de m’assurer la solitude dont j’ai besoin pour travailler et étudier en profondeur le sujet du moment.

CONTINUER, CONTINUER

Reflétant sur les 5 dernières années passées « plus ou moins sans position, vagabondant ici et là », Van Gogh revisite la question de trouver sa raison d’être. Il explique que l’on n’a pas besoin de tout avoir compris pour se lancer sur sa voie.

Sur la route que je suis, je dois continuer. Si je ne fais rien, si je n’étudie pas, si je ne continue pas à essayer, alors je suis perdu. C’est ainsi que je vois cela, continuer, continuer, voilà ce dont j’ai besoin.Mais quel est ton but ultime, vous me demandez ? Le but deviendra plus clair, il prendra forme doucement et sûrement, tel que le croquis devient une esquisse, et l’esquisse un tableau.

Dans une autre lettre, Vincent répond à la remarque de son frère qui l’accuse de n’être plus le même, d’avoir changé depuis leur jeunesse passée ensemble. Il lui explique qu’au fond, il n’a pas changé, mais vit plus intensément, et qu’il aime plus que tout la peinture et la littérature.

Ce qui a changé c’est que ma vie était moins difficile à l’époque et mon futur moins sombre. Mais en ce qui concerne mon moi intérieur, ma façon de voir et de réfléchir, ils n’ont pas changé.  Mais s’il y a eu un changement, c’est que maintenant je réfléchis, je crois et j’aime plus profondément et sérieusement qu’avant.Si seulement tu pouvais pardonner à un homme pour être allé plus profondément dans la peinture, et pour avoir admis que l’amour des livres est une chose sacrée.

Malgré son talent évident, Van Gogh ressent la difficulté de suivre sa passion lorsque l’on n’a pas la reconnaissance et l’aval des autres. Il souffre de la solitude. Mais il garde en lui l’espoir qu’un jour il puisse partager son amour de la peinture.

Est-ce que ce que je ressens en moi se voit à l’extérieur? Un homme peut avoir un grand feu dans son âme et personne ne vient s’y réchauffer. Les passants ne voient qu’une petite fumée sortant de la cheminée et ils continuent leur chemin. Que faire? Garder vivante la flamme en soi et attendre avec patience.

Si Van Gogh a commencé à vendre des tableaux de son vivant, ce n’est que bien après sa mort qu’il sera reconnu pour son immense talent. Sa passion de la peinture l’a fait sortir du giron de sa famille et cela l’a sans doute aidé à mieux supporter ses souffrances intérieures. Sa persévérance lui a permis d’enrichir le monde de la peinture.

Comme on l’a vu chez Van Gogh, suivre sa passion nécessite souvent de se libérer du besoin de conformisme. Et comme l’a bien noté Hunter Thompson, journaliste et philosophe: « Il n’est pas nécessaire d’accepter les choix donnés par la vie telle que vous la connaissez. »

Sources et référencesbrainpickings.org ; Ever Yours: The Essential Letters (IndieBound) ; Tableau de l’illustration: wheat field with a lark, V. Van Gogh, 1887 ; Tableau portrait: Autoportrait au chapeau de feutre, V. Van Gogh, 1887.

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Gérer le stress Interview Podcast Trouver Sa Voie

Gérer Le Burn-Out et Trouver sa voie – Entretien avec Patrice Savin

J’ai connu Patrice Savin, car il a suivi le programme Méditer Aujourd’hui. Il m’a parlé de son burn-out professionnel, et de comment il a petit à petit redonné du sens à sa vie. Aujourd’hui, Patrice s’occupe avec sa femme d’un gîte, la Huberderie, où sont régulièrement proposés des stages et des conférences axés sur le développement personnel.

Dans cet entretien audio, Patrice partage avec nous son parcours et les étapes qui lui ont permis d’aller d’un employé stressé et malheureux, à un mode de vie harmonieux et équilibré.

Le Burn Out sur YouTube

Voilà quelques-uns des points que l’on aborde ensemble:

Dépasser le burn-out

Comment fait-on pour quitter un emploi fixe?

Patrice nous parle de son burn-out qui s’est installé graduellement à cause de la charge de son travail.

« Pendant 2-3 ans, je savais que je ne pouvais pas continuer comme ça, mais je ne savais pas comment m’arrêter. »

Il explique que son corps a souffert de son burn-out: fatigue, manque de sommeil, étourdissements, acouphènes, malaise régulier, perte de 7 kg.

Sa prise de conscience?

« Je ne peux pas continuer à mettre en péril mon couple, ma famille, et mes enfants pour mon travail. »

Patrice a été arrêté et cette période lui a permis de prendre conscience que « si je ne m’aimais pas moi-même, les autres ne pouvaient pas m’aimer. » Il a alors pris le temps de faire le point.

« J’ai recontacté le petit garçon qui était en moi et que je n’avais pas écouté pendant des années. »

Il décide alors de s’occuper de lui-même en faisant des choix apparemment anodins, mais qui ont grandement affecté la qualité de sa vie comme ne plus regarder les infos du soir, reprendre le temps de bien se faire à manger. Il a aussi repris le yoga et la méditation.

« Quand je me lève le matin je suis content. Avant je me réveillais j’avais pleins de trucs dans la tête… j’ai maintenant la possibilité de dire stop. »

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Faut-il Suivre Ses Rêves? Conte « Les Deux Rêveurs »

 « Un jour, comme il s’était endormi, la nuque contre le tronc de son arbre, un beau rêve lui vint. »

Peut-on suivre ses rêves à une époque où les exigences du quotidien envahissent l’espace et le temps? Pour répondre à cette question, je vais me tourner vers un conte traditionnel. Ce conte a été rendu célèbre par Paulo Coelho dans son livre l’Alchimiste. Personnellement, j’aime la version d’Henri Gougaud, écrivain, poète et conteur, car elle offre une profonde lecture de ce que veut dire « suivre son rêve. »

Je vous laisse découvrir ce conte intitulé Les Deux Rêveurs (publié dans les Contes de sages soufis, de. Seuil), et je vous retrouve après pour que l’on puisse en discuter.

arabicDans la ville d’Ispashan, en Perse, vécut autrefois un paysan très misérable. Il n’avait pour tout bien qu’une humble maison basse couleur de terre ensoleillée. Devant cette maison était un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. C’était là tout son bien.

Cet homme, qui travaillait beaucoup pour peu de récolte, avait coutume, quand le cadran solaire à demi effacé sur sa façade indiquait l’heure de midi, de faire la sieste à l’ombre de son figuier. Or, un jour, comme il s’était endormi, la nuque contre le tronc de son arbre, un beau rêve lui vint.

Il se vit cheminant dans une cité populeuse, vaste, magnifique. Le long de la ruelle où il marchait nonchalamment étaient des boutiques foisonnantes de fruits et d’épices, de cuivres et de tissus multicolores. Au loin, dans le ciel bleu, se dressaient des minarets, des dômes, des palais couleur d’or. Notre homme, contemplant avec ravissement ces richesses, ces beautés, et les visages avenants de la foule alentour, parvint bientôt, dans la lumière et l’aisance de ce songe béni, au bord d’un fleuve que traversait un pont de pierre.

Vers ce pont il s’avança et soudain fit halte, émerveillé, au pied de la première borne. Là était dans un grand coffre ouvert, un prodigieux trésor de pièces d’or et de pierres précieuses. Il entendit alors une voix qui lui dit: « Tu es ici dans la grande cité du Caire, en Égypte. Ces biens, ami, te sont promis. » À peine ces paroles allumées dans son esprit, il s’éveilla sous son figuier, à Ispashan. Il pensa aussitôt que Dieu l’aimait et désirait l’enrichir. « En vérité, se dit-il, ce rêve ne peut être que le fruit de son indulgente bonté. » Il boucla donc son baluchon, cacha la clé de sa masure entre deux pierres du mur et s’en alla sur l’heure en terre d’Égypte, chercher le trésor promis.

hagemann-bazarLe voyage fut long et périlleux, mais par grâce naturelle le bonhomme avait le pied solide et la santé ferme. Il échappa aux brigands, aux bêtes sauvages, aux pièges de la route. Au bout de trois rudes semaines, il parvint enfin à la grande cité du Caire. Il trouva cette ville exactement comme il l’avait vue dans son rêve: les mêmes ruelles vinrent sous ses pas. Il chemina parmi la même foule nonchalante, le long des mêmes boutiques débordantes de tous les biens du monde. Il se laissa guider par les mêmes minarets, au loin, dans le ciel limpide. Il parvint ainsi au bord du même fleuve que traversait le même pont de pierre. À l’entrée du pont était la même borne. Il courut vers elle, les mains déjà tendues à la fortune, mais presque aussitôt se prit la tête en gémissant. Là n’était qu’un mendiant, qui lui tendit la main en quête d’un croûton de pain. De trésor, pas la moindre trace.

Alors notre coureur de songes, à bout de forces et de ressources, désespéra. « À quoi bon vivre désormais, se dit-il. Plus rien de souhaitable ne peut m’advenir en ce monde. » Le visage baigné de larmes, il enjamba le parapet, décidé à se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint par le bout du pied, le ramena sur le pavé du pont, le prit aux épaules et lui dit: « Pourquoi veux-tu mourir, pauvre fou, par un si beau temps? »

L’autre en sanglotant lui raconta tout: son rêve, son espoir de trouver un trésor, son long voyage. Alors le mendiant se prit à rire à grands éclats, se frappa le front de la paume, et le désignant alentour comme un bouffon faramineux: « Voilà bien le plus parfait idiot de la terre, dit-il. Quelle folie d’avoir entrepris un voyage aussi dangereux sur la foi d’un rêve! Je me croyais d’esprit malingre, mais auprès de toi, bonhomme, je me sens sage comme un saint derviche. Moi qui te parle, toutes les nuits, depuis des années, je rêve que je me trouve dans une ville inconnue. Son nom est, je crois, Ispashan. Dans cette ville est petite maison basse couleur de terre ensoleillée, et la façade pauvrement ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Devant cette maison est un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. Toutes les nuits, dans mon rêve, je creuse un trou profond au pied de ce figuier, et je découvre un coffre empli à ras bord de pièces d’or et de pierres précieuses. Ai-je jamais songé à courir vers ce mirage?

– Non, je suis, moi, un homme raisonnable. Je suis resté à mendier tranquillement ma pitance sur ce pont fort passant. Songe, mensonge, dit le proverbe. Où Dieu t’a mis tu aurais dû demeurer. Va, médite et sois à l’avenir moins naïf, tu vivras mieux. »

arabicLe paysan, à la description faite, reconnut sa maison et son figuier. Le visage tout à coup illuminé, il embrassa le mendiant éberlué par cet accès subit d’enthousiasme et retourna à Ispahan, courant et gambadant comme un homme doué de joie inépuisable. Arrivé chez lui, il ne prit même pas le temps d’ouvrir sa porte. Il empoigna une pioche, creusa un grand trou au pied de son figuier, découvrit au fond de ce trou un immense trésor. alors, se mettant la face contre terre: « Dieu est grand, dit-il, et je suis son enfant. »

Ce conte illustre quelques points essentiels sur la recherche du bonheur.

Le bonheur ne se trouve pas toujours là où l’on pense le trouver

Tout d’abord, notre idée de ce qui va nous rendre heureux, notre bonheur, ne se trouve souvent pas là où l’on pense le trouver. Le paysan pense trouver le trésor (qui symbolise la richesse qu’elle soit affective, sociale, ou financière…) au Caire, mais finit par découvrir qu’il se trouve ailleurs. De même, notre perception de ce qu’il nous faut pour être bien n’est pas toujours en accord avec la réalité. De nombreuses personnes atteignent leur objectif (réussite au travail, vie de couple…) pour finalement se rendre compte que cela ne les rend pas forcément plus heureuses.

En suivant ce songe, le paysan ne découvre pas le trésor là où il pensait le trouver, mais finit tout de même par le trouver grâce à une succession d’évènements: son rêve, son voyage, sa décision de se jeter dans le fleuve, sa discussion avec le mendiant. S’il n’avait pas initialement cru en son rêve, il n’aurait pas pu atteindre son trésor.

Faire le pas et se laisser guider

Je trouve là l’aspect le plus intéressant de ce conte: il faut une mise en action, même si cette dernière nous conduit initialement dans une direction inconnue, pour enfin trouver notre bonheur. Enfin, le paysan découvre son trésor chez lui, mais il lui a fallu partir loin de son environnement familier pour pouvoir faire cette découverte.

Cela fait écho avec notre besoin de sortir de notre zone de confort, de nos habitudes, et surtout d’une vie vécut en mode automatique avec peu de conscience. Nous sommes nombreux à vivre comme le mendiant qui se contente de ce qu’il a, et ne croit plus en une vie plus profonde et plus riche.

La joie dans le quotidien

Le bonheur ne se trouve souvent pas dans une vie extraordinaire où l’on devrait briller de mille feux (socialement, professionnellement…), mais dans le quotidien. Tout comme le Candide de Voltaire, le paysan d’Ispahan trouve son bonheur dans son jardin. Mais tous les deux ont dû d’abord s’extraire de leur cadre familier.

Nous devons de même sortir de nos habitudes – et pas besoin pour cela d’aller à l’autre bout de la terre, même si parfois c’est une bonne idée! – en commençant par développer un regard neuf sur notre vie et en redécouvrant ce à quoi l’on aspire, nos rêves.

Il faut commencer par faire le calme en soi pour se réécouter et refaire confiance en son intuition: S’asseoir immobile et prendre le temps de tourner l’attention vers sa respiration et vers ses ressentis.

Tous les jours avant son songe, le paysan dormait sur son trésor sans le savoir. Nous avons déjà en nous les ressources pour vivre heureux. Libérons-nous du flot habituel des pensées, pour découvrir en deçà notre nature véritable. La méditation est idéale pour cela.

Sources et note: Contes des sages soufis d’Henri Gougaud aux éditions Seuil ; Peinture du bazar du Caire par Godefroy Hageman (1820-1877) ; Photo haut de page: Marek Wykowski ;